Séisme. Des pertes au niveau du cheptel, des dégâts dans les infrastructures hydro-agricoles usées
Il n'y aura pas de vraie reconstruction sans le redémarrage des activités agro-pastorales et sans bétail. Dans les provinces touchées par le séisme, les cheptels ovin, bovin et équin ont subi des pertes. Les arbres fruitiers n’ont pas été épargnés, tout comme certaines infrastructures hydro-agricoles. Une opération de recensement des dégâts a été lancée par le ministère de l’Agriculture. Des programmes d’aides sont en cours d'élaboration pour y remédier.
Dans les montagnes du Haut Atlas, épicentre du terrible séisme enregistré au Maroc le vendredi 8 septembre, les activités agricoles et pastorales sont primordiales pour la survie des populations. Au point que les étables sont une composante essentielle des habitations. En faisant trembler la terre, l’activité sismique a détruit le bâti et enseveli des dizaines de bêtes sous les décombres. Elle a en fait touché l'ensemble de l'écosystème agro-pastoral, économique et social.
L’agriculture dans les zones montagneuses du Haut Atlas s’articule essentiellement autour de l'arboriculture, de la céréaliculture (orge) et de l’élevage extensif. Même si certains douars ont pu développer une activité agricole de rente (arbres fruitiers dont le pommier), il s’agit principalement d’une activité à échelle vivrière, qui sert parfois à alimenter des circuits courts et quelques souks hebdomadaires.
Or, le séisme a ébranlé les fondations économiques d’une frange de la population marocaine dont la situation était d’ores et déjà précaire. Hormis les barrages qui ont été épargnés, d’après le ministère de l’Equipement et de l’eau, des dégâts ont également été constatés au niveau des infrastructures hydro-agricoles, dont les canaux d’irrigation.
Une opération de recensement en cours
Actuellement, les agents de terrain du ministère de l’Agriculture effectuent une opération de recensement des pertes agricoles subies par les populations des douars touchés par le tremblement de terre. En attendant le bilan définitif, Médias24 a recueilli quelques observations constatées sur le terrain.
Dans la province d’Al Haouz, où le séisme a fait le plus de victimes et de dégâts, "les infrastructures hydro-agricoles usées, dont les canaux d’irrigation à ciel ouvert qui datent de vingt ou trente ans, ont été particulièrement touchées", nous explique une source officielle.
Pour ce qui est des infrastructures en béton armé, telles "les conduites en pression ou les stations de filtration, elles ont été épargnées, même s’il y a quelques légères fuites", ajoute notre interlocuteur. S’agissant du cheptel, des pertes ont également été recensées.
Même chose du côté de la province de Ouarzazate. "Nous avons constaté des dégâts au niveau des canaux d’irrigation à cause des pierres qui ont dévalé les flancs de montagne. De fait, soit les pierres ont bouché les canaux ou bien elles les ont détruits", nous explique l’Office régional de mise en valeur agricole de Ouarzazate (ORMVAO).
Au niveau du cheptel, “nous avons également observé des mortalités, surtout au niveau du cheptel intensif, notamment des ovins, des bovins et même des équins qui ont été ensevelis lors de la destruction des maisons. Des pertes ont également concerné le cheptel avicole", déplore la même source.
"À part le cheptel installé dans les maisons, il y a le cheptel abrité dans les étables traditionnelles où l’on a constaté des mortalités. Il y a aussi des arbres fruitiers qui ont été touchés par les chutes de pierres", précise l’ORMVAO. Un triste phénomène qui a également concerné les arganiers dans la province de Taroudant.
Pour faire face aux conséquences du séisme sur le secteur agricole, des programmes d’aides "seront lancés à la suite de ce sinistre, que ce soit au niveau de la reconstruction du cheptel et la fourniture de l’alimentation, ou bien de la replantation de certains arbres", assure une source officielle.
"Il y aura également un programme de réhabilitation et de sauvegarde des périmètres de petite et moyenne hydraulique (PMH).Il y aura bien sûr des réparations au niveau des dégâts occasionnés sur les canaux, les conduites ou les stations de filtration, comme l’ensemble des grands ouvrage de distribution de l’alimentation à l'irrigation", conclut la même source.
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