Séisme. Un défi complexe et urgent : le relogement temporaire des survivants avec l'arrivée du mauvais temps
À l’heure où certaines personnes se demandent comment reconstruire tout en préservant les liens sociaux et l'identité culturelle des douars, les villageois souffrent en silence dans les abris d’urgence. Zoom sur les défis qui planent sur la mise en place des hébergements temporaires.
Sur le terrain, des villageois crient leur détresse : "Un toit au-dessus de la tête, c’est tout ce dont nous avons besoin maintenant." À l'approche de l'hiver, ils s’inquiètent pour leur famille, mais aussi pour le bétail, une ressource essentielle.
Dans le village d'Ait Yahya, à quelques kilomètres de l'épicentre, notre journaliste en reportage nous apprend que tout a été détruit. Les habitants de ce douar désormais "fantôme" assurent qu'ils ne veulent plus vivre dans des maisons construites en pisé.
"On veut vivre ailleurs, car les conditions de vie ici sont très difficiles, et si les autorités envisagent de reconstruire les maisons, on voudrait bien que cela soit réalisé avec des matériaux solides." Peut-être ignorent-ils que le pisé n'est pas contradictoire avec la résistance aux séismes ? Mais ce qu'il faut surtout retenir, c'est qu'il ne faut pas élaborer de programme de reconstruction sans consulter au préalable la population concernée.
Ces même villageois qui nous ont parlé sont actuellement entassés sous des tentes, où seuls les femmes et les enfants passent la nuit. Certains s'abritent sous des arbres, tandis que d'autres trouvent refuge "n'importe où", rapporte notre journaliste, témoin oculaire de cette scène parmi tant d'autres.
Prochaine étape : le relogement temporaire
Dans la gestion des catastrophes naturelles, le relogement temporaire ne doit jamais être négligé. Il ne s'agit pas simplement d'un toit, une tente par exemple ou un hangar construit à la hâte. La question est plus complexe. Et c'est l'étape urgente actuelle, en attendant la reconstruction de logements permanents qui va demander plusieurs mois. Nous sommes à la mi-septembre, et les intempéries peuvent arriver à tout moment. Il faut non seulement un hébergement, mais celui-ci doit protéger de la pluie, de la neige et du froid.
Nous avons donc consulté à ce sujet une partie de la littérature scientifique relative à la gestion des catastrophes naturelles et constaté que les études sur le relogement temporaire sont assez nombreuses.
Le nombre de sans-abris, selon une estimation préliminaire basée sur le nombre de logements endommagés, se situe à ce stade dans une fourchette très large : 75.000 à 200.000 personnes. Nous n'avons pas obtenu d'évaluation officielle. Une partie d'entre eux pourra compter sur la solidarité familiale ou de proches pour être hébergés provisoirement. Des places seront certainement mises à disposition dans des structures en dur, dans les grandes villes voisines comme Marrakech, Taroudant ou Agadir. Pour le reste, il faudra trouver des solutions.
Plusiuers défis majeurs se posent quant à la mise en œuvre des programmes de relogement temporaires :
- l’approvisionnement en eau potable ;
- la garantie d’un logement chaud en hiver ;
- la protection contre les risques d’incendie (cas des grands hangars abritant chacun des dizaines ou des centaines de personnes) ;
- les eaux usées et les latrines ;
- que faire du bétail ?
- ne pas prolonger indéfiniment la période provisoire ;
- sous-estimer le nombre de personnes ayant besoin de relogement ;
- le respect de la vie privée des familles ;
- l'éclairage, l'électricité et l'eau courante ;
- la santé psychiatrique des familles et des individus.
Certains analystes cités dans ces études déclarent même que l'éloignement de l'ancien lieu de résidence entraîne une augmentation du pourcentage de cas de suicide parmi les survivants.
À découvrir
à lire aussi
Article : Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil
ANALYSE. Après une première demi-heure très aboutie, l’équipe nationale a payé le prix de ses ambitions avant de se rendre à la raison face au Brésil, samedi 13 juin, lors de la première journée du groupe C. Si Ayyoub Bouaddi et Achraf Hakimi ont survolé la rencontre, le capitaine de l’EN n’est pas exempt de tout reproche sur le but égalisateur. Mais il n’est pas le seul.
Article : Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”
Rumeurs d’influence, projet sportif marocain, CAF, FIFA, binationaux… Dans un entretien accordé à Al Jazeera, Fouzi Lekjaa défend une vision globale du football national et un modèle structuré, fondé sur la formation, la performance et l’impact social. Il écarte toute idée d’influence occulte ou de “pouvoir caché”.
Article : Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc
Dans une position commune adressée aux députés européens, Renault, Stellantis et Volkswagen soutiennent le principe d’un contenu européen de 70% pour les véhicules électriques. Les trois groupes demandent que seules les activités réalisées dans l’Union européenne et l’Espace économique européen soient comptabilisées comme européennes. Le Maroc resterait donc en dehors de ce calcul, mais pourrait continuer à jouer un rôle dans les chaînes de production grâce à la marge de 30% prévue pour les pays tiers.
Article : Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?
À la suite de la qualification historique des Lionceaux de l’Atlas pour la finale de la Coupe du monde U20 au Chili, près de 600 Marocains ont réussi à rejoindre Santiago en moins de quarante-huit heures. Derrière cette mobilisation exceptionnelle émerge une autre question : qui étaient ces femmes et ces hommes prêts à parcourir plus de 10.000 kilomètres pour assister à une finale mondiale de jeunes ? L’enquête révèle une réalité bien plus complexe et plus riche que l’image traditionnelle du supporter de football.
Article : Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly
Fiat élargit sa gamme avec deux nouveaux modèles destinés au segment C : les Fiat Fastback et Fiat Grizzly, dont le lancement est prévu en Afrique & Moyen-Orient au second semestre 2026.
Article : Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse
Les importations marocaines de gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) retrouvent une dynamique haussière, après un creux en mars et avril qui avait alimenté les craintes d’une crise d’approvisionnement. En cause, non pas les tensions au Moyen-Orient, mais une demande électrique saisonnière plus faible, accentuée cette année par une production hydroélectrique exceptionnelle. Explications.