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Casablanca : 50% du nouveau financement de la Banque mondiale dédiés à l’environnement

Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé, le 22 juin, un financement supplémentaire de 100 millions de dollars en faveur du programme d’appui à la commune de Casablanca. La moitié de ces fonds additionnels sera dédiée à l’environnement.

Casablanca : 50% du nouveau financement de la Banque mondiale dédiés à l’environnement

Le 5 juillet 2022 à 11h52

Modifié 5 juillet 2022 à 12h40

Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé, le 22 juin, un financement supplémentaire de 100 millions de dollars en faveur du programme d’appui à la commune de Casablanca. La moitié de ces fonds additionnels sera dédiée à l’environnement.

Il s’agit d’un « financement additionnel au Programme d’appui à la commune de Casablanca (PACC). Il vise à accroître la capacité d’investissement et à améliorer l’environnement des affaires dans la commune de Casablanca, ainsi qu’à améliorer l’accès aux services de base dans des quartiers sous-équipés, situés dans la zone du Programme de développement du Grand Casablanca (PDGC) », apprend Médias24 auprès de la Banque mondiale, jointe par nos soins. 

« Capitalisant sur la dynamique de réforme mise en place, ce financement renforcera les efforts entrepris pour accélérer la mobilisation des ressources propres de la commune, afin de lui permettre de renforcer sa capacité d’investissement, et ainsi de lui garantir les moyens nécessaires pour mettre en œuvre son plan d’actions », souligne la même source.

« Le PACC continuera à appuyer les initiatives et leviers mis en place pour renforcer la capacité de mobilisation de ressources de la commune, incluant le suivi d’un plan d’actions pour l’amélioration des recettes de la ville, la pleine opérationnalisation des outils de gestion des recettes et de valorisation du patrimoine communal, ainsi qu’un projet de notation de la ville », ajoute-t-elle.

Améliorer l’efficacité énergétique de l’éclairage public à l’horizon 2023

« Par ailleurs, ce financement additionnel permettra de renforcer l’action du PACC en matière d’amélioration de l’espace urbain, avec un accent sur l’efficacité de l’investissement public, l’inclusivité des espaces publics et des efforts pour la lutte contre les effets du changement climatique. »

Et de poursuivre : « Ce financement se concentrera ainsi sur l’optimisation de l’entretien du réseau routier municipal, car la rentabilité et la durabilité des investissements publics restent des questions essentielles pour la commune de Casablanca. Il soutiendra aussi l’action climatique de la ville, tant en matière d’adaptation que d’atténuation. »

« En ce qui concerne l’atténuation, ce financement soutiendra les efforts de la ville pour réduire la facture énergétique liée à l’éclairage public via des interventions en amont. Celles-ci ouvriront la voie à la réalisation d’investissements verts et à la participation privée dans ce secteur. Il soutiendra également la préparation d’une feuille de route incluant investissements et interventions, visant à améliorer l’efficacité énergétique de l’éclairage public d’ici la fin de l’année 2023. »

« Utiliser les eaux usées pour l’arrosage des espaces verts »

La Banque mondiale nous confie qu’afin « d’améliorer la résilience de la métropole et de renforcer sa capacité d’adaptation pour gérer les risques et les impacts climatiques, ce financement soutiendra la commune dans la résolution du problème de la pénurie d’eau, par la mise en œuvre d’un programme intégré pour la réutilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage des espaces verts, ciblant six zones. Cela permettrait de réduire la demande en eau douce pour l’aménagement paysager et l’arrosage. Cette initiative pilote pourrait être reproduite ultérieurement dans tous les espaces verts gérés par la commune, ce qui permettrait d’améliorer davantage l’impact sur la consommation d’eau douce ».

Contactée par Médias24, une source à la Commune de Casablanca confirme. « 50% du nouveau financement accordé par la Banque mondiale à la commune de Casablanca, soit 50 millions de dollars, sera dédié à l’environnement. Il faut changer le visage de la métropole, qui est devenue une ville à béton », plaide notre interlocuteur.

« Tout d’abord, nous devons cesser d’arroser les espaces verts avec de l’eau potable. Nous devons à présent utiliser les eaux usées et, pour cela, mettre en place des stations de traitement », poursuit-elle.

En effet, la construction de ces stations entre dans le cadre du plan d’action communal du nouveau bureau. La ville se prépare à en accueillir cinq, afin de préserver ses ressources hydriques ; le but étant d’utiliser des eaux usées domestiques faiblement polluées pour l’arrosage des espaces verts et des golfs.

La mise en service de ces stations permettra également de réduire la facture Lydec de la commune concernant les espaces verts.

Selon nos informations, ces stations de traitement, qui se trouveront notamment à Al Hank, Sidi Mounen/Bernoussi et Ben M’Sik/Sidi Othmane, devront être livrées en 2023.

Mise en place d’une unité de valorisation des déchets

Le second projet concerne « la construction de l’usine de valorisation et de tri », tant attendue par les Casablancais, souligne notre source.

La métropole dispose actuellement d’une décharge contrôlée. Elle sera opérationnelle pour une durée de trois ans. Une période à l’issue de laquelle celle-ci devra être fermée pour être transformée en espace vert, et remplacée par une usine de valorisation des déchets et de tri.

Rappelons que le terrain qui accueillera ces installations, ainsi que l’unité de traitement du lixiviat, ont été identifiés. Il s’agit d’une parcelle de 260 ha en bordure de la décharge actuelle, dont l’acquisition se fera à l’aide de l’Etat, par le biais de la Direction générale des collectivités locales (DGCR) et le département de l’Environnement du ministère de la Transition énergétique et du développement durable.

De nouvelles lignes de BHNS

« Le troisième projet qui sera réalisé à l’aide de ce financement est relatif au lancement d’autres lignes de Bus à haut niveau de service (BHNS), ami de l’environnement », fait savoir notre source, se gardant de nous dévoiler plus de détails sur ce point.

La réalisation de deux premières lignes est déjà en cours. La première reliera le quartier de Laymoun au quartier Salmia, en passant par Lissasfa. La seconde reliera le quartier Maarif Extension, à partir du rond-point Oulmes, jusqu’à Ouled Azzouz en passant par la ville d’Errahma.

La mise en service de ces lignes, qui sont à 74% d’avancement, est prévue pour le premier trimestre 2023.

Notre interlocuteur a aussi évoqué un projet de récupération des eaux de certaines sources naturelles à Casablanca, qui vont actuellement en mer.

Par ailleurs, pour faire face à la pollution dans la métropole, « nous devons, à l’aide de ce financement, aménager plus d’espaces verts, planter beaucoup d’arbres et mettre en place des lampadaires Led, amis de l’environnement et qui économisent l’électricité ».

Selon la Banque mondiale, « ce financement soutiendra la mise à niveau et l’extension des espaces verts, notamment dans les quartiers sous-équipés, contribuant ainsi à améliorer la qualité de vie des Casablancais et à lutter contre les vagues de chaleur, tout en offrant un accès inclusif à l’espace urbain. Par ailleurs, un accent sera mis sur les aspects de sécurité pour assurer un plus grand accès des femmes à ces espaces ».

Le reste ira en majorité à l’infrastructure

Concernant les 50 millions de dollars restants, ils iront, selon notre interlocuteur, « à l’infrastructure en majorité ».

« L’état des routes et de la voirie dans certains quartiers est lamentable. Nous devons y remédier », conclut-il.

Rappelons qu’un programme pour la mise à niveau des voiries au niveau d’une cinquantaine de boulevards à Casablanca a déjà été initié en 2016. Son objectif est la construction, la mise à niveau et le réaménagement des chaussées et trottoirs en vue d’y améliorer les conditions de circulation.

La Banque mondiale précise aussi que « ce financement contribuera à la réhabilitation du centre historique de la ville, en finançant le ravalement et la mise en lumière des bâtiments patrimoniaux et des espaces publics, dans le cadre du programme de Mise en valeur de la promenade urbaine MADAR ».

« Il mettra également l’accent sur une administration plus proche des citoyens, en appuyant l’activation de la plateforme électronique de gestion des doléances et plaintes, afin d’améliorer le niveau de satisfaction des Casablancais à l’égard des services fournis par la commune », conclut notre source.

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