L'enjeu du Mondial 2030 : qui accueillera les matchs les plus importants ?

Selon le journal espagnol Marca, la candidature tripartite devrait inclure les six villes marocaines souhaitées par le royaume. C'est déjà une bonne chose. Mais le plus important ce sera l'attribution de la finale, du match d'ouverture, des demis, quarts et huitièmes. Éclairage

L'enjeu du Mondial 2030 : qui accueillera les matchs les plus importants ?

Le 29 janvier 2024 à 19h18

Modifié 29 janvier 2024 à 19h18

Selon le journal espagnol Marca, la candidature tripartite devrait inclure les six villes marocaines souhaitées par le royaume. C'est déjà une bonne chose. Mais le plus important ce sera l'attribution de la finale, du match d'ouverture, des demis, quarts et huitièmes. Éclairage

Depuis l’annonce de la candidature tripartite entre l’Espagne, le Maroc et le Portugal pour l’organisation du Mondial 2030, des journaux espagnols s’intéressent de près aux coulisses des négociations. Ils reviennent périodiquement avec des articles basés sur des sources d’information anonymes. S’agit-il de véritables informations, de fuites suggérées, de ballons d’essai ou de simples spéculations ? Difficile de trancher.

Cette fois-ci, c’est le très sérieux Marca, journal de référence du sport espagnol, qui publie un intéressant article sur la répartition des stades du Mondial. Que dit-il ? Le journal révèle que différents ateliers de travail ont été récemment organisés par la FIFA pour la préparation des candidatures 2030 et 2034. L’attribution de l’organisation ne sera définitive que si le dossier tripartite respecte scrupuleusement le cahier des charges de la FIFA. Lequel cahier des charges doit être déposé à la FIFA fin juin 2024. La décision finale est attendue pour juillet.

Dessin d’illustration de Médias24, à titre indicatif.

La répartition des stades : vers quoi on s’achemine selon Marca

Citant justement des sources de la Fédération internationale, Marca avance que le scénario de travail actuel porte sur la répartition suivante : 11 sites pour l’Espagne, 6 pour le Maroc et 3 pour le Portugal, ce dernier pays ne souhaitant pas et n’ayant pas demandé plus que les stades traditionnels (les stades José Alvalade et Da Luz, à Lisbonne, et Do Dragao à Porto).

Marca explique que l’Espagne a réussi à obtenir un site de plus par rapport aux précédentes négociations, lors desquelles elle n’en avait obtenu que 10.

Pour ces 11 sites, l’Espagne a le choix entre 15 stades : Balaídos (Vigo) ; El Molinón (Gijón) ; Riazor (La Corogne) ; San Mamés (Bilbao) ; Anoeta (Saint-Sébastien) ; La Romareda (Saragosse) ; Camp Nou et Cornellà-El Prat (Barcelone) ; Santiago Bernabéu et Metropolitano (Madrid) ; Nouvelle Mestalla (Valence) ; Nouvelle Condomina (Murcie) ; La Cartuja (Séville) ; La Rosaleda (Malaga) ; Grande Canarie (Las Palmas).

Au Maroc, six villes sont sélectionnées pour accueillir les matchs de la Coupe du monde : Rabat, Casablanca, Tanger, Agadir, Marrakech et Fès.

Pour Marca, le débat ne portera pas "sur le nombre de stades, mais sur la qualité des matchs qui leur seront assignés". Autrement dit, où se joueront les huitièmes de finale, les quarts de finale, les demi-finales et la grande finale. Selon le journal espagnol, le nouveau Santiago Bernabéu sera le lieu de la finale.

Que faut-il en penser ?

Marca avance néanmoins tous ces éléments avec précaution, précisant que "rien n’est définitif". En effet, tant que le dossier de candidature n’est pas officiellement déposé, les négociations restent ouvertes. En tout cas, à l’heure actuelle, les échanges se poursuivent.

Et si cette répartition est bien celle qui sera retenue pour le cahier des charges final, c’est une bonne nouvelle : cela signifie que six villes marocaines accueilleront des matchs du Mondial, comme le souhaite le Maroc.

Le Royaume, comme à son habitude, reste assez discret sur les coulisses de ces négociations.

14 stades au minimum, les détails des critères de la FIFA

Dans un document comportant les prérequis de l’organisation de la Coupe du monde 2030 approuvé en juin dernier, la FIFA exige que toute candidature propose un minimum de 14 stades adaptés dont la moitié (7) déjà existants.

"Stade existant" signifie soit un stade qui existe ou dont les travaux de construction ont commencé et sont en cours, soit un stade qui nécessite une rénovation en préservant les principaux éléments structuraux.

Chaque stade proposé dans le cadre de la candidature doit avoir la capacité en places assises suivante :

- 40.000 places pour les matchs de groupe, les matchs des huitièmes de finale, les matchs des quarts de finale et les éliminatoires pour la troisième place.

- 60.000 places pour les matchs des demi-finales (cas du stade de Tanger et de celui du Prince Moulay Abdellah à Rabat après son extension).

- 80.000 places pour le match d’ouverture et la finale (ce sera le cas du futur Grand stade de Casablanca).

"Chaque stade est soumis à une période d’utilisation exclusive. Cette période court de 30 jours calendaires avant le premier match jusqu’à sept jours calendaires après la dernière utilisation en rapport avec la compétition. Pendant cette période, le stade ne doit pas être utilisé à d’autres fins que le tournoi", précise la FIFA.

Bien entendu, dans le cadre du Maroc et de sa candidature tripartite, l’obligation de 14 stades doit être assurée par les trois pays selon la répartition proposée des matchs. Ceci montre bien que la question de la répartition des rencontres et des groupes entre les trois pays est l’une des priorités de la candidature commune.

Le Maroc met les bouchées doubles pour mettre à niveau ses stades

A l’heure actuelle, le nombre de stades n’est pas ce qui compte dans la répartition. L’enjeu, comme Médias24 l’a annoncé à plusieurs reprises, c’est le nombre de matchs et la qualité de ces matchs, c’est-à-dire ceux à fort enjeu, en l’occurrence les matchs d’ouverture, la finale, les demi-finales, les quarts et un peu moins les huitièmes.

Le Maroc est engagé dans un vaste chantier de mise à niveau de ses stades pour qu'ils soient à la hauteur des matchs que l’on ambitionne d’accueillir.

9,5 MMDH pour la mise à niveau de 6 stades ont été mobilisés dans le cadre d'une convention signée le 20 octobre 2023, d’une part par Chakib Benmoussa, ministre de l’Education nationale, du préscolaire et des sports, Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l’Economie et des finances, chargé du Budget, et Khalid Safir, directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). Le programme de mise à niveau concerne les six stades suivants :

- le Grand Stade de Tanger ;

- le Complexe Mohammed V de Casablanca ;

- le Complexe sportif Prince Moulay Abdallah de Rabat ;

- le Grand Stade d’Agadir ;

- le Grand Stade de Marrakech ;

- le Complexe sportif de Fès.

La finalisation des premiers travaux pour ces six stades est prévue pour au plus tard en 2025, car ils devront accueillir la CAN 2025. Une deuxième mise à niveau sera opérée lors d’une étape suivante, en conformité avec les normes de la FIFA pour un budget allant de 4,5 à 6 milliards de DH, et ce, sur la période 2025-2028.

Ladite convention a également porté sur la construction du nouveau stade de Benslimane (région Casablanca-Settat), pour un budget d’investissement d’environ 5 MMDH sur la période 2025-2028.

Le 25 octobre 2023, soit cinq jours après la signature de la convention, le concours architectural pour le Grand Stade de Casablanca est lancé. Ce sera le premier du genre à être réalisé en Afrique du Nord. "Il sera doté d’une capacité d’accueil de l'ordre de 115.000 places pour accueillir toutes les formes d’organisation et évènements sportifs et culturels de masse", notamment les matchs de finale et de demi-finale.  Il sera conçu en conformité avec les plus récentes exigences du football international, en l’occurrence les normes de la FIFA 2030.

Sept groupements de cabinets d’architecture de renom parmi lesquels figure le prestigieux cabinet Zaha Hadid Architects, concourent en vue de se voir confier la conception du Grand Stade de Casablanca.

Le Maroc joue la carte de la parité

Le Maroc a mis en avant, lors de toutes les réunions tripartites, le fait qu’il s’agit d’une candidature de deux continents, le Maroc représentant le continent africain. Il a donc demandé la parité dans la répartition des matchs : Maroc d’un côté, Espagne et Portugal de l’autre. Autre argument qu’il a fait valoir : le poids de la candidature marocaine au sein de différentes confédérations, à commencer par la Confédération africaine de football (CAF).

Actuellement, c’est la finale qui focalise l’attention générale. Selon le quotidien britannique The Times, la décision concernant le stade qui accueillera la finale, voire le match d’ouverture du Mondial 2030, sera prise par la FIFA. Le journal rappelle que la FIFA n’a toujours pas décidé où se joueront la finale et le match d’ouverture du Mondial 2026.

Pour la presse et différents responsables sportifs espagnols, le Santiago Bernabeu de Madrid est un choix qui coule de source car il s’agit selon eux du stade "le plus moderne du monde". Tous s’accordent également sur le fait que rien n’est joué à cause du pressing que fait le Maroc pour organiser la finale sur son sol.

Macron plaide la cause du Maroc

"Dans cette lutte pour le moment amicale qui oppose le Maroc et l’Espagne pour l’accueil de la finale de la Coupe du monde 2030, un nouvel acteur international a récemment fait son apparition. Le président français Emmanuel Macron souhaite que la finale se joue au Maroc et a déjà commencé à faire pression sur les dirigeants de la FIFA", selon des sources anonymes citées par El Debate.

Pour le journal espagnol El Debate, Emmanuel Macron cherche, avec cette manœuvre, à marquer des points sur la scène internationale. Ainsi, il n’hésite pas à fournir des arguments footballistiques. "Le président français a rappelé que l’Espagne a déjà été l’hôte de la finale d’une Coupe du monde en 1982, tandis que le Maroc n’a jamais accueilli de finale, ni même un match de la Coupe du monde", indique El Debate. Le président français défendrait l’idée suivante : deux demi-finales en Espagne (une à Madrid et l’autre à Barcelone) et la finale au Maroc.

Emmanuel Macron souligne également que "le Maroc se prépare depuis plusieurs années à être l’hôte d’une Coupe du monde, [le pays] ayant présenté des candidatures pour les années 1994, 1998, 2006, 2010, 2018 et 2026, et travaille en étroite collaboration avec la FIFA sur diverses améliorations".

Le journal note aussi que "le Maroc a organisé la Coupe du monde des clubs à plusieurs reprises, notamment dans des situations où la FIFA avait du mal à trouver un hôte". Cette relation étroite entre le Maroc et la FIFA est mise en avant comme un atout majeur.

A la lumière des derniers développements, une question demeure ouverte : quel pays accueillera quels matchs clés ? Une décision rapide n’est pas envisageable dans cette répartition complexe, compte tenu des nombreux facteurs à considérer.

Cependant, une chose semble certaine : le Maroc se positionne comme un candidat sérieux pour organiser les matchs à fort enjeu, notamment la final, les demi-finales et deux quarts de finale.

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