La colocalisation en débat à Casablanca
Profitant de la présence de l’IPEMED au Maroc, le CDS a organisé fin avril 2013 une rencontre sur le thème de la colocalisation en méditerranée : expérience marocaine et perspectives de développement. Medias24 dresse le compte rendu de ces cinq heures de débats.
Pas moins d’une soixantaine d’économistes, chercheurs, entrepreneurs, grands groupes, responsables politiques et représentants de la société civile ont répondu présent à la conférence organisée par le Conseil de développement et de la solidarité (CDS) le 29 avril 2013 à Casablanca.
Sur le thème de la colocalisation en méditerranée, les échanges ont fusé, des heures durant et sans répit, entre ces différents décideurs, autour de cette notion nouvelle qui a fait beaucoup parler d’elle depuis qu’elle a été portée par François Hollande lui-même.
C’est d’ailleurs cette actualité qui a poussé le CDS, dont l’initiative consiste à organiser des rencontres régulières où des invités de marque sont conviés, à choisir comme thème de discussion celui de la colocalisation en Méditerranée. « Nous avons profité de la présence de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed) au Salon de l’agriculture de Meknès pour les inviter à faire conjointement cette manifestation suite au discours de Hollande à Rabat trois semaines plus tôt », nous a d’ailleurs confié Mohamed Benamour, président du CDS.
Ce dernier pense que la colocalisation est un concept d’un grand intérêt pour le Maroc, la France et les pays de la e l'éditerranée, et précise qu’alors qu’il y a quelques mois « ce concept était une révolution, aujourd’hui nous en parlons de manière apaisée, pragmatique, avec une feuille de route qui se dessine de part et d’autre. Ce n’est plus un sujet tabou mais une réalité économique dans un esprit gagnant-gagnant ».
Même son de cloche du côté de Jean-Louis Guigou, Délégué général d’Ipemed, qui ajoute : « lorsqu’on pense aux relations Europe méditerranée, les pays du Maghreb sont périphériques alors que dans les relations Méditerranée-Europe et Méditerranée-Afrique, les Maghrébins de marginaux deviennent le pivot car le passage obligé par l’Afrique se fait par les pays du sud de la Méditerranée ». Pour l'époux de l’ancienne garde des Sceaux Élisabeth Guigou, il s’agit aujourd’hui d’avoir avec les pays du sud « non plus cette relation de subordination, des relations asymétriques, des relations de commerce où le plus fort gagne sur le plus faible, mais de partager la valeur ajoutée ».
Aussi, pour illustrer leurs propos, les deux patrons des think tank marocain et français ont fait appel à Dominique Bocquet, qui n’est autre que "Monsieur colocalisation". Le Contrôleur général économique et financier au ministère des finances français, qui a été choisi par la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq pour élaborer une étude sur la colocalisation, a alors présenté ce concept comme « une révolution dans l’acte de produire ». Tout en faisant le tour de cette nouvelle notion, il a posé la question des colocalisations en termes de politiques publiques, énuméré les points de méthode à retenir et les pièges à éviter afin de réussir sa colocalisation (l’intégralité de l’intervention de Dominique Bocquet est disponible en cliquant ICI).
Un discours qui n’aura pas manqué de faire réagir Mounia Boucetta, secrétaire générale du ministère du Commerce et de l’Industrie, Larabi Jaidi, économiste et professeur universitaire et M’hamed Sagou, professeur d’Université et ancien ministre des finances et qui ont abouti aux reflexions suivantes :
- « La colocalisation ne peut être dictée par le gouvernement » (la réaction de Mounia Boucetta est disponible en cliquant ICI)
- « La colocalisation devrait réduire les écarts de développement » (l’intervention de Larabi Jaidi est disponible en cliquant ICI)
- « La colocalisation, il faut la voir autrement » (La réaction de M’hamed Sagou est disponible en cliquant ICI).
Les success stories des colocalisations marocaines
Après avoir introduit puis défini la notion de colocalisation, les organisateurs de l’événement ont ensuite donné la parole à Ayoub Daoudi, DG de Souriau, Eric Buchot, Directeur des achats Renault Maroc, Youssef Rouissi, Directeur d'Attijariwafabank et Youssef Chraibi, président du Groupe Outsourcia pour parler de leurs expériences de la colocalisation.
Il ressorti de ce partage d’expériences que :
- « L’aéronautique est dans la colocalisation depuis 10 ans » (le témoignage d’Ayoub Daoudi est disponible en cliquant ICI)
- Attijariwafa Bank s’intéresse à la colocalisation en tant qu’acteur, entreprise et accompagnateur (le témoignage de Youssef Rouissi est disponible en cliquant ICI)
- « La colocalisation est réussie lorsqu’elle se produit entre entreprises de même taille » (le témoignage d’Eric Buchot est disponible en cliquant ICI)
- « Hier on parlait d’amitié et aujourd’hui d’intérêts bien compris » (le témoignage de Youssef Chraibi est disponible en cliquant ICI)
Pour conclure, c’est à Ahmed Réda Chami, ancien ministre du Commerce et de l’Industrie, qu’a été donné le mot de la fin de cette rencontre. Profitant de son intervention pour revendiquer la paternité du terme colocalisation, et a conclu ce débat en adressant adressé un message clair à l’audience : « La France n’a pas d’autre choix que ce modèle de colocalisation » (L’intégralité de l’intervention d’Ahmed Réda Chami est disponible en cliquant ICI).
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Pour accéder directement à l’ensemble des interventions de la rencontre, cliquer sur les liens suivants :
- Dominique Bocquet : « Il ne faut pas que la colocalisation soit un fourre-tout »
- Ahmed Réda Chami: « La France n’a pas d’autre choix que ce modèle de colocalisation»
- Mounia Boucetta : « La colocalisation ne peut être dictée par le gouvernement»
- Larabi Jaidi: « La colocalisation devrait réduire les écarts de développement »
- M’hamed Sagou: « La colocalisation, il faut la voir autrement »
- Saïd Mouline «Les clusters facilitent la colocalisation»
- Hamid Souiri: « La colocalisation est une opportunité pour les IMME »
- Ayoub Daoudi: « L’aéronautique est dans la colocalisation depuis 10 ans »
- Youssef Chraibi « Hier on parlait d’amitié et aujourd’hui d’intérêts bien compris »
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