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Aïd al-Adha. Offre abondante, prix attendus en baisse… Akhannouch presse les éleveurs de mettre les troupeaux sur le marché

Après plusieurs années de sécheresse et une campagne 2025 marquée par l’absence de sacrifice, le marché de Aïd al-Adha aborde 2026 dans une configuration plus favorable. Les professionnels évoquent une offre pouvant largement couvrir la demande et des prix oscillant entre 3.000 et 10.000 DH selon les bêtes.

Aïd al-Adha : Akhannouch appelle les éleveurs à accélérer la mise sur le marché et à maintenir les prix
Aïd al-Adha : Akhannouch appelle les éleveurs à accélérer la mise sur le marché et à maintenir les prix
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Le 23 avril 2026 à 16h47 | Modifié 23 avril 2026 à 17h37

Après une année marquée par l’absence de sacrifice et sept campagnes consécutives de sécheresse, le marché de Aïd al-Adha s’oriente cette année vers une offre abondante. Les prix devraient, en principe, rester à des niveaux raisonnables, toutes les conditions étant réunies pour une détente du marché.

C’est en tout cas le message qu’a voulu faire passer le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, devant la Chambre des représentants, malgré une séquence controversée, avant d’être rectifiée le lendemain devant les conseillers.

En marge de la présentation du bilan de son mandat, le mardi 21 avril 2026, Akhannouch s’est directement adressé aux éleveurs lors de son intervention à la Chambre des représentants.

Dans une séquence largement relayée sur les réseaux sociaux, il les a appelés à écouler leurs troupeaux sans tarder, au risque de voir les prix chuter sous l’effet d’une offre massive.

"Celui qui veut entrer sur le marché doit le faire maintenant", a-t-il déclaré, rappelant que "l’État a mobilisé près de 13 milliards de dirhams (MMDH) de subventions et d'aides au profit des éleveurs".

Aziz Akhannouch a estimé que les conditions étaient aujourd’hui réunies pour une reconstitution significative du cheptel. Entre un printemps favorable marqué par des précipitations abondantes et l’impact de la suspension du sacrifice l’an dernier, les effectifs ont fortement progressé.

"Le printemps dernier, marqué par d’importantes précipitations, a favorisé une forte reproduction du cheptel. Par ailleurs, l’appel du Roi à l’abstention du sacrifice lors de Aïd al-Adha de l’an passé a permis de préserver un nombre significatif de têtes. Ces animaux, non abattus, ainsi que ceux nés au printemps, se sont à leur tour reproduits à l’automne, contribuant ainsi à une reconstitution notable du cheptel national", a-t-il expliqué.

"Je n'ai pas le chiffre exact en tête, mais je crois que le cheptel avoisine 40 millions de têtes", estime-t-il. Le chef du gouvernement évoque un niveau inédit, jamais atteint au Maroc.

"Les éleveurs qui tardent encore à se sortir sur le marché ont tort", a-t-il par ailleurs affirmé. "Certains retiennent leurs troupeaux dans l’attente de subventions supplémentaires, alors que des milliards de dirhams ont déjà été mobilisés et qu’aucune nouvelle aide n’est prévue".

Aziz Akhannouch a également laissé entendre qu’un afflux tardif sur le marché jouerait en faveur des consommateurs. "Ceux qui entreront plus tard verront les prix baisser pour leurs produits, ce qui correspond aux attentes des citoyens", a-t-il indiqué. Ces propos ont suscité un bad buzz.Si certains éleveurs veulent attendre encore, qu'ils le fassent. L'offre est suffisante et les prix finiront par baisser

Face à la polémique, le chef du gouvernement a ajusté son discours dès le lendemain, le 22 avril, devant la Chambre des conseillers. Il a de nouveau exhorté les éleveurs à approvisionner les marchés, insistant sur leur responsabilité dans la régulation des prix.

"Il n’est pas normal de maintenir 30 à 40 millions de têtes sans les mettre sur le marché", a-t-il affirmé, appelant à éviter toute rétention spéculative. "Les éleveurs ne doivent plus tarder à mettre leur troupeau sur le marché. Les commissions [du ministère de l'Agriculture, ndlr] ont fait leur dernier passage, et aucune nouvelle aide n'est prévue".

"Le consommateur s'attend à des prix raisonnables et cela relève de votre responsabilité. Les 13 MMDH ont été mobilisés au profit des éleveurs. Ne laissez pas les intermédiaires profiter de la situation".

Selon lui, "l’offre actuelle est suffisante pour entraîner une baisse des prix", notamment ceux de la viande rouge, dont les niveaux restent élevés. À titre d’exemple, la viande ovine s’échangeait entre 120 et 125 DH/kg au marché de gros de Casablanca, au 22 avril.

"Si certains éleveurs veulent attendre encore, qu'ils le fassent. L'offre est suffisante et les prix finiront par baisser", a-t-il conclu à ce sujet.

Entre 3.000 et 10.000 DH par tête : les prix varient selon le poids et la qualité de la bête

Sur le terrain, les professionnels interpelés par nos soins confirment une amélioration de la situation. En marge de la 18e édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), organisée à Meknès, Abderrahmane Mejdoubi, président de l’Association nationale des ovins et caprins (ANOC), a souligné que la reconstitution du cheptel national est bien engagée.

Selon lui, le Maroc dispose d’un cheptel d’environ 33 millions de têtes, toutes espèces confondues (ovins, caprins et bovins). Concernant l'Aïd, entre 6 et 7 millions de moutons seraient d’ores et déjà prêts pour l’abattage. "Après sept années difficiles marquées par la sécheresse, les effets du Covid-19 et la hausse du coût des intrants, les mesures de soutien ont permis de stabiliser le troupeau", a-t-il expliqué.

Du côté des éleveurs présents au SIAM, le constat est globalement le même. "L’offre devrait dépasser, et de loin, les besoins habituels. Les prix, eux, devraient varier en fonction du poids et de la qualité des bêtes notamment, dans une fourchette allant de 3.000 à 10.000 DH/tête", nous confie l'un d'eux.

"Le marché reste toutefois sensible à la temporalité des achats", alerte-t-il. "Les prix sont aujourd’hui abordables, mais tout dépendra du comportement des consommateurs", nous explique l'éleveur. "Une affluence tardive, à quelques jours de l’Aïd, pourrait provoquer une hausse mécanique des prix, sous l’effet de l'explosion de la demande. À l’inverse, un étalement des achats permettrait de maintenir un certain équilibre".

Enfin, les professionnels rappellent que les subventions accordées ces derniers mois ont contribué à atténuer les coûts, et que la qualité de la viande, elle, reste étroitement liée à l’alimentation des bêtes.

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