Ouverture du capital des officines : les pharmaciens vent debout et menacent d’une “grève nationale sans précédent“
Les représentations syndicales nationales des pharmaciens d'officine du Maroc expriment leur "profonde indignation et leur rejet catégorique" de l'approche suivie par le Conseil de la concurrence, dans le dossier relatif à l'ouverture du capital des pharmacies. Ils menacent d'une grève nationale sans précédent. La Confédération syndicale des pharmaciens du Maroc organise, elle, une assemblée nationale ce mercredi 18 février.
A la suite de la réunion tenue en ce début de semaine entre le Conseil de la concurrence et le Conseil national de l'ordre des pharmaciens (CNOP) au sujet de la libéralisation du capital des pharmaciens, différentes représentations syndicales du secteur ont dénoncé, dans des communiqués, une approche qui ne respecte pas les principes fondamentaux du dialogue et de la consultation, tels que stipulés dans la Constitution.
Dans un premier communiqué conjoint, les trois organismes les plus représentatifs du secteur, à savoir la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, l'Union nationale des pharmaciens du Maroc et le Syndicat national des pharmaciens du Maroc, se disent "surpris par le non-respect des engagements du Conseil de la concurrence et son mépris flagrant des principes fondamentaux du dialogue et de la consultation, tels que stipulés dans la Constitution du Royaume".
Les trois syndicats les plus représentatifs du secteur menacent "d'une grève nationale sans précédent"
"L'exclusion des représentations syndicales de la deuxième réunion convoquée par le Conseil de la concurrence constitue une violation flagrante des promesses faites auparavant et une exclusion injustifiée des parties prenantes essentielles de la profession pharmaceutique. Ce comportement confirme clairement le non-respect par le Conseil de ses promesses faites lors d'une précédente réunion officielle en présence de son président, ce qui soulève de nombreuses interrogations quant à la crédibilité et à l'intégrité de l'action du Conseil dans son ensemble dans le cadre de son approche du secteur pharmaceutique", ajoutent-elles.
"Les représentations syndicales des pharmaciens d'officine considèrent ce dangereux dérapage par rapport aux principes de la démocratie, et ce désengagement émanant du Conseil de la concurrence, comme indécents et incompatibles avec les principes de transparence, d'équité et de justice qui doivent caractériser toute institution publique, d'autant plus qu'il s'agit d'une institution constitutionnelle d'une telle importance. Nous affirmons également que tout acte ou conclusion susceptibles de favoriser certains lobbies ou visant à ouvrir la voie à des parties spécifiques afin de contrôler le destin des pharmaciens d'officine et la santé du citoyen sont catégoriquement et totalement inacceptables."
"Suite à cette conduite injustifiée qui révèle un écart significatif par rapport au rôle dévolu au Conseil au service de l'intérêt général, les représentations syndicales des pharmaciens d'officine du Maroc annoncent qu'elles recourront à toutes les mesures légales et de protestation que leurs structures et leurs adhérents décideront. Cela inclut l'organisation d'une grève nationale générale sans précédent, en signe de leur rejet catégorique de toute atteinte aux règles éthiques, scientifiques et économiques de la profession pharmaceutique".
Une assemblée nationale de la CSPM ce mercredi à 16h
Par ailleurs, les trois représentations s'engagent à "dénoncer tous ceux qui fomentent des complots et ceux qui sont complices de toute conspiration contre les pharmaciens d'officine ou la santé du citoyen marocain. Nous exhortons également le Conseil de la concurrence à respecter les règles d'un dialogue constructif, objectif et inclusif avec toutes les parties concernées, afin de préserver la crédibilité des institutions et de protéger les intérêts supérieurs de la nation et des citoyens", conclut le premier communiqué.
Pour sa part, la Confédération nationale des pharmaciens du Maroc (CSPM), qui rappelle le rejet de l'ouverture du capital des pharmacies, annonce la tenue, ce mercredi 18 février, d'une assemblée nationale à 16h, pour discuter du sujet.
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