img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Dossier Cet article est issu du dossier «Ouverture de capital des pharmacies» Voir tout le sommaire
Santé

Cliniques privées. Ces pratiques qui contournent les pharmacies, selon le Conseil de la concurrence

L’instance relève que certains établissements délivrent à des patients sortants des traitements qui devraient relever des officines, dans un contexte marqué par une patientèle captive, des conditionnements inadaptés et un encadrement jugé insuffisant.

Le réseau officinal contourné par les cliniques privées
Le réseau officinal contourné par les cliniques privées
Par
Le 17 mars 2026 à 16h24 | Modifié 19 mars 2026 à 13h32

Malgré le cadre réglementaire strict qui régit la dispensation des médicaments au sein des cliniques privées au Maroc, le Conseil de la concurrence relève, dans son avis sur la distribution des médicaments publié ce lundi 16 mars 2026, que certaines pratiques observées au sein des cliniques privées semblent contourner le réseau officinal.

Un contournement qui coûte cher aux pharmacies

En effet, la dispensation de ces médicaments doit être, en principe, strictement limitée aux patients hospitalisés, toute délivrance au public en dehors du cadre de l’hospitalisation étant interdite.

Toutefois, certaines pratiques de dispensation des médicaments à usage ambulatoire aux patients quittant la clinique sont susceptibles de détourner une part croissante de la dispensation du réseau officinal, alerte le Conseil.

Cette évolution représente un manque à gagner important pour les pharmacies d’officine, dans un contexte déjà marqué par l’évolution de structures privées de soins.

Cette situation est renforcée par plusieurs facteurs, notamment l’absence de distinction suffisamment claire entre les médicaments strictement destinés à l’usage hospitalier et ceux relevant de la dispensation ambulatoire, ainsi que l’insuffisance du recours à des présentations spécifiquement hospitalières adaptées aux besoins des établissements de soins, qui contribuent à élargir ces pratiques au-delà du cadre initialement prévu par la réglementation.

Ces situations sont renforcées par l’existence d’une forme de "patientèle captive", les patients étant souvent orientés vers la pharmacie interne de la clinique sans réelle liberté de choix, notamment dans des contextes de vulnérabilité post-intervention ou post-consultation.

Outre son impact économique, cette évolution soulève des enjeux d’équilibre du système de distribution, de respect de la réglementation et de préservation de la complémentarité entre les établissements de soins et le réseau officinal.

Les recommandations du Conseil pour éviter les chevauchements

Pour assurer une organisation claire et équilibrée des circuits de distribution des médicaments, le Conseil recommande de renforcer l’encadrement de la dispensation au sein des cliniques privées. L’objectif n’est pas de compliquer l’accès aux traitements, mais de s’assurer que chaque acteur du système de santé exerce son rôle conformément à la réglementation et sans affecter l’autre.

Dans ce cadre, la dispensation des médicaments par les cliniques devrait être réservée aux situations qui la justifient réellement, notamment aux cas d’urgence et aux patients hospitalisés. Cela permettrait d’éviter les chevauchements avec le rôle des officines et de garantir que les approvisionnements en médicaments ne contournent pas le circuit officinal, assurant ainsi une meilleure traçabilité et une distribution des médicaments plus équilibrée.

Par ailleurs, le Conseil recommande de privilégier, au sein des établissements de soins, l’utilisation de présentations hospitalières adaptées aux besoins thérapeutiques et aux modalités d’administration en milieu clinique. Ces conditionnements spécifiques contribueront à une gestion plus rationnelle des traitements, à une meilleure maîtrise des consommations et à une facturation plus conforme aux actes réellement dispensés.

La mise en œuvre de ces orientations devrait s’accompagner également d’un renforcement des mécanismes de contrôle afin d’assurer le respect des règles de dispensation, de prévenir toute distorsion concurrentielle de circuit et de préserver la complémentarité entre les structures de soins et le réseau officinal.

Ce que dit la loi

Concernant les réserves des médicaments dans les cliniques et les établissements assimilés, les dispositions de la loi 17-04 portant code de la pharmacie et des médicaments précisent que les cliniques et établissements assimilés sont autorisés à détenir une réserve de médicaments destinée à satisfaire leurs besoins internes spécifiques.

Cette réserve doit être gérée sous la responsabilité d’un pharmacien autorisé. Ce dernier doit conclure à cette fin une convention avec la clinique ou l’établissement concerné. La validité de cette convention est subordonnée par le visa du président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, qui en garantit la conformité aux dispositions légales et au Code de déontologie en vigueur.

L’approvisionnement de la réserve doit se faire auprès d’établissements pharmaceutiques, qu’il s’agisse d'établissements pharmaceutiques industriels (EPI) ou de grossistes-répartiteurs, dans des conditions conformes à la réglementation applicable aux médicaments à usage hospitalier destinés aux patients qui y sont hospitalisés, notamment en ce qui concerne le prix hôpital défini par voie réglementaire.

Enfin, l’article 73 de la loi n° 17-04 précise que la dispensation de médicaments dans les cliniques et établissements assimilés ne peut se faire qu’au profit de patients hospitalisés. Toute vente au public ou distribution, à titre gratuit ou onéreux, en dehors du cadre hospitalier est strictement interdite.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 17 mars 2026 à 16h24
SOMMAIRE DU DOSSIER
Chargement...
Cliniques privées. Ces pratiques qui contournent les pharmacies, selon le Conseil de la concurrence


Chargement...
Médicaments. Six groupes contrôlent 84% du marché marocain de la distribution


Chargement...
Chatbot Médias24 : le Conseil de la concurrence publie son avis sur la distribution des médicaments au Maroc


Chargement...
Distribution des médicaments : publication imminente de l'avis du Conseil de la concurrence


Chargement...
Distribution des médicaments : radiographie d’un marché de 26 MMDH (2/2)


Chargement...
Ouverture du capital des pharmacies : l'avis du Conseil détaillé par Ahmed Rahhou (1/2)


Chargement...
Pharmacie : après leur rencontre avec Tehraoui, les syndicats suspendent les grèves


Chargement...
Souad Moutaouakil : “Ouvrir le capital des officines, c’est ouvrir la voie à un capitalisme cannibale”


Chargement...
Ahmed Rahhou : “Ouvrir le capital des pharmacies doit faire partie du débat national”


Chargement...
Ouverture du capital des pharmacies : le ministre de la Santé rassure les professionnels


Chargement...
Pharmacies : le PPS s’oppose à une “privatisation déguisée”


Chargement...
Capital des pharmacies : Ahmed Rahhou apporte des clarifications sur les avis du Conseil de la concurrence


Chargement...
Pharmacies : grèves nationales en série contre la libéralisation du capital


Chargement...
Ouverture du capital des pharmacies : ce que révèlent les expériences internationales


Chargement...
Pharmacies : trois partis montent au créneau contre la libéralisation


Chargement...
Ouverture du capital des pharmacies : le Conseil de la concurrence s’explique, le bras de fer se poursuit


Chargement...
Ouverture du capital des pharmacies : dans une lettre à Akhannouch, la Confédération des pharmaciens réitère son refus


Chargement...
Ouverture du capital des pharmacies : l’Ordre des pharmaciens fixe ses lignes rouges


Chargement...
Ouverture du capital des officines : les pharmaciens vent debout et menacent d’une “grève nationale sans précédent“


Chargement...
Libéralisation du capital des pharmacies : le débat prend de l'ampleur, les avis divergent


Chargement...
Ouverture de capital des pharmacies : nouvelle rencontre CNOP-Conseil de la concurrence sur fond de rejet des pharmaciens


à lire aussi

Hausse des prix, Samir, soutien au cheptel, profession d’avocat : le PPS multiplie les fronts contre le gouvernement
Quoi de neuf

Article : Hausse des prix, Samir, soutien au cheptel, profession d’avocat : le PPS multiplie les fronts contre le gouvernement

Réuni le 23 juin, le bureau politique du parti a dénoncé le refus de plafonner les carburants et de transférer les actifs de la Samir à l’État, tout en promettant de maintenir la pression sur l’enquête parlementaire relative aux aides accordées au secteur de l’élevage.

CARE Maroc : dans 99 douars d’Al Haouz, 3.300 femmes formées à l’épargne et au leadership
Quoi de neuf

Article : CARE Maroc : dans 99 douars d’Al Haouz, 3.300 femmes formées à l’épargne et au leadership

Déployé à Touama, Asni, Tahanaout, Aït Ourir et Amezmiz après le Covid, la sécheresse et le séisme, le programme a permis de créer 176 groupes villageois, d’accompagner 824 microentreprises et de soutenir 40 coopératives féminines, avec plus de 10 MDH mobilisés.

Capital-investissement : l’IFC envisage d’investir 15 millions de dollars dans IMG Fund I
Quoi de neuf

Article : Capital-investissement : l’IFC envisage d’investir 15 millions de dollars dans IMG Fund I

Géré par IMG Capital, le véhicule vise une taille finale de 1,5 MMDH et doit financer 7 à 10 entreprises marocaines de taille intermédiaire, avec des tickets de 60 à 200 MDH, notamment dans la santé, les infrastructures numériques, les services financiers, l’éducation et les biens de grande consommation.

Cosmétiques de luxe : comment trois importateurs verrouillent l'accès au marché marocain
BUSINESS

Article : Cosmétiques de luxe : comment trois importateurs verrouillent l'accès au marché marocain

Fondatrice des Drugstores du Maroc, Wafaa Ghiati est à l'origine de la saisine qui a conduit le Conseil de la concurrence à ouvrir une procédure sur le marché des parfums et cosmétiques de luxe. Refus de vente, critères opaques, alignement imposé des prix... elle détaille les pratiques qui ont bloqué l'accès de son enseigne à plusieurs marques pendant trois ans.

Engrais : le Kazakhstan veut renforcer son partenariat avec OCP autour du soufre
BUSINESS

Article : Engrais : le Kazakhstan veut renforcer son partenariat avec OCP autour du soufre

À Casablanca, l’ambassadrice Saulekul Sailaukyzy a rencontré Faris Derrij, patron d’OCP Nutricorps, pour ouvrir une nouvelle séquence industrielle entre les deux pays. En toile de fond, les flux kazakhs de matière première, devenus stratégiques pour l’approvisionnement du groupe marocain, et l’ambition d’élargir une relation encore peu visible entre l’Asie centrale et l’Afrique du Nord.

Création d'entreprises : près de 35.000 nouvelles immatriculations au Maroc à fin avril 2026
Quoi de neuf

Article : Création d'entreprises : près de 35.000 nouvelles immatriculations au Maroc à fin avril 2026

Le Maroc a enregistré la création de 34.954 entreprises au cours des quatre premiers mois de 2026, dont 75% de personnes morales et 25% de personnes physiques, selon l'OMPIC. Les SARL à associé unique dominent les nouvelles immatriculations avec 65,6% des créations, tandis que la région de Casablanca-Settat concentre 39,1% des entreprises personnes morales.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité