Pharmacies : trois partis montent au créneau contre la libéralisation
Trois formations politiques nationales ont exprimé leur refus explicite de toute libéralisation du capital des pharmacies, jugée contraire à l’esprit de la profession et à la protection de la santé publique.
Concomitamment, trois partis politiques nationaux ont publié des prises de position fermes dans le débat sur la libéralisation du capital des pharmacies d’officine et l’ouverture du secteur à des investisseurs non professionnels.
Le PJD défend un modèle strictement professionnel
Dans un communiqué publié le 26 février 2026, le Parti de la justice et du développement (PJD) a rejeté catégoriquement la recommandation du Conseil de la concurrence visant à ouvrir le capital des pharmacies et à permettre la création de chaînes officinales.
Le parti estime qu’une telle réforme ferait basculer la pharmacie d’un cadre professionnel régi par des règles déontologiques vers une logique purement capitalistique et commerciale. Selon lui, le médicament ne peut être assimilé à une marchandise soumise aux lois de l’offre et de la demande, au risque de menacer la santé des citoyens et la souveraineté pharmaceutique nationale.
Le PJD considère en outre que l’argument de la lutte contre le "monopole" ne s’applique pas au secteur officinal, celui-ci relevant des établissements de santé et d’une profession réglementée, encadrée par des exigences scientifiques, juridiques et éthiques strictes.
Plutôt que l’ouverture du capital, le parti appelle le gouvernement à s’attaquer aux causes structurelles des dysfonctionnements du secteur, notamment la révision des prix des médicaments, l’application effective des textes en vigueur et la protection de l’industrie pharmaceutique nationale.
L’USFP alerte sur un risque de faillites massives
De son côté, le groupe parlementaire de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) a adressé une question écrite au ministre de la Santé, exprimant son inquiétude face aux orientations visant à libéraliser le secteur.
L’USFP met en avant la fragilité économique actuelle des officines, dont une part significative serait menacée de faillite en raison de la baisse des marges et de l’augmentation des charges. Dans ce contexte, l’ouverture du capital à des investisseurs non professionnels, la suppression de la distance légale entre pharmacies ou encore la libéralisation des horaires de travail risqueraient, selon le parti, d’aggraver la situation.
Le groupe alerte notamment sur une possible concentration des pharmacies dans les zones urbaines rentables, au détriment des zones rurales et périphériques, ce qui porterait atteinte au principe d’équité territoriale dans l’accès au médicament. Il souligne également le risque de voir le pharmacien perdre son indépendance professionnelle au profit d’intérêts financiers.
L'Istiqlal appelle à préserver l’indépendance du pharmacien
À travers la Ligue des pharmaciens istiqlaliens, le Parti de l’Istiqlal (PI) affiche lui aussi un "refus catégorique" de toute réforme qui porterait atteinte aux fondements de la pratique pharmaceutique au Maroc.
Pour le parti, le médicament constitue un bien stratégique à dimension humaine et sociale, et non un simple produit commercial. L’ouverture du capital ou l’autorisation de chaînes à vocation commerciale transformeraient, selon lui, le pharmacien indépendant en exécutant de politiques dictées par des logiques financières.
Le parti insiste également sur la pression économique déjà subie par de nombreux pharmaciens et met en garde contre un risque de disparition progressive des officines indépendantes, particulièrement dans les zones vulnérables. Il appelle à une réforme concertée avec les instances professionnelles, garantissant la protection du caractère sanitaire de la profession, la dignité du pharmacien et l’équilibre économique du réseau officinal.
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