Mohammed Khalil et l’émergence d’une communauté marocaine de l’IA à travers MoroccoAI
En co-fondant MoroccoAI, Mohammed Khalil participe à la création du plus grand réseau d’experts marocains de l’IA, avec l’ambition d’en faire un vecteur de développement de cette technologie au Maroc.
Evitant soigneusement de se retrouver sous le feu des projecteurs, Mohammed Khalil est une personnalité de l’ombre, mais il n’en reste pas moins l’une des figures clé de l’IA au Maroc. Il est le co-fondateur de MoroccoAI, une organisation à but non lucratif qui veut promouvoir le développement de l’IA au Maroc et connecter les leaders marocains de cette technologie.
MoroccoAI s’est imposée comme la plus grande communauté de chercheurs, experts, professionnels et technophiles de l’IA du Royaume, rassemblant autant les Marocains du Maroc que les Marocains du monde, et créant ainsi les prémices d’un écosystème national de l’IA.
Après un baccalauréat sciences mathématiques obtenu au lycée Moulay Youssef, Mohammed Khalil intègre l’Université Mohammed V, où il décroche sa licence et son master, puis un doctorat en informatique à l’Université Hassan II de Casablanca, qu’il intégrera par la suite en tant que professeur. Entre 2019 et 2021, il y est chargé du pôle digitalisation, où il doit gérer les défis liés à la pandémie de Covid-19 et mettre en place une plateforme e-learning pour assurer la continuité des cours.
A présent, il enseigne et encadre des recherches sur le machine learning et le deep learning, et compte à son actif près de 80 publications et articles scientifiques. En 2021, il intègre le cabinet de la ministre de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, Aawatif Hayar, pour mener la transition numérique au niveau du pôle social.
MoroccoAI, un réseau d’experts marocains de l’IA sans frontières
Le point d’orgue des activités de MoroccoAI est sa conférence annuelle, qu’elle organise depuis 2021. Cet événement rassemble les personnalités marocaines les plus influentes du monde de l’IA. Qu’ils résident au Maroc ou à l’étranger, qu’ils travaillent dans le monde de la recherche, de l’industrie, des startups ou chez les géants de la tech, tous profitent de ce moment privilégié de partage et de débat sur les avancées et les défis que soulève le développement de l’IA.
Ces conférences sont aussi l’occasion de recevoir les plus éminents scientifiques de l’intelligence artificielle dans le monde. En 2021, où le thème de la première édition était "Construire les ponts entre les mondes de la recherche et de l’entreprise", l’évènement a connu la participation de Yoshua Bengio en tant qu’invité d’honneur, titulaire du prix Turing, considéré comme l’équivalent du prix Nobel dans le domaine de l’informatique.
Lors de la deuxième édition en 2022, ce fut au tour de Geoffrey Hinton, considéré comme l’un des pionniers mondiaux du deep learning et de l’intelligence artificielle, de venir s’y exprimer. La conférence était alors placée sous le thème "Vers une prometteuse stratégie nationale de l’IA".
Les activités de MoroccoAI ne se résument pas à cette conférence annuelle. C’est aussi une communauté très active tout au long de l’année. Connectés à travers l’outil Slack, ses membres communiquent régulièrement sur de nouveaux projets et des opportunités d’emploi, ainsi que sur l’actualité technologique. Des webinaires sont également organisés de façon périodique, permettant aux chercheurs marocains de partager les résultats de leurs travaux, et à la communauté d’actualiser ses connaissances en matière d’IA.
L’objectif de Mohammed Khalil est de faire de ce formidable réseau qu’est devenu MoroccoAI, un outil de mise en relation, de dissémination des connaissances et de création d’opportunités. C’est en quelque sorte la naissance d’un écosystème pour promouvoir le développement de l’IA au Maroc.
L’IA, c’est aussi une passion pour l’intelligence humaine
En plus de son engagement envers la communauté et en faveur des progrès de l’IA au Maroc, Mohammed Khalil est un passionné de sciences, notamment en ce qui concerne la compréhension de l’intelligence humaine. C’est ce qui le pousse à s’intéresser au fonctionnement du cerveau humain.
En effet, il explique que l’intelligence artificielle se développe en s’inspirant des fonctions cognitives que possède l’être humain. A l’instar de l’invention de l’avion, qui s’est inspirée du vol de l’oiseau sans réellement le copier, l’intelligence artificielle ne peut être comparable à l’intelligence humaine, mais elle l’imite pour produire des résultats similaires.
C’est ainsi que dans le deep learning, on parle de réseau neuronal comme s’il s’agissait du fonctionnement du cerveau humain, mais il s’agit en réalité d’une imitation de ses fonctions cognitives et mentales. L’idée de ce chercheur marocain, c’est de repousser les limites de l’intelligence artificielle en la dotant de la capacité à traiter des questions philosophiques.
La santé, un domaine de prédilection pour l’IA
Mohammed Khalil encadre également des travaux de recherche en lien avec la santé. D’après lui, l’intelligence artificielle a la capacité d’apporter plus de précision au diagnostic dans ce domaine. En médecine, le diagnostic se base sur le principe de corrélation, comme lorsque l’on part d’un certain nombre de symptômes pour diagnostiquer une maladie. Grâce au machine learning, il est possible de fournir des diagnostics encore plus précis.
De plus, à travers les algorithmes du machine learning, il est possible d’étudier les patterns (modèles) dans différents domaines médicaux, et ainsi de détecter les anomalies et prévoir les problèmes de santé.
C’est le cas de deux domaines de recherche sur lesquels travaille ce chercheur marocain : celui de la cardiologie, dont les recherches se focalisent sur la prédiction de crises cardiaques à partir des signaux électrocardiogrammes (ECG) du cœur ; et celui des signaux électroencéphalogrammes (EEG) en rapport avec l’activité cérébrale.
S’il y a bien un domaine où l’intelligence artificielle est réellement avancée, c’est celui de la santé, estime Mohammed Khalil. Ces recherches pourraient être encore plus efficaces si les conditions étaient réunies pour les faciliter, notamment la réglementation sur le partage des données des patients et la normalisation du traitement de la data, car pour être étudiée en utilisant l’IA, elle nécessite d’être prétraitée.
Compte tenu de l’importance que prend l’IA dans le diagnostic médical, Mohammed Khalil suggère de prévoir une réglementation en rapport avec la prise de décision. En d’autres termes : dans quelles mesures le diagnostic et la prise de décision dans le domaine médical peuvent reposer sur les résultats fournis par l’intelligence artificielle.

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