Dialogue social : à cinq jours du 1er mai, toujours aucun accord entre le gouvernement et les syndicats
Au 25 avril, aucun consensus n’a encore été trouvé entre les syndicats et le gouvernement sur les trois dossiers brûlants au cœur des discussions, à savoir l’amélioration des revenus, la loi sur la grève et la réforme des retraites. La course contre la montre continue.
Les négociations se poursuivent entre le gouvernement et les syndicats, à cinq jours de la fête du travail. Le gouvernement est attendu sur trois sujets importants.
Selon nos informations, le gouvernement a donné son accord de principe sur l’augmentation des salaires, sans dévoiler plus de détails aux syndicats.
Il en est de même pour la loi sur la grève. Une nouvelle mouture a été élaborée par le gouvernement, dont le contenu n’a pas encore été communiqué aux syndicats.
Pour ce qui est de la réforme des retraites, selon différentes sources syndicales, le gouvernement tente de reprendre la proposition élaborée par le bureau d’études, avec un léger changement du paramètre relatif à l’âge de départ à la retraite. Ce dernier a été ramené à 64 ans, au lieu de 65 ans. Des sources proches du gouvernement soulignent, pour leur part, qu’aucune proposition concrète sur ce dossier n’a été faite par la ministre des Finances, qui gère ce volet, et que les décisions concernant cette réforme reposent sur celles du dossier de l’amélioration des revenus.
Toujours aucun accord sur la réforme des retraites
Si le gouvernement ambitionne d’arriver, avant le 1er mai, au moins à un accord de principe sur les orientations et les grandes lignes de la réforme des retraites, les syndicats, eux, ne semblent pas pressés, en particulier sur ce dossier sociétal qui, selon eux, nécessite une grande réflexion et un diagnostic détaillé de la situation économique actuelle du pays, pour pouvoir tracer ses grandes lignes. Les négociations risquent ainsi d’être longues et dures. Les syndicats s’accrochent aux acquis et exigent une réforme qui réponde aux aspirations et aux espoirs de la classe ouvrière.
"Lors d’une réunion de la commission des retraites, tenue le 23 avril dernier, le gouvernement nous a exposé la même proposition que celle réalisée par le bureau d’études", nous confie une source de la CDT ayant pris part à cette rencontre. "Il n’y a aucune différente notable".
"Le gouvernement nous a demandé de signer un accord sur ce volet avant le 1er mai, alors qu’on ne s’est mis d’accord sur aucun aspect, ni l’augmentation de l’âge de la retraite, ni la pension…".
"Le gouvernement tente par ailleurs de baisser l’âge de départ à la retraite à 64 ans, alors que cet âge n’a jamais été mentionné dans aucune des discussions tenues précédemment par ladite commission". En effet, la proposition du bureau d’études évoque 65 ans comme âge de départ à la retraite.
"À ce stade, on ne peut pas signer sur des choses globales, qui contiennent des détails très importants. Le gouvernement désire signer un accord avant le 1er mai, qui comporte des points sur lesquels nous ne sommes pas d’accord", conclut notre interlocuteur.
Une source proche du gouvernement nous a toutefois précisé qu’aucune proposition sur la réforme des retraites ne peut se faire sans que le dossier relatif à l’amélioration des revenus soit finalisé. Or les syndicats refusent que ces deux dossiers soient liés.
Amélioration des revenus : l’accord de principe donné ?
L’amélioration des revenus est l’autre dossier brûlant de cette deuxième session du dialogue social. Selon deux sources syndicales, le gouvernement a donné son accord de principe, sans pour autant en dévoiler le détail.
"Lors d’une rencontre tenue cette semaine avec le gouvernement, la commission relative à l’amélioration des revenus a obtenu l’accord de principe sur ce sujet. Les détails ne nous ont toutefois pas encore été présentés", nous a fait savoir une autre source de la CDT.
Ce syndicat s’accroche aux trois entrées de l’amélioration de revenus, à savoir l’augmentation des salaires, la révision de l’IR et la création d’un nouveau grade.
"Une nouvelle réunion est prévue avec le gouvernement ce vendredi 26 avril pour en savoir plus".
Outre la CDT, le secrétaire général de l’UMT nous avait également annoncé, dans un article précédent, que le gouvernement a donné son feu vert à l’amélioration des revenus par la baisse de l’impôt sur les salaires.
En ce qui concerne la loi sur la grève, comme annoncé par Médias24 précédemment, une nouvelle mouture a été élaborée par le gouvernement. Celle-ci n’a toutefois été présentée à aucun syndicat.
Une session extraordinaire du conseil national de la CDT ce 27 avril
Pour revenir sur ses échanges avec le gouvernement, le bureau exécutif de la CDT s’est réuni ce mercredi 24 avril, dans le cadre de ses rencontres hebdomadaires.
À l’issue de cette réunion, la CDT a souligné, dans un communiqué, que l’approche du gouvernement dans la gestion du dialogue social a pour but de diviser le mouvement syndical et de vider le dialogue tripartite de son contenu.
Le bureau estime également que les propositions du gouvernement ne répondent pas aux attentes de la classe ouvrière et ne respectent pas les engagements pris lors de la signature de l’accord du 30 avril 2022. Il refuse aussi sa manière de traiter les revendications des syndicats, à leur tête l’augmentation des salaires dans les deux secteurs public et privé, mais aussi la révision des tranches de l’IR, l’unification du SMIG et du SMAG et la création d’un nouveau grade.
La CDT refuse également que le gouvernement touche aux acquis des travailleurs dans le dossier de la réforme des retraites, ainsi qu’au droit de grève. Une session extraordinaire du conseil national de la CDT a été convoquée pour le samedi 27 avril, en vue de débattre de tous ces dossiers.
Encore une fois, malgré nos nombreuses sollicitations, les représentants de l’UGTM sont restés injoignables.
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