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Huile de table : la hausse des prix au Maroc est la plus faible du bassin méditerranéen (Brahim Laroui)

Selon le directeur général de Lesieur Cristal, la hausse des prix au Maroc a été limitée grâce à des actions mises en place par son groupe. La production locale de graines oléagineuses reste cependant nécessaire pour éviter de subir les contraintes liées à la conjoncture internationale.

Huile de table : la hausse des prix au Maroc est la plus faible du bassin méditerranéen (Brahim Laroui)

Le 30 août 2022 à 13h53

Modifié 30 août 2022 à 16h02

Selon le directeur général de Lesieur Cristal, la hausse des prix au Maroc a été limitée grâce à des actions mises en place par son groupe. La production locale de graines oléagineuses reste cependant nécessaire pour éviter de subir les contraintes liées à la conjoncture internationale.

« Après l’exonération des droits de douane, nous examinons d’autres mécanismes, actuellement à l’étude, pour encadrer et mitiger l’augmentation des prix des huiles de table », a affirmé Brahim Laroui, directeur général de Lesieur Cristal, dans une déclaration à Médias24 à l’issue d’une conférence de presse organisée lundi 29 août par Lesieur Cristal dans son usine de Ain Harrouda, dans la région de Casablanca.

Malgré la conjoncture internationale difficile, le prix du litre d’huile de table au Maroc reste relativement faible par rapport aux autres pays du bassin méditerranéen, a-t-il souligné. « Si l’on met de côté l’Algérie, où la subvention est active, le prix de l’huile de table au Maroc est le plus faible malgré une TVA de 10%. »

Dans ce sens, l’augmentation des prix de vente des huiles de table est moins forte que celle des matières premières (soja, tournesol, colza). La hausse a été limitée par Lesieur à travers des actions de réduction des coûts, « en remettant en cause la quantité de matières premières dans l’emballage, les techniques de distribution et les coûts logistiques et opératoires », a expliqué le responsable.

Une diminution des prix est-elle possible ? « Je me veux optimiste, mais tout dépendra du prix des graines », nous répond-il, ajoutant que 85% de la structure du prix de l’huile de table est composée de matières premières. Pour que le prix du litre d’huile baisse, il faut donc que le prix des graines oléagineuses baisse, lui aussi.

Depuis le début de la hausse des prix de l’huile, une seule (légère) réduction des prix a été remarquée « suite à l’exonération des droits de douane des produits qui n’émanent pas de l’Union européenne », a encore expliqué Brahim Laroui.

Selon lui, la hausse des prix a été drainée par plusieurs facteurs : la parité du dollar-dirham qui s’est détériorée, le prix du transport qui a augmenté, la guerre en Ukraine qui a impacté la disponibilité du tournesol, ainsi que la loi imposant les bicarbures (B7) en Amérique du Nord et dans l’Union européenne. « On est donc en concurrence avec ce besoin. »

Pour assurer la continuité de l’approvisionnement du marché, Lesieur Cristal dispose d’une capacité de stockage de 50.000 tonnes d’huiles brutes et raffinées, contre 12.000 tonnes pour les produits finis.

Le stock de sécurité peut, quant à lui, être constitué en important de l’huile brute. « Mais sa capacité est limitée ; on ne dépasse pas un mois et demi du besoin national. Il faut donc investir massivement dans des citernes pour augmenter la capacité de stockage de l’huile. Et pour cela, il faut chercher des moyens de les financer », souligne le responsable. Autre solution : stocker des graines, mais leur importation n’est, selon lui, pas rentable.

« Nous pensons que le stock de sécurité doit se constituer dans les champs. L’agriculture locale devrait assurer au moins 20% du besoin national », défend Brahim Laroui. Le Maroc ne produit localement que 3% environ de la demande nationale en graines oléagineuses. Lesieur Cristal a pour objectif d’augmenter ce taux à 12% au moins d’ici 2030.

Dans ce sens, un mécanisme d’incitation a été mis en place au niveau des agriculteurs, ainsi que sur les volets économique et technique, avec une promesse d’achat des graines produites dans un délai de paiement réduit.

Par ailleurs, Lesieur Cristal s’appuie sur les performances de ses quatre sites industriels au Maroc. En premier lieu, le complexe industriel de Ain Harrouda, à Casablanca, spécialisé dans le raffinage, l’emballage et le conditionnement des huiles de table et des huiles d’olive, ainsi que la production des savons durs et liquides. Le groupe compte aussi sur son unité de trituration des graines oléagineuses, localisée à Roches Noires, et sur Indusalim, à Settat, son usine de fabrication de margarine. Enfin, Lesieur Cristal possède une usine de trituration d’olives à Kelaat Sraghna.

Les outils industriels de l’entreprise lui permettent de traiter plus de 300.000 tonnes par an de graines oléagineuses (tournesol, colza et soja). Plus de 370.000 tonnes d’huiles brutes sont raffinées chaque année.

Concernant les lignes de savonnerie, le groupe produit plus de 45.000 t/an de savons durs, en pâte et liquide. La trituration d’olives, quant à elle, traite 15.000 t/an d’olives. Enfin, Lesieur Cristal conditionne une gamme étendue d’huile de table, d’huile d’olive et de savon atteignant les 350.000 t/an.

Ci-dessous une visite du site industriel de Lesieur Cristal à Ain Harrouda, plus grand site en Afrique dans sa catégorie.

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