L'essentiel
- L’encours global des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) atteint 827,1 milliards de dirhams (MMDH) au 5 juin 2026, en hausse de près de 42 MMDH depuis fin décembre 2025, soit plus de 5%.
- Les fonds monétaires et obligataires court terme affichent les plus fortes progressions, avec des hausses respectives de 15,7 MMDH (+14,2%) et de 28,4 MMDH (+25,1%).
- Les OPCVM obligataires moyen-long terme (OMLT) restent en retrait, avec un recul de 11,7 MMDH (-3,1%), les investisseurs préférant encore les maturités courtes en attendant une meilleure visibilité sur la trajectoire des taux.
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Les détails
Selon les derniers chiffres de l’Association des sociétés de gestion et fonds d’investissement marocains (ASFIM), l’encours global des OPCVM s’est établi à 827,1 MMDH au 5 juin 2026. Depuis fin décembre 2025, il progresse ainsi de près de 42 MMDH, soit une hausse de plus de 5%.
Cette progression intervient dans un contexte où l’environnement économique marocain reste globalement favorable, mais demeure entouré d’incertitudes. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent d’alimenter une certaine prudence sur les marchés, tandis que la hausse des taux obligataires observée en début d’année a pesé sur la valorisation d’une partie des portefeuilles. Malgré cela, la capacité de collecte de l’industrie est restée solide depuis le début de l’année.
Il convient toutefois de mettre en perspective cette évolution. À fin avril 2026, l’actif net des OPCVM atteignait 846,7 MMDH, contre 785,1 MMDH à fin 2025, soit une hausse de 61,6 MMDH. Dans le même temps, la collecte nette cumulée ressortait à 62,5 MMDH. Autrement dit, la progression des encours a été presque entièrement portée par les souscriptions nettes, tandis que l’effet valorisation des portefeuilles est resté légèrement négatif, à hauteur d’environ 0,9 MMDH.
"Si l’évolution des taux obligataires a légèrement pesé sur la valorisation des portefeuilles, la dynamique de collecte est restée largement dominante", commente une source de marché.
"Le contexte géopolitique actuel contribue également à maintenir une certaine prudence chez les investisseurs. Les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes qui en découlent sur les marchés internationaux incitent une partie des épargnants à privilégier les supports les plus liquides et les moins volatils. Cela ne remet pas en cause l’appétit pour le rendement, mais conduit les investisseurs à concentrer leurs placements sur les catégories offrant davantage de visibilité, notamment les fonds monétaires et les OPCVM obligataires court terme".
Hausse de la collecte sur les actifs monétaires et obligataires court terme
L’encours monétaire atteint 125,7 MMDH au 5 juin 2026, tandis que l’encours des OPCVM obligataires court terme ressort à 141,6 MMDH. Depuis le 30 décembre 2025, ces deux catégories ont enregistré les plus fortes progressions du marché, avec des hausses respectives de 15,7 MMDH (+14,2%) et de 28,4 MMDH (+25,1%).
Les OPCVM diversifiés affichent également une progression de 7,9 MMDH (+7,7%), tandis que les fonds contractuels gagnent 3,1 MMDH (+35,8%). À l’inverse, les catégories actions et obligataires moyen-long terme (OMLT) enregistrent un repli de leurs encours, respectivement de 1,3 MMDH (-1,7%) et de 11,7 MMDH (-3,1%).
"La structure de la collecte depuis le début de l’année montre que les investisseurs continuent de privilégier les compartiments offrant un bon niveau de rendement avec une volatilité limitée. Les fonds monétaires et obligataires court terme permettent encore de capter des rendements attractifs, tout en conservant une grande flexibilité en matière de liquidité", explique notre source.
Ce mouvement s’explique également par l’évolution du marché obligataire. "Sur le marché primaire, la détente des rendements se poursuit sur les maturités courtes, notamment le 52 semaines et le 2 ans, qui continuent d’attirer la demande des investisseurs. Dans ce contexte, les OPCVM obligataires court terme permettent de limiter l’exposition au risque de duration, tout en profitant de niveaux de rendement encore intéressants".
"La baisse des encours sur les fonds actions ne montre pas nécessairement une défiance à l’égard du marché boursier. Elle peut s’expliquer par des prises de bénéfices après les bonnes performances enregistrées sur plusieurs segments de la cote, ainsi que par des arbitrages tactiques au profit des produits de taux".
Le cash reste orienté vers le court terme en attendant un vrai retour sur l’OMLT
Pour l’heure, le mouvement de collecte ne profite pas encore aux OPCVM obligataires moyen-long terme. Malgré une meilleure visibilité sur la politique monétaire, avec un scénario de statu quo de Bank Al-Maghrib largement anticipé par le marché, les investisseurs restent davantage positionnés sur le monétaire et l’obligataire court terme.
"La demande continue de se concentrer sur les maturités courtes, notamment le 52 semaines et le 2 ans, dont les rendements ont encore reculé lors de la séance d’adjudication du 2 juin. À l’inverse, le compartiment secondaire a enregistré des hausses de taux pouvant atteindre 9 points de base, ce qui montre que le marché reste encore sélectif sur certaines maturités".
"Le court terme rémunère encore bien l’attente. Tant que les investisseurs ne sont pas totalement rassurés sur l’évolution des taux et sur le contexte international, ils n’ont pas forcément intérêt à allonger fortement la duration de leurs portefeuilles. Ils préfèrent capter du rendement sur des supports courts, tout en gardant la possibilité de se repositionner rapidement si les conditions de marché deviennent plus favorables", souligne notre interlocuteur.
"L’abondance de liquidité peut toutefois créer les conditions d’un repositionnement progressif dans les prochains mois. Les placements du Trésor sur le marché monétaire ont dépassé 18 MMDH, contre moins de 1 MMDH une semaine auparavant, sous l’effet notamment de l’amélioration de la trésorerie du Trésor après sa sortie à l’international".
"Il y a du cash sur le marché, et une partie de ce cash devra finir par être replacée. Pour l’instant, les investisseurs privilégient les solutions les plus prudentes. Mais si la trajectoire des taux se confirme et si le marché gagne en visibilité, l’obligataire moyen-long terme pourrait redevenir plus attractif. Le mouvement ne s’est pas encore matérialisé dans les encours, mais les investisseurs commencent à surveiller les points d’entrée", conclut notre source.
