Bourse : les perspectives d’évolution du BTP en 2022 sont moroses

| Le 9/7/2022 à 11:24
La conjoncture économique n’est pas très favorable pour la croissance du secteur du BTP. Les analystes de CDG Capital restent prudents par rapport aux valeurs qui composent ce secteur. Ils recommandent aux investisseurs de renforcer les titres LafargeHolcim et Ciments du Maroc dans les portefeuilles et de conserver le titre Sonasid à la faveur d'une légère appréciation des titres après une forte baisse.

Le BTP est l’un des secteurs les plus impactés par la conjoncture économique actuelle. Ce secteur continuera de faire face en 2022 à plusieurs défis à caractère exogène et hors de contrôle des opérateurs du secteur, comme le souligne CDG Capital dans une note d’analyse intitulée « 2022, le secteur BTP à l’épreuve de plusieurs défis ».

Cette année, le secteur devrait être influencé par principalement trois facteurs . Il devrait profiter de la hausse des dépenses d’investissement du gouvernement marocain, comme prévu dans la loi de finance 2022. En face, l’essoufflement du marché immobilier et la hausse des prix des matières premières devraient peser sur le secteur cette année.

Le BTP bénéficiera de la hausse des dépenses d’investissement

Le gouvernement marocain a alloué un montant de 245 milliards de DH pour l’investissement public. Ce montant correspond à 20,1% du PIB, contre une moyenne sur les cinq dernières années allant de 16 à 17% au maximum.

« Alors que nous entrons dans la deuxième année de reprise après les premières vagues de la pandémie, le secteur de la construction se remet timidement en marche mais il entend jouer un rôle clé dans le soutien de la croissance au Maroc cette année. L’approbation de la loi de finances 2022, avec des investissements (+6,5% du budget comparé à 2021) dans la santé, les réseaux routiers et d’autres infrastructures publiques, devrait être de bon augure pour les opérateurs du secteur BTP et devrait accélérer la reprise dans le segment de l’infrastructure », commentent les analystes de CDG.

Le BTP bénéficiera donc cette année du lancement de plusieurs projets de grande envergure opérant dans différents secteurs (infrastructures de l’enseignement, infrastructures hospitalières, infrastructure du réseau routier, infrastructure hydraulique, etc).

Essoufflement du marché immobilier

Le marché immobilier connait un essoufflement cette année après avoir connu un fort rebond en 2021 grâce notamment au report des ventes de 2020, à cause du confinement, sur l’année 2021 ainsi que la prolongation de l’exonération et la réduction des droits d’enregistrement relatifs à l’acquisition d’un bien immobilier.

Les perspectives d’évolution du secteur immobilier sont moroses en 2022. Cela devrait impacter négativement le secteur BTP.

« Dans ce sens, nous pensons que l’année 2022 devrait afficher un ralentissement au niveau de l’offre, en attestent les ventes de ciments et les crédits alloués aux promoteurs immobiliers. Ainsi, à fin mai 2022 les ventes de ciments ont reculé de -3,1% comparé à la même période de l’année 2021. Le repli des ventes de ciments a été plus accentué dans les segments « Distribution » et « Bâtiments » qui ont affiché des baisses respectives de 8,3% et 4,1% à fin mai 2022 », indiquent les analystes.

Le secteur immobilier devrait être impacté par la décélération de la croissance du segment résidentiel. « Il est moins probable que le segment résidentiel continue la croissance observée en 2021 en raison des perspectives économiques moroses et incertaines, liées à la détérioration de déficits jumeaux, la hausse du niveau d’endettement, la forte appréciation des prix des matières premières et énergétiques, et une campagne agricole difficile cette année à cause des faibles précipitations et l’inflation des intrants de l’agriculture », d’après CDG Capital.

Impact de la hausse des matières premières

La guerre en Ukraine a causé d’importantes perturbations et incertitudes impactant le commerce mondial et les chaînes d’approvisionnement, ce qui fait augmenter les prix des matières premières. Le BTP est parmi les secteurs qui ont souffrent le plus de ces perturbations.

« Les principaux matériaux de construction, notamment l’acier, le ciment, l’aluminium, et la céramique, sont confrontés à des pressions inflationnistes, ce qui est largement attribué à la pénurie croissante de matières premières et aux prix mondiaux des matériaux, en plus des défis logistiques et de l’augmentation des prix du carburant », soulignent les analystes qui indiquent que : « depuis le janvier 2020, les prix de l’acier ont augmenté de 72% à 489,2 USD la tonne métrique, l’aluminium a augmenté de 55,5% à 2864,8$ la tonne métrique, suivi d’une hausse de 92,4% des prix du carburant (principalement du diesel) pour atteindre environ 1 906,3$ la tonne ».

Les analystes restent prudents quant à l’évolution des valeurs du secteur BTP

L’ensemble des éléments précédemment analysés poussent à être prudents quant à l’évolution de la valorisation des opérateurs opérant dans le secteur du BTP. CDG suit principalement LafargeHolcim Maroc, Ciments du Maroc et Sonasid.

Les analystes anticipent par ailleurs une légère correction à la hausse des cours de ces titres après avoir enregistré une forte baisse au cours de ces derniers mois.

En effet, LafargeHolcim Maroc a cédé 27,4% depuis début 2022. De son côté, Ciments du Maroc a perdu 17,8% pendant la même période. Sonasid, quant à elle, a gagné presque 9%.

« la valorisation actuelle laisserait place à une légère appréciation des titres +5,4% pour LafargeHolcim, +7,0% Pour Ciments du Maroc (par rapport au cours du 05/07/2022) », anticipe CDG Capital qui recommande ainsi aux investisseurs de renforcer les titres LafargeHolcim et Ciments du Maroc dans les portefeuilles et de conserver le titre Sonasid.

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