A l'approche des élections, le PAM ressort le dossier de la dépénalisation du cannabis
Le conseiller PAMiste Larbi Mharchi a ressorti dans les médias le dossier de la dépénalisation du cannabis sur lequel son parti se positionne depuis des années. Face à ses opposants qui dénoncent un timing à visée électoraliste, il affirme que le PAM est prêt à ouvrir le débat après les 3 scrutins et qu’il en fera sa priorité s’il intègre le prochain gouvernement.
Plus d'une année après la réunion du ministre de la Justice avec la commission de la législation de la 2ème chambre, portant sur l’amnistie des cultivateurs de cannabis recherchés et sur la légalisation de sa production recyclée en produits légaux, Larbi Mharchi est revenu avec l'influenceuse Mayssa Ennaji sur « sa nécessaire dépénalisation » en la présentant comme un moteur de développement régional.
« Le timing n’a rien à voir avec les futurs scrutins »
Interrogé sur sa sortie médiatique qui pourrait être interprétée comme une tentative d’attirer les électeurs du Rif à la veille des 3 prochains scrutins, le conseiller a tenu à rappeler que son parti avait déposé deux propositions de loi en 2014 et 2015 pour légaliser sa culture, restées jusque-là lettre morte.
« Le PJD qui s’oppose farouchement à sa légalisation, m’accuse d’avoir fait cette sortie médiatique pour tenter de séduire l’électorat de la région du Rif lors des prochaines élections mais ce qu’ils ne disent pas c'est que ce n’est pas la première fois que le PAM aborde ce sujet aux lourdes retombées.
« Nous leur proposons donc de rejoindre notre groupe de travail qui débattra de ce dossier après les scrutins à venir pour décréter une amnistie parlementaire générale aux 55.000 chefs de ménages condamnés par contumace et qui ne sont que de simples agriculteurs obligés de fuir leur domicile.
« L’amnistie générale des cultivateurs condamnés remettra les compteurs à zéro »
« En effet, leur situation socio-économique est tellement catastrophique que l’Etat a tout à perdre en maintenant le statu quo actuel qui impacte la vie de centaines de milliers de personnes.
« Sachant que la transformation du cannabis en produits pharmaceutiques, cosmétiques, énergétiques … représente des milliards de dollars, le Maroc a tout à gagner de l’amnistie générale proposée par le PAM et l’Istiqlal qui remettra les compteurs à zéro pour cette culture devenue légale », explique Mharchi en ajoutant que la situation actuelle se prête à une réforme pénale.
« Je ne pense pas qu’il faudra encore attendre plusieurs années avant de trouver une solution au drame social qui dure depuis trop longtemps dans la région du Rif.
« La reconnaissance par l’ONU de son utilité est l’occasion de dépénaliser »
« En effet, les données du problème ont totalement changé depuis le dépôt de notre 1ère proposition de loi au parlement car le Maroc a voté à l’ONU le 2 décembre dernier pour que le cannabis ne soit plus considéré comme une drogue dangereuse mais comme un produit ayant des vertus de bien-être.
« De plus, sachant que son utilisation à des fins thérapeutiques recèle selon l’OMS un potentiel d’un milliard de dollars, c’est une belle avancée pour que notre pays se décide à sauter le pas pour décriminaliser sa culture dans la région de production entre Al Hoceima et Tétouan », explique le parlementaire qui table sur des retombées financières énormes pour les cultivateurs qui se recyclent.
« Le prochain Exécutif ne pourra plus faire l’impasse sur ce dossier »
« Avec la reconnaissance de son potentiel par cette institution internationale que personne ne peut soupçonner d’indulgence, nous allons entrer dans un débat plus apaisé où le PAM et l’Istiqlal ne seront plus seuls pour défendre la légalisation du cannabis et la décriminalisation de ses cultivateurs », estime le conseiller pour qui le prochain gouvernement ne pourra plus maintenir le statu quo actuel.
« Au gouvernement, le PAM fera de la dépénalisation sa priorité »
Se voulant très optimiste sur les chances du PAM d’intégrer la future équipe gouvernementale, Mharchi avance que ce dossier fera partie de son programme électoral mais constituera aussi une priorité de son agenda de chef de file ou de simple membre de la prochaine coalition exécutive.
« Sachant que le débat sur ce sujet dure depuis bien trop longtemps et que de nouveaux éléments confortent désormais notre position, il est évident que notre parti au gouvernement fera de son aboutissement une de ses priorités », conclut le conseiller qui table sur une résolution avant 2026.
Quoique décide le prochain gouvernement sur l’éventuelle légalisation de l'utilisation médicale du cannabis, il devra également trancher sur son usage récréatif qui pose un vrai problème sanitaire …
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