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ECONOMIE

Notation : du Golfe au Maroc, des situations contrastées

L’agence Fitch Ratings estime que le Maroc occupe une position intermédiaire parmi les pays de la région Mena. Mieux que l’Egypte, la Tunisie ou le Liban, mais pas aussi bien que les monarchies pétrolières du Golfe.  

Notation : du Golfe au Maroc, des situations contrastées
Jamal Amiar
Le 7 novembre 2013 à 20h18 | Modifié 7 novembre 2013 à 20h18

Un rapport de l’agence de notations financières Fitch Ratings met en évidence des situations de solvabilité contrastées entre les principaux pays arabes exportateurs de pétrole et les pays importateurs de pétrole.

Au sein du second groupe, la situation est contrastée entre le Maroc d’un côté, et  la Tunisie et l’Egypte de l’autre, ces deux derniers Etats connaissant désormais une période d’instabilité politique qui dure depuis près de 3 ans.

Ces données sont contenues dans un rapport sur la région Mena rendu public mercredi 6 novembre.

Les notations des agences financières sont basées sur les principaux indicateurs macroéconomiques du pays, cette notation nationale ayant à son tour une influence sur la notation des banques, grandes entreprises privées et publiques et autres institutions faisant appel au marché pour leur financement.

L’appréciation sur la perspective de la notation de solvabilité (négative, stable ou positive) est déterminée par des analyses indépendantes et indicatives de la situation politique et économique d’un pays.

Les pays du Golfe parmi les mieux notés du monde

Le rapport de Fitch Ratings met en évidence le fait que les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont, entre janvier 2006 et septembre 2013, une notation financière moyenne située entre A+ et AA, le maximum étant la notation AAA, le fameux « triple A. » Ils font mieux que les zones Asie ou Amérique latine.

En revanche, la notation moyenne des autres Etats non-membres du CCG pris dans leur ensemble, du Maroc à Israël et incluant la Tunisie, l’Egypte et le Liban varie de BB à BBB-, cette dernière étant supérieure à la notation double B.

La notation du Maroc est plus performante (BBB, perspective stable) que celles de la Tunisie (BB-, perspective négative), de l’Egypte (B, perspective négative)  ou du Liban.

Le rapport de Fitch présente des informations sur l’industrie pétrolière qui indiquent une légère tendance à la baisse des cours en 2014, autour de 100 dollar le baril en moyenne notamment en raison des importantes capacités de production saoudienne et américaine.

En 2010 et 2011, le prix moyen du baril était de 115 dollars avec une estimation à 110-115 dollars pour cette année 2013.

Les chiffres sur le pétrole publiés par Fitch montrent la baisse de la production libyenne, la stagnation en Irak et la possibilité pour le marché d’accueillir une offre accrue si l’Iran bénéficie d’une levée partielle des sanctions dans les prochains mois. En 2004, Téhéran exportait 2,5 millions de barils/jour, contre un million de barils aujourd’hui.

Les Etats-Unis et le Canada, qui bénéficient de ressources pétrolières plus importantes, créent actuellement  une pression sur le rôle des pays membres de l’Opep sur le marché international.

En termes de revenus pour les pays du CCG,  Fitch évalue les recettes pétrolières des 6 pays membres à 500 milliards de dollars en 2014 contre 530 milliards de dollars en 2013 et 600 milliards de dollars en 2012.

Parmi les pays du Golfe, le Koweït, l’Arabie saoudite et Abou Dhabi bénéficient des meilleures notations (AA, AA- et AA respectivement) et Bahreïn  de la moins flatteuse (BBB) en raison des troubles politiques réguliers qui s’y déroulent depuis le printemps 2011.

Pour l’année 2013, l’ensemble des pays du Golfe - une quasi-exception internationale - jouissent tous d’excédents budgétaires situés entre 5,5% pour Oman et 39,2% pour le Koweït. Ces chiffres sont de 16,5% pour l’Arabie saoudite et de 29,8% pour le Qatar. Pour 2014, un solde positif est partout prévu avec toutefois une légère baisse.

Fitch décerne au Maroc un BBB- avec une perspective stable

Dans le cas du Maroc, Fitch note la baisse des déficits jumeaux du budget et des comptes courants, grâce à une relative compression des dépenses de la Caisse de compensation, une amélioration des recettes fiscales et l’amélioration des recettes du tourisme et des investissements directs étrangers (IDE).

La notation marocaine, BBB- avec une perspective stable, souligne Fitch, «  bénéficie d’un environnement politique stable illustré par le changement en douceur de partenaire dans la coalition gouvernementale cet automne ».

Pour 2013, le taux de croissance économique est estimé à 4,8%, le déficit budgétaire à -3,5% et celui de la balance des comptes courants à -7,8%.

Pour 2014, ces chiffres sont de 4,2%, -2,5% et -6,1% respectivement.

Selon Fitch, la note marocaine peut être menacée par une incapacité à corriger les déficits, l’érosion des réserves de change  et une faible croissance. Pour Fitch, le point négatif de l’économie marocaine se situe au niveau des finances extérieures, dont l’important déficit commercial du pays.

Côté facteurs d’amélioration de la notation, ils sont constitués par l’amélioration des indicateurs du chômage et de l’indice du développement humain.

Des perspectives négatives pour l’Egypte

Dans le cas de l’Egypte, la notation financière du Caire est de B- (perspective négative) avec des indicateurs faibles ou stables. Le seul indicateur positif est celui des finances extérieures en raison des dons financiers octroyés aux autorités égyptiennes par les pétromonarchies au lendemain du coup d’Etat qui a chassé les Frères musulmans et le président Morsi du pouvoir en juillet dernier.

Pour Fitch, la violence politique en Egypte, la baisse des recettes fiscales et le faible niveau des réserves en devises constituent des risques accrus pour la solvabilité du pays. Celle-ci ne peut s’améliorer qu’avec « des progrès dans la stabilisation économique, la réduction de la violence politique et des réformes structurelles » indique l’agence de notation.

Pour l’Egypte en 2013, la croissance est estimée à 2,1%, le déficit budgétaire à 14,4% et celui de la balance des comptes courants à -1,7%. Pour 2014, les prévisions sont de l’ordre de 3,2%, -13,2% et -2,1% respectivement.

La Tunisie souffre de son instabilité politique

Pour la Tunisie,  Fitch note que « la difficile transition politique nourrit l’instabilité sociale et économique ». La tendance des finances extérieures et publiques et des réformes structurelles est jugée négative. Pour 2013, la croissance est estimée à 2,8%, le déficit budgétaire à -7,2% et celui de la balance des comptes courants à -8,1%.

Pour 2014, ces chiffres passent à 3%, -6,7% et -7,7% respectivement.

Fitch note que les banques et le secteur public tunisien ont un grand besoin de recapitalisation tandis que seule la baisse des tensions politiques et la confiance dans le processus de transition peuvent contribuer à améliorer une notation financière qui est de BB- (perspective négative).

 


 

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Jamal Amiar
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