Ayoub Daoudi «L’aéronautique est dans la colocalisation depuis 10 ans»
Intervenant lors du débat sur la colocalisation, organisé en avril 2013 par le CDS, Ayoub Daoudi, DG de Souriau, met l’accent sur la nécessaire complémentarité de la supply-chain.
Pour Ayoub Daoudi, la complémentarité entre le Maroc et l’Europe, la France en particulier, est clairement perceptible. D’ailleurs cette complémentarité a été exploitée de manière indirecte au niveau de l’aéronautique.
Cependant, pour le DG de Souriau, la colocalisation n’est pas un phénomène nouveau dans le monde aéronautique. Depuis déjà une dizaine d’année le secteur, poussé par le contexte américain, est dans un contexte de colocalisation mais sous une autre appellation.
Rappelant les perspectives prometteuses du secteur de l’aéronautique qui présente un taux de croissance intéressant depuis 10 ans, Ayoub Daoudi espère que cela va continuer car la demande sera de plus de 35.000 avions à construire sur les 20 prochaines années. Il souligne que ce potentiel de marché s’accompagne d’une très forte pression sur les prix.
A ce titre, le DG de Souriau considère qu’il faudra bien se positionner avec des acteurs, notamment équipementiers et des réseaux de fournisseurs qui se développent aussi bien aux Etats-Unis qu’en Chine, sachant qu’il y a beaucoup de programmes d’aéronautique dans ces pays. D’où l’intérêt d’aller chercher des solutions de compétitivité.
Complémentarité de la supply chain
Dans le domaine de l’aéronautique, les premières implantations se sont depuis le début inscrites dans le cadre d’une complémentarité de supply-chain. La plupart des grands groupes, dont Souriau et Safran, ont ainsi fait le choix, dans le cadre d’une stratégie industrielle, de créer des unités au Maroc positionnées au milieu de lachaîne logistique. « Nous pouvons donc avoir des chemins différents, c'est-à-dire une transformation de matière en France et l’assemblage et l’intégration au Maroc, ou l’inverse et même des fois un métissage autour des deux solutions », explique le DG.
Il précise à ce titre que la plupart des cas révèlent aujourd’hui que ce positionnement a été très bénéfique à l’ensemble des entreprises qui ont fait ce choix parce qu’en créant des emplois au Maroc, elles créent également des emplois chez elles. « Le cas du groupe Sariau est un bon exemple car nous avons démarré en 2002 avec environ 30 personnes alors qu’aujourd’hui nous sommes quasiment 480 personnes. Mais parallèlement, nous avons créé plus de 200 emplois en France », témoigne Ayoub Daoudi , ajoutant que c’est le cas également pour Safran et d’autres entreprises dont la création d’emploi et de richesse au Maroc s’est accompagnée par une création d’emploi aussi de l’autre côté.
Autonomie des unités industrielles
Ayoub Daoudi souligne également que la plupart des entreprises qui ont réussi cette colocalisation des deux côtés se sont inscrites dans l’implantation d’unités industrielles autonomes au Maroc : « La compétitivité ne passe pas uniquement par la recherche de productivité aujourd’hui, mais aussi par la réactivité par rapport au marché ». C’est d’ailleurs, précise le DG, un élément de positionnement de plus en plus demandé par ses clients : « pour pouvoir être plus réactif nous avons tous intérêt à avoir des unités industrielles les plus autonomes possibles pour pouvoir effectivement être très réactifs, mais tout en restant dans un schéma de complémentarité entre l’ensemble des unités ».
Une chaîne logistique transverse se crée au Maroc
Le DG de Sariau relève que ce qui est intéressant aujourd’hui dans le secteur aéronautique est qu’il avait démarré avec une recherche de productivité verticale et que cela a engendré des opportunités de productivité complémentaire. « Une supply chain transverse commence à se créer au Maroc. Par exemple, nous qui faisons des connecteurs avons des gens sur place qui font le câble et aussi les tuyaux qui font le câblage aéronautique. Donc cela de générer une supply chain complète, même au Maroc, ce qui permet encore une fois d’être encore plus productif et plus réactif », explique Ayoub Daoudi avant de conclure que cela permet l’augmentation des parts de marché existantes mais aussi de se positionner sur de nouvelles.
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