Sur un terrain poussiéreux de Kaboul, des lutteurs en quête de gloire

(AFP)

Le 26 septembre 2021

Chaque fin de semaine, des lutteurs venus des quatre coins de l’Afghanistan se réunissent sur un terrain public de la capitale Kaboul pour se mesurer les uns aux autres dans un sport entre le judo et la lutte.

Ces rassemblements informels attirent de grandes foules de supporters venus encourager leurs favoris, généralement des lutteurs originaires de leur région, et raillent ceux qu’ils veulent voir perdre.

« Cela fait 17 ans que je me bats », a déclaré Mohammad Atef, un musculeux trentenaire originaire de la province de Samangan, dans le nord de l’Afghanistan, après avoir éliminé son adversaire d’un coup expert.

Le judo et la lutte sont particulièrement populaires dans le nord du pays. Les villages et régions y forment des champions locaux qui s’illustrent dans des concours régionaux et bénéficient parfois d’une gloire nationale.

La discipline que les Afghans pratiquent sur ce terrain poussiéreux du parc de Chaman-e-Huzuri est un mélange des deux, avec des arbitres s’assurant qu’un ensemble de règles complexes est respecté pour déclarer un vainqueur.

Les combats sont généralement rapides – un combat dure rarement plus d’une minute ou deux – et les adversaires se donnent une accolade sportive, quel que soit le résultat.

Ce sport « est populaire (dans les provinces septentrionales de) Samangan, Kunduz ou Baghlan », explique Mohammad Atef. « Et il y a de nombreux lutteurs réputés aussi à Chéberghân », la capitale de la province de Djôzdjân dans le nord du pays.

« Aujourd’hui, mon adversaire était originaire de Kunduz », une province proche de la frontière avec le Tadjikistan, poursuit le jeune lutteur. « J’ai utilisé une technique en spirale et j’ai fini par le vaincre ».

Les matchs sont organisés par des promoteurs qui choisissent les adversaires en fonction de leur poids et de leur palmarès.

Le vainqueur remporte une petite bourse et, bien que les jeux d’argent soient officiellement interdits par les Talibans, il est évident que des paris circulent sur l’issue des combats.

Après chaque round, l’argent glisse furtivement entre les mains de vieux spectateurs roublards. D’autres, attentifs, préfèrent filmer les combats sur leurs téléphones.

Hekmat, un jeune homme de 21 ans également originaire de Samangan, commence tout juste sa carrière. Il rayonne de bonheur après sa première victoire.

« Cela fait environ 10 ans que je fais de la lutte. Depuis l’enfance », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Je ne suis venu à Kaboul que ces derniers mois après avoir lutté dans d’autres provinces et districts », a-t-il ajouté.

Il n’y avait aucun signe de présence des talibans dans la foule rassemblée à Kaboul — selon les personnes rassemblées dans le public, le groupe préfère éviter les compétitions sportives.

« Nous organisons cela nous-mêmes », a déclaré un arbitre. « Ce n’est pas pour les talibans ».

Le 26 septembre 2021

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