Retour en Ethiopie d’une série d’oeuvres d’art pillées au 19e siècle

(AFP)

Le 20 novembre 2021

L’Ethiopie a célébré samedi le retour sur son sol d’une série de trésors antiques pillés au 19e siècle par des soldats britanniques et récemment revenus du Royaume-Uni, de Belgique et des Pays-Bas après une longue campagne diplomatique pour obtenir leur restitution.

La collection comprend notamment une couronne de cérémonie, un bouclier impérial, un ensemble de coupes en corne argentée, un livre de prières manuscrit et divers bijoux.

La plupart des pièces restituées avaient été pillées par l’armée britannique lors de sa victoire sur l’empereur d’Abyssinie Tewodros II à la bataille de Magdala en 1868.

Les trésors ont été dévoilés à la presse au Musée national d’Addis Abeba, deux mois après avoir été officiellement remis aux autorités éthiopiennes à Londres en septembre.

La remise de ces objets – la plus importante restitution jamais réalisée au profit de l’Ethiopie – a une « signification énorme », a estimé l’ambassadeur d’Ethiopie au Royaume-Uni, Teferi Melesse.

L’Ethiopie continue de demander à Londres la restitution de nombreux autres objets, et notamment celle de tablettes sacrées de pierre et de bois représentant une Arche d’Alliance – le coffre qui, selon la Bible, a contenu les Dix Commandements donnés à Moïse sur le mont Sinaï. Les tablettes sont conservées au British Museum de Londres, qui ne les a jamais exposées au public.

Addis Abeba réclame également la restitution des restes du fils de Tewodros, le prince Alemayehu, qui avait été emmené en Angleterre après le suicide de son père consécutif à sa défaite sur le champ de bataille.

« Toute une série d’objets, qui font partie intégrante de l’héritage de notre culture et de nos valeurs, ont été pillés et emportés illégalement hors du pays après cette bataille », a souligné la ministre éthiopienne du Tourisme Nasise Challi.

« D’innombrables de ces objets se trouvent aujourd’hui dans divers musées, dans des centres de recherche et même aux mains de particuliers », a-t-elle ajouté en appelant à leur retour en Ethiopie.

Plusieurs des objets exposés samedi au Musée national d’Addis Abeba devaient être vendus aux enchères mais ont été rachetés par la Fondation philanthropique Scheherazade dans le but d’être retournés à l’Ethiopie. D’autres objets ont été acquis auprès de particuliers, de collectionneurs, de marchands ou d’investisseurs. Parmi eux, un ensemble de manuscrits médiévaux qui devaient être vendus aux enchères à La Haye.

L’Ethiopie est également en négociations pour la restitution d’une bible et d’une croix qui devraient faire l’objet d’une vente aux enchères aux Etats-Unis.

Début novembre, un autre pays africain pillé par une autre puissance coloniale, le Bénin a recouvré une trentaine d’objets d’art qui ont fait l’objet d’une restitution officialisée par la France, qui avait emporté ces objets du royaume d’Abomey à la fin du 19e siècle.

« Toutes ces restitutions se déroulent dans le contexte mondial du questionnement du rôle des musées dans la figuration des histoires coloniales et de la légitimité à exposer des objets ainsi pillés », a souligné le Comité national éthiopien de Restitution de l’Héritage lors de la présentation des objets restitués.

Le 20 novembre 2021

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