Face à des troupes divisées, le chef du Labour attendu au tournant

(AFP)

Le 29 septembre 2021

Le chef du Parti travailliste britannique, Keir Starmer, a fort à faire mercredi pour convaincre qu’il a l’étoffe nécessaire pour prendre le pouvoir à Boris Johnson et dépasser les divisions qui déchirent la formation d’opposition, réunie en congrès à Brighton.

Pandémie oblige, c’est la première fois depuis son accession à la tête du parti, en avril 2020, que Keir Starmer s’adresse en personne aux militants lors de cette grand-messe de rentrée dans la station balnéaire du sud de l’Angleterre.

Dans un discours de clôture très scruté, l’ancien avocat de 59 ans doit clarifier sa vision pour le Royaume-Uni. Il espère ainsi faire taire les critiques lui reprochant une communication inaudible peu à même de mettre fin à une série noire de défaites électorales.

Il ambitionne de ravir, aux législatives de 2024, le pouvoir aux conservateurs qui, menés par Boris Johnson, ont jusqu’ici surfé sur la vague du Brexit. Et pour y parvenir, faire du Labour un « pilier » du pays.

« Trop souvent dans l’histoire de ce parti, notre rêve de bonne société se débat avec la croyance que nous ne gérerons pas une économie forte. (…) Sous ma direction, nous nous engageons envers les deux », dira-t-il, selon un extrait d’un discours affirmant sa ligne centriste.

« Je veux que notre parti se concentre sur notre pays », a-t-il confié à la chaîne Sky News, « sur ce qui compte pour les familles qui travaillent », comme l’éducation, la sécurité de l’emploi, un système de santé qui marche.

– Ça coince à gauche –

Après plus de dix ans de pouvoir conservateur et un an et demi de pandémie (plus de 136.000 morts), Keir Starmer pourrait disposer d’un boulevard devant lui. Surtout au moment où le gouvernement est empêtré dans la crise des carburants et les problèmes d’approvisionnement des supermarchés, aggravés par le Brexit.

Mais cette conférence, présentée comme le moment pour le chef de l’opposition de s’affirmer et de rassembler, a tourné au vinaigre dès son ouverture samedi, rattrapée une fois de plus par les luttes internes.

Le courant passe mal avec l’aile gauche du parti, restée fidèle à son prédécesseur Jeremy Corbyn. Plus modéré, Keir Starmer se la met à dos avec sa réforme de la procédure de désignation du chef du parti ou en revenant sur un engagement de nationaliser les géants de l’énergie.

Ces tensions ont culminé avec la démission fracassante lundi d’un membre du « cabinet fantôme » réunissant les dirigeants du parti, Andy McDonald, au prétexte d’une mésentente sur le niveau du salaire minimum, mais dénoncée par des alliés de Keir Starmer comme une tentative de « sabotage ».

« Notre mouvement est plus divisé que jamais », a accusé le démissionnaire, dont le départ a relégué au second plan la promesse d’investir des dizaines de milliards en faveur du climat.

– « Casseroles » –

Jusqu’aux ténors du Labour, la crainte est de voir Keir Starmer manquer une occasion en or de tirer à boulets rouges sur le gouvernement conservateur de Boris Johnson – même s’il a dénoncé le « chaos » dans lequel le pays est plongé en raison de l' »impréparation totale » de l’exécutif.

« Si Keir fait les choses bien mercredi, il peut remonter le moral de tous et poursuivre. Dans le cas contraire, et si nous ne décollons pas dans les sondages, Keir est une personne suffisamment sensée pour (…) évaluer son propre avenir », a prévenu John McDonnell, un proche de Jeremy Corbyn, sur Times Radio.

Déjà, ses débuts comme chef des travaillistes n’ont pas été une sinécure. Il a hérité, en plein premier confinement, d’un parti indécis sur le Brexit et son positionnement politique, englué dans des accusations d’antisémitisme chronique et accablé par la débâcle aux législatives de 2019 – son pire score en 85 ans et la quatrième défaite consécutive.

« Fondamentalement, il doit dire aux gens quel est l’intérêt d’un Parti travailliste au Royaume-Uni en 2021 » en trouvant les « mots » justes, souligne Steven Fielding, politologue à l’université de Nottingham, auprès de l’AFP. « Ce n’est pas une tâche facile, surtout quand le Labour traîne encore beaucoup de casseroles ».

Le 29 septembre 2021

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