Banques marocaines : croissance généralisée et fondamentaux renforcés en 2025

Par | Le 2/3/2026 à 16:11
PNB, crédits et dépôts en hausse : les banques marocaines profitent d’un supercycle d’investissement, d’un environnement de taux favorable et d’une amélioration du coût du risque.

En 2025, le produit net bancaire des principales banques marocaines confirme une dynamique globalement positive. Les neuf banques marocaines totalisent un PNB cumulé de 107,4 MMDH, en progression généralisée par rapport à 2024. Toutes les banques affichent une croissance, avec des rythmes toutefois différenciés selon la taille et le positionnement de chacune.

Attijariwafa bank conserve largement son leadership avec un PNB de 34,9 MMDH, en hausse de 5,6%.

La BCP suit avec 27 MMDH, en progression de 5,4%, tandis que Bank of Africa atteint 20,3 MMDH, enregistrant une croissance plus soutenue de 8,7%. Ces trois groupes concentrent à eux seuls près de 80% du PNB cumulé du panel, confirmant le poids structurel des grandes banques universelles dans la formation des revenus du secteur.

Dans le segment intermédiaire, les rythmes apparaissent plus dynamiques. Saham Bank affiche un PNB de 6,2 MMDH, en hausse de 6,9%. CIH Bank atteint 5,4 MMDH, avec une progression notable de 14,4%, parmi les plus fortes du secteur en valeur relative.

Le Crédit agricole du Maroc s’inscrit également dans une trajectoire soutenue, avec 5,2 MMDH de PNB, en hausse de 9%.

Pour sa part, BMCI réalise 3,9 MMDH, en progression de 4,1%, tandis que CDM atteint 3,5 MMDH, en hausse de 8%. CFG Bank termine l’exercice 2025 avec 1,2 MMDH de PNB, affichant la plus forte croissance à 32%.

Banques marocaines : croissance généralisée et fondamentaux renforcés en 2025
(*) Les chiffres sont en MMDH. (**) CA : Crédit agricole du Maroc.

 

Crédits bancaires : un encours de 1.483,6 MMDH en 2025

En 2025, l’encours de crédits des neuf banques atteint 1.483,6 MMDH. La distribution évolue de manière différenciée selon les établissements.

Attijariwafa bank affiche 447,9 MMDH de crédits, en hausse de 8,3% par rapport à 2024. La BCP totalise 329,9 MMDH, avec une progression de 3,1%, tandis que Bank of Africa atteint 215 MMDH, en augmentation de 4,8%.

Le Crédit agricole du Maroc porte son encours à 129 MMDH, en hausse de 13%. CIH Bank enregistre 118,1 MMDH, avec une progression de 16,7%. Saham Bank affiche 102,1 MMDH, en augmentation de 8,7%.

CDM totalise 62,8 MMDH, en hausse de 11%, alors que BMCI ressort à 58,8 MMDH, en léger recul de 0,6%. CFG affiche 19 MMDH d’encours, en progression de 21%.

Banques marocaines : croissance généralisée et fondamentaux renforcés en 2025
(*) Les chiffres sont en MMDH. (**) CA : Crédit agricole du Maroc.

Dépôts bancaires : 1.659,9 MMDH collectés en 2025

Du côté des dépôts, l’exercice 2025 se traduit par un encours cumulé de 1.659,9 MMDH pour l’ensemble du panel. La collecte évolue dans le vert pour toutes les banques, avec des rythmes variables selon les établissements.

Attijariwafa bank atteint 527,2 MMDH de dépôts, en hausse de 9,7%. La BCP suit avec 411,9 MMDH, en progression de 5,9%. Bank of Africa affiche 275,3 MMDH, en augmentation de 7,3%. Ces trois groupes concentrent l’essentiel des ressources collectées.

Le Crédit agricole du Maroc totalise 128 MMDH, en hausse de 11%. CIH Bank enregistre 99,5 MMDH, avec une progression de 17,8%, soit l’augmentation la plus marquée du panel. Saham Bank atteint 86 MMDH, en hausse de 7,4%, tandis que CDM affiche 61,2 MMDH, également en progression de 7,4%.

BMCI ressort à 50,5 MMDH, en augmentation de 4,4%. CFG Bank, pour sa part, totalise 20,3 MMDH, en hausse de 11%.

Banques marocaines : croissance généralisée et fondamentaux renforcés en 2025
(*) Les chiffres sont en MMDH. (**) CA : Crédit agricole du Maroc.

Quels facteurs ont contribué à ces performances ?

En 2025, le secteur bancaire marocain a évolué dans un environnement particulièrement porteur, marqué par une combinaison de facteurs macroéconomiques, monétaires et structurels favorables.

"L’année a été caractérisée par une accélération de la croissance économique, soutenue par un effort d’investissement public inédit et par une politique monétaire accommodante engagée depuis mi-2024", explique un analyste de la place.

"Le premier moteur du secteur reste la dynamique des crédits, portée par ce qui est qualifié de "supercycle d’investissement". Les crédits à l’équipement ont constitué le principal levier de croissance, alimentés par les grands chantiers d’infrastructure et par des mécanismes de financement innovants, notamment les opérations de lease-back du Trésor. Cette orientation a modifié la structure même du portefeuille bancaire, avec un poids croissant des financements d’investissement au détriment des crédits de trésorerie, dans un contexte de normalisation du besoin en fonds de roulement des entreprises".

Parallèlement, l’environnement de taux a joué un rôle central. "L’assouplissement monétaire engagé par Bank Al-Maghrib a favorisé la détente des rendements obligataires en 2025, soutenant à la fois la production de crédits et les performances des portefeuilles obligataires des banques. Si des tensions sont apparues en début d’année 2026, la trajectoire de fond reste celle d’un cadre monétaire plus favorable qu’au pic inflationniste de 2022-2023".

Du côté des ressources, la structure des dépôts a évolué de manière significative. "Le poids des ressources à vue non rémunérées a atteint un niveau record, renforçant la capacité des banques à optimiser leur coût de refinancement. Cette progression s’est opérée au détriment des dépôts à terme, dans un contexte de rendements obligataires moins attractifs et de regain d’appétit pour le risque sur les marchés financiers. Cette transformation de la base de ressources a contribué à soutenir la marge d’intérêt".

"Les activités de marché ont vu leur contribution augmenter de façon marquée ces dernières années, bénéficiant d’un environnement de taux favorable et du développement de l’activité change. Elles constituent désormais la deuxième source de revenus du secteur après la marge d’intérêt. Cette évolution traduit une diversification accrue des moteurs de revenus, au-delà du seul cœur d’intermédiation".

En interne, "les banques ont poursuivi l’optimisation de leurs charges grâce à la montée en puissance du digital banking, permettant une meilleure maîtrise du coefficient d’exploitation. Dans le même temps, l’amélioration de la qualité des actifs et la détente du coût du risque ont renforcé la capacité bénéficiaire du secteur. Le cadre macroéconomique plus favorable a ainsi contribué à consolider la rentabilité financière, dans un mouvement qualifié de "nouveau cercle vertueux"".

Dans l’ensemble, 2025 apparaît comme une année de consolidation et de renforcement des fondamentaux : accélération de l’investissement, amélioration de la structure des crédits, optimisation du coût des ressources, diversification des revenus et amélioration du risque. Autant d’éléments qui expliquent la trajectoire positive observée sur les trois grands indicateurs que sont le PNB, les crédits et les dépôts.

Infographie : à qui appartiennent les principales banques commerciales marocaines

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