Ciments du Maroc décroche en Bourse, les analystes y voient une opportunité

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Par | Le 8/6/2026 à 16:00
C'est à contretemps que Ciments du Maroc arrive en 2026 : alors que les grands chantiers se multiplient, le marché du ciment a brutalement ralenti au printemps, avec des livraisons en baisse de 5,3 % à fin mai. Le groupe, lui, a vu son chiffre d’affaires reculer de 8 % au premier trimestre, sur fond de Ramadan, de pluies et de chantiers moins actifs. Pourtant, certains bureaux de recherche continuent de viser un cours de 2.150 DH. Voici pourquoi.

L'essentiel :

  • Le titre Ciments du Maroc recule de près de 9 % depuis le début de l’année, contre une baisse de 1,2 % pour le MASI.
  • Les livraisons de ciment au Maroc sont en recul de 5,3 % à fin mai 2026, avec une chute de plus de 20 % sur le seul mois de mai.
  • Le chiffre d’affaires consolidé de Ciments du Maroc a baissé de 8 % au premier trimestre 2026, à 913 MDH.
  • Plusieurs analystes considèrent toutefois que ces éléments sont déjà intégrés dans le cours et continuent de voir un potentiel de revalorisation sur la valeur.
  • Une recommandation à l’achat s’accompagne d’un objectif de cours de 2.150 DH, soit un potentiel de hausse de 28,7 %.

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Les détails :

Ciments du Maroc recule depuis le début de l’année 2026. À la séance du 8 juin, le titre abandonnait près de 9 %, soit une baisse plus marquée que celle du marché dans son ensemble. Sur la même période, le MASI a cédé 1,2 %.

La correction subie par Ciments du Maroc est donc plus importante que celle observée sur le marché. Le titre se négocie actuellement autour de 1.695 DH, avec un ratio cours/bénéfice (P/E) de 18,1x, inférieur à la moyenne du marché, qui ressort à 19,7x.

Dans ce contexte, une question se pose : le repli du titre a-t-il créé une opportunité pour les investisseurs, ou le potentiel de baisse n’est-il pas encore totalement épuisé ? Plus largement, quelles sont aujourd’hui les perspectives boursières de Ciments du Maroc ?

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Source: medias24.com

Un ralentissement conjoncturel déjà intégré par le marché

Les trois premiers mois de l’année n’ont effectivement pas été particulièrement favorables pour Ciments du Maroc. Pourtant, le contexte de fond reste porteur. Le groupe évolue dans un environnement où les besoins en infrastructures et en construction restent importants, mais plusieurs éléments ponctuels ont pesé sur l’activité au premier trimestre.

Il s’agit notamment de l’impact du Ramadan et de Aïd al-Fitr, intervenus durant le trimestre, mais aussi d’une pluviométrie importante, qui a ralenti certains chantiers et affecté l’activité des matériaux de construction. Quand le BTP et l’immobilier tournent au ralenti, même temporairement, le secteur cimentier finit naturellement par être touché, puisque l’essentiel de la demande provient de ces activités.

Il ne faut pas oublier non plus que le marché du ciment au Maroc reste fortement dépendant de l’immobilier, qui représente près de 70 % des volumes consommés.

Aujourd’hui, les chiffres des livraisons montrent d’ailleurs que le ralentissement a concerné l’ensemble du secteur. À fin mai 2026, les ventes de ciment reculent de 5,3 % en cumul annuel, avec une baisse de plus de 20 % sur le seul mois de mai. Les replis sont particulièrement marqués dans la distribution (-9,59 % à fin mai) et la préfabrication (-12,74 %), même si certains segments, comme le béton prêt à l’emploi, continuent d’afficher une progression.

La baisse observée dans le secteur s’est également reflétée dans les résultats de Ciments du Maroc. À fin mars 2026, le chiffre d’affaires consolidé s’est établi à 913 MDH, en baisse de 8 % par rapport à la même période de 2025. Les investissements comptabilisés ont atteint 25 MDH, contre 7 MDH un an auparavant. De son côté, l’endettement financier ressort à 2,37 MMDH, contre 37 MDH à fin mars 2025.

"Alors, ce qu’il faut savoir, c’est que ces facteurs sont déjà intégrés et consommés dans la baisse déjà observée sur la valeur en bourse. Et automatiquement, Ciments du Maroc offre aujourd’hui un potentiel de revalorisation et de progression intéressant pour la période à venir", commente un analyste de la place contacté par nos soins.

L’analyste interrogé livre une lecture qui part du fait que "le ciment reste une industrie lourde et très capitalistique, où les barrières à l’entrée sont d’abord liées au niveau d’investissement, à l’accès aux carrières, à l’implantation industrielle et à la maîtrise des coûts de production. Le produit lui-même reste difficilement substituable dans la construction, tandis que la demande dépend directement du rythme des chantiers de logement, d’infrastructures et de BTP".

"Avec les préparatifs de la Coupe du monde 2030 et les grands projets d’infrastructures attendus dans les prochaines années, le secteur dispose encore de perspectives de croissance importantes. Certes, un regain de l’inflation lié au contexte géopolitique et économique mondial reste un point de vigilance, mais les fondamentaux du secteur demeurent soutenus par des besoins structurels en construction et en infrastructures, ce qui devrait continuer à soutenir l’activité des cimentiers dans les années à venir."

Pourquoi la baisse du titre est-elle perçue comme une opportunité ?

Pour les analystes, la correction subie par le titre n’efface pas pour autant les perspectives de moyen terme du cimentier. Les analystes de BKGR, par exemple, maintiennent une recommandation à l’achat sur la valeur, avec un objectif de cours de 2.150 DH, soit un potentiel de hausse de 28,7 % par rapport aux niveaux observés fin mai.

Cette recommandation repose notamment sur des anticipations de croissance de l’activité au cours des prochaines années. Le chiffre d’affaires est attendu à 5,84 MMDH en 2026 puis à 6,22 MMDH en 2027, contre 5,46 MMDH en 2025. Malgré un léger tassement attendu de la marge opérationnelle en 2026, celle-ci resterait supérieure à 34 %, un niveau qui demeure élevé pour le secteur.

Une recommandation à l’achat sur la valeur avec un objectif de cours de 2.150 DH

"Ce qui distingue aujourd’hui Ciments du Maroc, c’est que le groupe bénéficie à la fois de l’appui d’un leader mondial des matériaux de construction et d’un positionnement qui s’est considérablement renforcé ces dernières années. L’intégration d’Asment de Témara et de Grabemaro a fait changer le groupe de dimension, en élargissant sa présence dans le ciment, le béton prêt à l’emploi et les granulats, tout en lui permettant d’équilibrer davantage son implantation entre le nord et le sud du Royaume."

"Le marché regarde beaucoup le ralentissement observé depuis le début de l’année, mais il faut aussi regarder ce qui se construit pour les prochaines années. Les grands projets d’infrastructures, les travaux de génie civil, les équipements publics et l’ensemble des investissements liés aux grands événements sportifs devraient continuer à soutenir la demande en ciment et en matériaux de construction. À cela s’ajoutent les synergies encore attendues de l’intégration d’Asment de Témara, que ce soit au niveau industriel, logistique, commercial ou encore des achats."

Le groupe dispose également de plusieurs atouts structurels. "Son mix énergétique est aujourd’hui largement sécurisé, avec plus de deux tiers de l’énergie provenant de sources propres, ce qui constitue un avantage important dans une industrie où les coûts énergétiques restent déterminants. Il bénéficie aussi d’une activité export soutenue par sa présence à proximité de plusieurs ports stratégiques comme Agadir, Safi, Dakhla et Nador", précise l’analyste.

"Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les prix du petcoke et de l’énergie demeurent un facteur de risque pour les marges, tandis que la concurrence reste vive dans certaines régions. Il y a également un enjeu de reconquête commerciale dans le Nord, où le groupe a perdu des parts de marché face à certains concurrents. À cela s’ajoutent les charges financières liées aux acquisitions récentes, qui continuent de peser sur le résultat net."

Mais malgré ces points de vigilance, les fondamentaux restent solides. La rentabilité opérationnelle demeure à des niveaux élevés et les perspectives de croissance restent intactes. C’est précisément pour cette raison que la baisse observée sur le titre depuis le début de l’année peut être perçue comme une opportunité par une partie du marché, qui considère que le potentiel de création de valeur du groupe n’est pas pleinement reflété dans les cours actuels.

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