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Dossier Cet article est issu du dossier «Projet de loi de finances 2026 (PLF2026)» Voir tout le sommaire
BUSINESS

Retenue à la source. L’élargissement au secteur privé fait débat

Le PLF 2026 prévoit d’étendre la retenue à la source sur la TVA au secteur privé, une mesure qui pourrait peser sur la trésorerie des entreprises. En confiant cette retenue aux grandes entreprises, l’État veut renforcer le recouvrement fiscal, mais le dispositif risque de créer de nouveaux blocages de trésorerie et d’alourdir les crédits de TVA.

Retenue à la source. L’élargissement au secteur privé fait débat
(c) Freepik
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Le 28 octobre 2025 à 17h45 | Modifié 29 octobre 2025 à 19h11

L’analyse de la partie fiscale du projet de loi de finances 2026 ne montre pas de réformes majeures, sauf une mesure qui retient particulièrement l’attention des fiscalistes, à savoir l’élargissement de la retenue à la source (RAS) sur la TVA, qui sera désormais appliquée non seulement à l’État et aux établissements publics, mais aussi à certaines entreprises privées. Ceci au cas où cette disposition est adoptée en l’état.

Le texte prévoit que toutes les entreprises privées dont le chiffre d’affaires dépasse 50 MDH devront commencer à appliquer la retenue à la source.

Cette extension de la RAS, telle que proposée dans le PLF 2026, ne constitue pas un simple ajustement technique, mais bien une évolution de fond, susceptible d’avoir des répercussions importantes sur la trésorerie et la gestion fiscale des entreprises.

L’impact de la retenue à la source sur la trésorerie des entreprises

Le principe comptable mérite d’être bien compris. Lorsqu’une entreprise facture, pour des prestations soumises à la retenue à la source sur la TVA, une administration ou un établissement public, 75% de la TVA qu’elle facture est retenue à la source par ce client public. Autrement dit, l’entreprise n’encaisse que 25% de la TVA, car les trois quarts restants sont directement versés au Trésor par le client.

Pour l’entreprise, la part de TVA retenue est considérée comme déjà versée à l’État pour son compte. Elle figure donc dans sa comptabilité comme un crédit de TVA, c’est-à-dire une créance fiscale qu’elle pourra utiliser ultérieurement pour imputer sur la TVA qu’elle doit ou, si elle reste excédentaire, demander en remboursement.

Toutefois, ce crédit n’est pas automatiquement récupéré dans son intégralité, car le montant réellement restitué dépend de la position nette de TVA de l’entreprise. Lorsque la TVA déductible sur ses achats dépasse la TVA collectée sur ses ventes, une partie du crédit est absorbée par compensation. Le reste devient un crédit de TVA en attente de remboursement, qui pèse directement sur la trésorerie.Les fournisseurs travaillant avec l’État et les grandes entreprises verront la majeure partie de la TVA qu’ils facturent retenue à la sourceJusqu’à présent, ce mécanisme ne concernait que les relations avec le secteur public. Mais avec la réforme prévue par le PLF 2026, les grandes entreprises privées seront à leur tour tenues de retenir la TVA lorsqu’elles achètent des biens ou des services à leurs fournisseurs.

En conséquence, un fournisseur qui travaille à la fois avec l’État et avec de gros clients privés verra une part importante de la TVA qu’il facture retenue par ses clients et non encaissée, ce qui multipliera les situations de crédits de TVA.

La situation serait encore plus délicate si le fournisseur est une grande entreprise travaillant majoritairement avec l’État et d’autres grandes sociétés. Dans ce cas, il devra retenir à la source, selon la nouvelle réforme proposée, 75% de la TVA sur ses achats et la reverser au Trésor, ce qui réduira sa trésorerie disponible. Parallèlement, il verra 75% de la TVA facturée sur ses propres prestations retenue à la source par ses clients publics et privés. Une double peine pour sa trésorerie.

Contacté par Médias24, un expert-comptable résume la situation. "Lorsqu’une entreprise travaille à la fois avec l’État et avec de grands clients privés, la généralisation de la retenue chez ces acheteurs concentre la création de crédits de TVA chez le fournisseur. Tant que les délais de restitution ne compensent pas, l’entreprise finance un décalage qui ne dépend ni de son efficacité opérationnelle ni de son honnêteté fiscale".

"Si l’on retient la TVA à la source quand je facture l’administration et que les grands clients privés la retiennent aussi, ma trésorerie se vide pendant que mon crédit de TVA grossit. Je me retrouve à financer un impôt neutre par nature, avec un découvert bancaire, et des intérêts en plus", poursuit-il.

Selon lui, cette mesure intervient à un moment paradoxal. Le stock global des crédits de TVA diminue depuis plusieurs années grâce à un effort de remboursement soutenu de l’État. L’élargissement de la retenue risque cependant d’inverser cette tendance.

"En appliquant cette mesure telle qu’elle est prévue par le projet de loi de finances, l’État augmenterait mécaniquement le volume des crédits TVA à rembourser et reconstituerait un stock qu’il avait réussi à réduire au prix d’efforts budgétaires importants", souligne notre source.

Quels ajustements nécessaires pour limiter l’impact sur les entreprises ?

Nous entrerons prochainement dans la phase d’amendement du projet de loi de finances 2026. Selon notre source, l’extension de la retenue à la source (RAS) au secteur privé, notamment aux grandes entreprises, devrait constituer l’un des principaux points de débat et d’amendement au Parlement.

Pour lui, deux ajustements s’imposent pour éviter un déséquilibre entre le contrôle fiscal et la trésorerie des entreprises. Il propose, d’une part, de réduire le taux de la retenue à la source sur la TVA et, d’autre part, de relever le seuil de chiffre d’affaires des entreprises tenues d’appliquer cette retenue.

"D’abord, il faudrait réduire le taux de retenue à la source sur la TVA, en le ramenant de 75% à 50%. Cela permettrait de laisser davantage de liquidités aux entreprises, tout en maintenant le principe de versement direct d’une partie de la taxe au Trésor", indique notre interlocuteur.

"Il faudrait aussi relever le seuil de chiffre d’affaires des entreprises assujetties à la retenue, en le portant, par exemple, à 500 MDH. Avec un tel seuil, seulement un millier d’entreprises au Maroc seraient concernées par le dispositif. Autrement dit, seules ces grandes entreprises appliqueraient la retenue à la source sur la TVA à leurs fournisseurs privés, quelle que soit leur taille. Une retenue limitée à 50% allégerait sensiblement la pression sur la trésorerie des entreprises tout en permettant à l’État de maintenir son objectif de sécurisation du recouvrement fiscal", conclut-il.

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Le 28 octobre 2025 à 17h45
SOMMAIRE DU DOSSIER
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Projet de loi de finances 2026 : la version finale du texte (Document)


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Adoption finale du PLF 2026 au Parlement


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Le PLF 2026 adopté à la Chambre des conseillers


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La première partie du PLF 2026 adoptée à la Chambre des conseillers


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PLF 2026 : la première partie adoptée en commission à la Chambre des conseillers


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Un amendement de la retenue à la source attendu à la Chambre des conseillers


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La Chambre des représentants adopte à la majorité le PLF 2026


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Adoption en commission de la 1re partie du PLF 2026


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Financements innovants. Lekjaa apporte précisions et explications


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Retenue à la source. L’élargissement suscite l’inquiétude de la profession comptable


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Retenue à la source. L’élargissement au secteur privé fait débat


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Compensation. Le PLF 2026 prévoit une enveloppe de 13,8 MMDH


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PLF 2026 : une enveloppe de 20 MMDH promise pour renforcer le développement territorial


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Football. Un coût global de 14,2 MMDH pour quatre des grands stades


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Voici les évolutions des budgets ministériels en 2026 par rapport à 2025


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Budget 2026 : les raisons du renforcement de l'enveloppe de la Défense nationale


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Produits pétroliers : le PLF propose un nouveau report du marquage fiscal à 2028


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PLF 2026. La réforme du régime fiscal des OPCC inquiète les professionnels du Private Equity


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Éducation : le budget 2026 frôle les 100 MMDH, la hausse provient du fonctionnement


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PLF 2026. Le discours de Nadia Fettah devant le Parlement


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PLF2026. Un budget record de 42,4 MMDH pour le ministère de la Santé


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PLF 2026. Voici les mesures fiscales proposées


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PLF 2026. Près de 37.000 nouveaux postes budgétaires créés


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PLF 2026. Les changements des tarifs douaniers proposés


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PLF 2026. L'ensemble des documents du projet de loi de finances


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PLF 2026. Fiscalité : la retenue à la source élargie au secteur privé


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Les grandes orientations du PLF2026 approuvées en Conseil des ministres


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PLF 2026 : voici les principales mesures attendues en politique fiscale et douanière


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