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Dossier Cet article est issu du dossier «Projet de loi de finances 2026 (PLF2026)» Voir tout le sommaire
ECONOMIE

Retenue à la source. L’élargissement suscite l’inquiétude de la profession comptable

L’élargissement de la retenue à la source au secteur privé suscite des inquiétudes dans la profession comptable. La mesure risque, selon des professionnels, d’alourdir la charge de travail, d’accroître leurs responsabilités et de créer un déséquilibre dans la relation avec leurs clients.

L’élargissement de la RAS au secteur privé suscite des inquiétudes dans la profession comptable.
L’élargissement de la RAS au secteur privé suscite des inquiétudes dans la profession comptable.
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Le 29 octobre 2025 à 18h43 | Modifié 29 octobre 2025 à 19h09

L’élargissement de la retenue à la source (RAS) au secteur privé ne fait pas seulement débat chez les chefs d’entreprises. Il inquiète aussi les cabinets d'expertise comptable.

En effet, au-delà de son intérêt fiscal et budgétaire, la retenue à la source est perçue par des experts-comptables contactés par Médias24 comme un transfert de charge administrative vers leurs cabinets, sans contrepartie.

Une charge de travail conséquente

Chaque extension du champ de la retenue à la source transforme les cabinets en véritables collecteurs d’impôts. À chaque règlement, il faut identifier le bénéficiaire, appliquer le bon taux, effectuer la retenue, la déclarer, et en assurer la traçabilité comptable et fiscale. Ces tâches s’ajoutent aux obligations déjà existantes, notamment les déclarations périodiques, les contrôles de cohérence, etc.

Dans les faits, les professionnels, déjà familiers avec la RAS, prévoient, avec son élargissement, une nette augmentation de la charge de travail. Leurs calendriers seront saturés par une succession d’opérations ponctuelles et hétérogènes. Chaque paiement devient un acte fiscal à part entière, ce qui accentue la pression quotidienne sur les équipes. Le risque d’erreur s’accroît, de même que les besoins en vérification et en suivi.

Le problème est double. D’une part, la charge de travail est conséquente, d’autre part, l’aspect financier lié à cette charge pose question

La plupart des cabinets fonctionnent sur la base d’honoraires forfaitaires négociés annuellement. Les nouvelles obligations imposées par la réforme ne se traduisent pas automatiquement par une revalorisation des tarifs. Les experts-comptables se retrouvent donc à exécuter davantage de travail pour la même rémunération.

Ce que pensent les professionnels

Dans le même sens, Médias24 a sondé des dirigeants de grands cabinets d’expertise comptable de la place.

Pour l’une de nos sources, l’élargissement de la retenue à la source, tel qu’il est prévu dans le projet de loi de finances 2026, risque de générer une charge de travail importante pour les cabinets.

"C’est certain qu’il y aura une charge beaucoup plus conséquente, compte tenu du nombre de fournisseurs pour lesquels il faudra demander les attestations de régularité, opérer la retenue à la source sur la TVA à 75% ou à 100%, ajouter à cela la RAS sur l’IR ou l’IS, les déclarations mensuelles des RAS avec la liste des fournisseurs concernés pour chaque impôt, les attestations de RAS à délivrer aux clients pour leur permettre l’imputation et, enfin, les déclarations mensuelles de paiement. Donc, il y aura une charge de travail supplémentaire", souligne notre source.

Quant aux coûts supplémentaires que cette surcharge impliquera, notre interlocuteur estime qu’ils seront difficilement absorbés par les clients. "Cette charge de travail va générer un coût que beaucoup de clients auront du mal à accepter".

Même son de cloche auprès d'une autre source, qui estime que l’élargissement de la retenue à la source ne se traduira pas uniquement par une hausse du volume de travail, mais aussi par une responsabilité accrue pour les cabinets comme pour l’administration fiscale.

"Cet élargissement ne va pas seulement générer du travail supplémentaire, il va aussi alourdir la responsabilité des intervenants. Il faudra gérer un plus grand nombre d’opérations, de justificatifs et de contrôles, avec un risque accru d’erreurs ou d’omissions", explique-t-il.

Par ailleurs, notre interlocuteur considère qu’une évaluation préalable de l’impact de l’élargissement de la retenue à la source s’impose, afin d’en mesurer les effets réels sur les entreprises et l’administration fiscale.

"Il faut d’abord procéder à une évaluation et à une étude d’impact. Si le champ de la RAS est élargi, cela va inévitablement augmenter la charge de travail de la DGI, qui devra traiter davantage de dossiers de remboursement et de contentieux. Aujourd’hui, avec la disponibilité des données et les progrès de la digitalisation, on pourrait envisager de mettre fin à la RAS et de revenir à un système déclaratif généralisé", conclut-il.

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Le 29 octobre 2025 à 18h43
SOMMAIRE DU DOSSIER
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Projet de loi de finances 2026 : la version finale du texte (Document)


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Adoption finale du PLF 2026 au Parlement


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Le PLF 2026 adopté à la Chambre des conseillers


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La première partie du PLF 2026 adoptée à la Chambre des conseillers


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PLF 2026 : la première partie adoptée en commission à la Chambre des conseillers


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Un amendement de la retenue à la source attendu à la Chambre des conseillers


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La Chambre des représentants adopte à la majorité le PLF 2026


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Adoption en commission de la 1re partie du PLF 2026


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Financements innovants. Lekjaa apporte précisions et explications


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Retenue à la source. L’élargissement suscite l’inquiétude de la profession comptable


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Retenue à la source. L’élargissement au secteur privé fait débat


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Compensation. Le PLF 2026 prévoit une enveloppe de 13,8 MMDH


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PLF 2026 : une enveloppe de 20 MMDH promise pour renforcer le développement territorial


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Football. Un coût global de 14,2 MMDH pour quatre des grands stades


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Voici les évolutions des budgets ministériels en 2026 par rapport à 2025


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Budget 2026 : les raisons du renforcement de l'enveloppe de la Défense nationale


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Produits pétroliers : le PLF propose un nouveau report du marquage fiscal à 2028


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PLF 2026. La réforme du régime fiscal des OPCC inquiète les professionnels du Private Equity


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Éducation : le budget 2026 frôle les 100 MMDH, la hausse provient du fonctionnement


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PLF 2026. Le discours de Nadia Fettah devant le Parlement


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PLF2026. Un budget record de 42,4 MMDH pour le ministère de la Santé


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PLF 2026. Voici les mesures fiscales proposées


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PLF 2026. Près de 37.000 nouveaux postes budgétaires créés


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PLF 2026. Les changements des tarifs douaniers proposés


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PLF 2026. L'ensemble des documents du projet de loi de finances


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PLF 2026. Fiscalité : la retenue à la source élargie au secteur privé


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Les grandes orientations du PLF2026 approuvées en Conseil des ministres


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PLF 2026 : voici les principales mesures attendues en politique fiscale et douanière


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