Après trois années consécutives de hausse, soit six semestres dans le vert, la Bourse de Casablanca a marqué une pause au premier semestre 2026. L'indice MASI a reculé de 3,34% entre janvier et juin, mettant fin à un cycle exceptionnel qui avait porté le marché à des niveaux de valorisation historiquement élevés.
Cette correction n'a toutefois rien d'une surprise. Depuis plusieurs mois, la plupart des professionnels de la place anticipaient une phase de normalisation après trois années d'euphorie boursière. Les valorisations s'étaient fortement tendues, les prises de bénéfices devenaient inévitables et plusieurs opérations sur le marché des capitaux avaient temporairement asséché la liquidité disponible pour les actions.
Les analystes soulignent ainsi que le marché était entré dans une phase de correction bien avant les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La guerre entre Israël et l'Iran est venue amplifier un mouvement déjà engagé, sans en être l'élément déclencheur.
Le semestre a également confirmé une forte rotation sectorielle. Alors que les valeurs minières ont largement dominé la cote, soutenues par le cycle haussier des métaux, plusieurs secteurs qui avaient fortement progressé au cours des années précédentes ont subi des prises de bénéfices marquées.
Malgré cette correction, les fondamentaux macroéconomiques du Maroc sont jugés favorables par les professionnels, qui continuent d'anticiper une trajectoire de fond positive pour le marché à moyen terme, portée notamment par les grands chantiers d'investissement, une croissance économique solide et des perspectives bénéficiaires toujours bien orientées pour de nombreuses sociétés cotées.
Dans ce contexte, voici le bilan du premier semestre de l'année 2026.
Les minières, grandes gagnantes du semestre
Les valeurs minières se sont imposées comme les principaux moteurs de la cote. Profitant du maintien des cours élevés de plusieurs métaux sur les marchés internationaux, le secteur a concentré une part importante des flux des investisseurs et signé les meilleures performances de la Bourse de Casablanca.
Cette dynamique a été portée à la fois par un environnement international favorable et par les perspectives de croissance annoncées par plusieurs opérateurs, notamment à travers leurs programmes d'investissement et le développement de nouveaux projets miniers. C'est notamment le cas de Managem qui a augmenté de plus de 110% et qui a annoncé une belle feuille de route.

La correction a concerné la grande majorité de la cote. Seules 18 valeurs ont terminé le premier semestre en hausse.

Seuls quatre secteurs terminent le semestre dans le vert
Sur les 23 indices sectoriels de la Bourse de Casablanca, quatre seulement ont terminé le premier semestre dans le vert. Le secteur des mines s'est très largement distingué, enregistrant de loin la meilleure performance de la cote. Il est suivi des assurances, des logiciels et services informatiques, puis de l'agroalimentaire, les trois autres secteurs ayant clôturé la période en territoire positif.

Les échanges restent concentrés sur quelques grandes capitalisations
Avec près de 49,6 milliards de dirhams échangés au cours des six premiers mois de l'année, l'activité boursière reste soutenue malgré la correction du marché. Les transactions sont toutefois fortement concentrées sur un nombre limité de valeurs, principalement les grandes capitalisations des secteurs bancaire, minier, BTP et télécoms. À elles seules, les dix valeurs les plus échangées représentent près de 60% des volumes réalisés sur le marché central.

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Les classements présentés privilégient les valeurs ayant enregistré un niveau de liquidité significatif au cours du semestre.
