Subvention à l’importation des moutons : Talbi Alami dément les chiffres avancés et appelle ceux qui ont des suspicions sur l'opération à saisir la justice
Dans l'affaire des subventions à l'importation des moutons, la première réponse aux déclarations de Baraka et Mezzour est politique. Elle vient de Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique du RNI. Il réfute les chiffres avancés par les deux ministres de l'Istiqlal et appelle à saisir la justice pour toute suspicion de mauvaise gestion des fonds publics.
Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique du RNI et président de la Chambre des représentants, était l'invité de la Fondation Lafqui Titouani.
La première question qui lui a été adressée concernait l'affaire des "18 spéculateurs et des 13 milliards de centimes" évoquée par Nizar Baraka et Ryad Mezzour.
"Des moutons importés à 500 DH ou 1000 DH revendus à 4000 et 4500 DH aux citoyens, ce qui a permis à ces opérateurs de réaliser d'importantes marges non éthiques", résume notre confrère Maria Moukrim.
À ce titre, le montant en question varie selon les versions. Dans cet échange, Maria Moukrim avance un montant de 1300 milliards de centimes correspondant à 1,3 MMDH. Dans d'autres versions, il est question de 13 milliards de centimes, soit 130 MDH.
Pour Rachid Talbi Alami, tous ces chiffres sont faux.
"Le nombre d'importateurs est de 100, pas 18. Le montant qui a été versé du budget de l'État, documents à l'appui, est de 300 MDH", affirme-t-il.
Médias24 a consacré un article à ce sujet où nous avions révélé le nombre d'importateurs éligibles à l'aide à l'importation du cheptel, qui est effectivement de 100, ainsi que la liste détaillée de ces opérateurs.
Commentant la sortie de Baraka, Talbi Alami estime que "c'est une déclaration d'un chef de parti et non d'un ministre, car il était dans un meeting partisan". Et d'ajaouter, "peut-être que les données dont dispose M. Baraka l'a poussé à faire ces déclarations".
Talbi Alami est également revenu sur le contexte de mise en place de cette mesure et son impact ainsi que l'objectif recherché par le gouvernement.
L'exécutif cherchait des solutions pour contenir la flambée des prix du bétail et garantir aux classes moyennes et modestes des moutons à des prix abordables. Pour Talbi Alami, nous ne pouvons dissocier cette mesure de son contexte, sinon "chacun peut en faire l'interprétation qu'il veut".
"Et il n'y a pas une personne qui peut acheter, dans n'importe quel pays au monde, un mouton à 500 DH", poursuit-il.
Donc, pour le membre du bureau politique du RNI : "les 300 MDH ont servi à maintenir les prix d'un mouton dans des niveaux de 4000 à 4500 Dh". "C'était cela l'objectif, et il a été atteint".
Le président de la Chambre des représentants a également été interpelé sur le rôle du parlement dans le contrôle de l'usage fait des deniers publics.
Il révèle que "des présidents de groupes parlementaires ont soumis des demandes pour créer des missions exploratoires au sein de la Commission des secteurs productifs". "Le parlement fait son travail", affirme-t-il.
En dehors de l'institution du parlement, "toute personne, quelle qu'elle soit, lésée par cette opération, ou qui a la conviction ou l'impression qu'il y a des détournements ou mauvaise gestion, peut s'adresser à la justice".
"J'ai lu des informations contradictoires sur l'ouverture d'une enquête, je dis que quelqu'un s'adresse à la justice. Il n'y a pas mieux que la justice pour trancher. Parce que nous tous, nous faisons de la politique. Je suis de la majorité, donc ma lecture est orientée vers l'angle positif. Une personne de l'opposition fera une lecture avec un angle négatif. On restera toujours opposé".
"S'il y a une impression de dilapidation des deniers publics, il ne faut ni le confirmer ni l'infirmer. Il faut se tourner vers la justice et clore le débat", conclut Talbi Alami.
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