La Fondation Lafqui Titouani, nouveau forum des débats politiques
FOCUS. La Fondation Lafqui Titouani se démarque de plus en plus par sa forte contribution au débat politique au Maroc, notamment en recevant les leaders de partis politiques. Médias24 est allé à la rencontre de son président, Boubker Titouani.
La Fondation Lafqui Titouani a été créée en 2010 par la famille du défunt Lafqui Titouani, un Aalem marocain de la période du protectorat qui fut l’un des fondateurs du mouvement national, au début des années 1930.
A quelques mètres du lycée qui porte son nom, à Salé, nous nous sommes rendus au siège de la fondation. Nous y avons rencontré son président, Boubker Titouani, fils du défunt. Il nous en a raconté la genèse et les ressorts de la réussite.
Un forum d’idées politiques
La Fondation Lafqui Titouani est un forum d’idées politiques ouvert à toutes les sensibilités. Si elle remplit aussi bien sa mission, c’est parce qu’elle jouit de la confiance et du respect de l’ensemble des acteurs politiques, affirme Boubker Titouani.
La fondation s’engage à rester politiquement neutre. Elle se tient à équidistance de tous les partis, tout en prônant le multipartisme. C’est cela qui, selon son président, lui confère une certaine crédibilité et lui permet de recevoir tous les courants de l’échelon politique marocain.
Son intérêt pour la politique, Boubker Titouani l’a certes développé auprès de son père, mais aussi grâce à sa carrière professionnelle. Il a en effet été directeur du Parlement au cours des 25 dernières années. Une fonction qui, il en est certain, a contribué à forger la confiance des principaux leaders des partis politiques.
La politique autrement
Si la Fondation Lafqui Titouani existe depuis plus de dix ans, c’est seulement depuis deux ans qu’elle s’est fait un nom auprès du grand public, en s’orientant vers la promotion du débat public sur les sujets d’actualité, nous explique Boubker Titouani.
Le dernier programme en date que la Fondation a lancé, baptisé « La Politique autrement », vise à « transiter de la politique classique à la politique pragmatique ».
« Notre but est de changer la pratique et la perception que les gens ont de la politique, afin qu’elle soit liée à des programmes d’action, à des données claires et précises, et centrée sur les résultats », précise Boubker Titouani.
Le point de départ a été un programme de débats politiques, « Rencontres du ramadan », organisé quelques mois avant les dernières élections législatives. Boubker Titouani explique que l’objectif était d’inciter les partis à s’éloigner du débat antagoniste centré sur les individus, pour l’orienter vers le contenu des programmes et thématiques qui touchent le citoyen dans sa vie quotidienne.
S’en est suivi un autre programme, « Regards croisés ». Il a été l’occasion d’inviter différents partis politiques pour débattre d’un sujet donné. La Fondation Lafqui Titouani a notamment organisé une rencontre entre les chefs de partis de gauche. Objet du débat : la renaissance de la gauche et de son idéologie.
Les autres dimensions de la fondation
Boubker Titouani ne veut pas, cependant, que sa fondation soit réduite à ces débats relatifs aux partis politiques. Depuis sa création, elle a en effet mené de nombreuses actions axées sur plusieurs domaines, notamment la cause nationale, les jeunes, les femmes et la démocratie participative.
Elle a d’abord commencé par promouvoir la marocanité du Sahara en organisant des conférences et en formant une cinquantaine d’associations aux aspects historiques, juridiques et culturels, afin que la société civile soit munie de l’argumentaire nécessaire pour défendre la cause nationale, poursuit Boubker Titouani.
L’intérêt de ses activités a ensuite été porté sur les jeunes dans les domaines de l’entrepreneuriat, de la créativité et du développement personnel, principalement par le biais d’ateliers. Un Forum des jeunes créatifs est d’ailleurs organisé chaque année. La dernière édition, qui s’est tenue récemment, a porté sur la publication digitale.
Boubker Titouani prépare également un programme de formation destiné aux jeunes et à la société civile, axé sur l’évaluation des politiques publiques, en partenariat avec le ministère des Relations avec le Parlement.
Son autre cheval de bataille est la promotion de la démocratie participative qui, estime-t-il, doit jouer son rôle, en particulier au niveau territorial. Des outils comme les pétitions ne sont pas encore familiers du grand public. C’est la raison pour laquelle sa fondation a publié un guide à cet effet, à destination de la société civile.
« La notoriété de la Fondation doit être à la hauteur du nom qu’elle porte »
Lorsqu’il parle de son père, Boubker Titouani décrit une personnalité à plusieurs dimensions. Il se souvient de leur domicile qui accueillait des figures représentant tous les courants de la mouvance nationale, à tel point qu’elle en devint un agora des idées et des pensées de l’époque.
Elle se convertit également en un centre de savoir et de dialogue sur les questions scientifiques et de jurisprudence islamique. Des oulémas, professeurs et étudiants de tout le Maroc et d’autres pays arabes et islamiques, venaient y débattre.
Lafqui Titouani faisait partie de ces oulémas ouverts d’esprit, acceptant de débattre de toutes les idées. Il était également un fervent défenseur de la pensée libre et des droits des femmes.
Boubker Titouani, ayant grandi dans un milieu conservateur mais ouvert au dialogue, au respect et au débat, a voulu perpétuer ces valeurs au sein de la fondation. Son siège actuel n’est autre que l’ancienne maison de Boubker Titouani à Salé. Il l’a équipée pour pouvoir accueillir les activités de la fondation. Les photos et illustrations de Lafqui Titouani sont partout, comme pour rappeler son héritage.
Plus intéressant encore, l’importante bibliothèque composée d’anciens livres appartenant à Lafqui Titouani. Avant de décéder, ce dernier avait formulé le souhait de les rendre accessibles au plus grand nombre. Un vœu que son fils a exaucé en les mettant à disposition des étudiants et chercheurs au siège de la fondation.
En autofinancement jusqu’en 2016
Boubker Titouani assure que jusqu’en 2016, la fondation a été entièrement financée par lui-même et ses frères. Cela ne les a pas empêchés d’organiser une bonne centaine d’activités, même s’il leur fallait parfois louer des salles à plus de 10.000 dirhams. Boubker Titouani n’hésitait pas à piocher dans son propre argent lorsqu’il le fallait.
A partir de 2016, la fondation a commencé à recevoir des subventions annuelles de 50.000 dirhams du ministère de la Culture pour ses activités au profit des jeunes. Un financement du même ordre a été conclu par la suite avec le ministère des Relations avec le Parlement pour le programme concernant la démocratie participative. La commune y contribue également à travers un apport de 50.000 dirhams, en plus de mettre à la disposition de la fondation une salle pour les grands évènements.
Outre ces ressources publiques, la fondation compte sur l’apport des membres de la famille Titouani, ainsi que sur quelques mécènes, assure Boubker Titouani.
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le samedi 18 juillet 2026
Les températures resteront élevées samedi dans plusieurs régions du Royaume, où elles pourront atteindre 44 °C à Aousserd, annonce la Direction générale de la météorologie.
Article : OCP Nutricrops cède 50% de Jorf Fertilizers Company I à Koch pour créer une joint-venture
Koch Ag & Energy Solutions (Koch) et OCP Nutricrops S.A. (OCP) ont signé un accord prévoyant l’investissement de Koch dans la société Jorf Fertilizers Company I (JFC I), filiale d’OCP Nutricrops. Dès sa finalisation, cette transaction donnera lieu à la création d’une joint-venture opérationnelle à parts égales (50/50) entre Koch et OCP.
Article : Garrigues nomme Jaafar Laidi associé responsable de son bureau de Casablanca
Garrigues annonce la nomination de Jaafar Laidi en qualité d'associé responsable de son bureau de Casablanca. Il succède à José Ignacio García Muniozguren, qui quitte cette fonction après avoir dirigé le bureau depuis sa création il y a près de vingt ans.
Article : L’ANCFCC confie la protection de ses données à Dataprotect
L'Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie a attribué, le jeudi 16 juillet, un marché de 3,17 millions de DH portant sur l’extension de son dispositif contre les fuites d’informations. Cette opération intervient un an après les allégations de cyberattaque du groupe Jabaroot, qui affirmait avoir dérobé quatre téraoctets de documents sensibles.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI recule de 1,18%
La Bourse de Casablanca clôture la séance du 17 juillet en baisse. Le MASI cède 1,18% à 17.578,83 points, dans un volume de 184,68 MDH.
Article : Inondations : le dispositif national monte en vigilance
Réuni à Rabat à l’approche des orages estivaux, le Comité chargé du suivi des crues a fait le point sur l’Atlas des zones inondables, la généralisation des systèmes d’alerte et la coordination des secours dans les régions.