Un fort engouement attendu autour des aides au logement

| Le 5/1/2024 à 17:31
Si le secteur s'attend à un véritable engouement, la faisabilité technique de certains projets, notamment les biens à moins de 300.000 dirhams dans les villes, laisse place au doute. Pour les professionnels, toutes les parties prenantes doivent consentir des efforts pour la réussite du programme.

Très attendu, le programme d’aide au logement a démarré le 2 janvier. Il permettra aux personnes bénéficiaires de recevoir une aide étatique en vue d’acquérir leur futur logement.

Pour rappel, les montants de l’aide directe seront répartis à hauteur de 100.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est inférieur ou égal à 300.000 DH TTC, et à 70.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est compris entre 300.000 DH TTC et 700.000 DH TTC.

De plus, le décret qui énonce les modalités d’octroi impose aux futurs bénéficiaires d’être de nationalité marocaine, de n’avoir bénéficié d’aucun avantage accordé par l’État en matière de logement et de ne pas être propriétaire à la date d’acquisition d’un bien immobilier destiné au logement.

Les professionnels s'attendent à un véritable engouement

Actuellement, toute personne désireuse de bénéficier de cette aide peut s’enregistrer sur une plateforme dédiée. Muni du permis d’habiter du promoteur et de son numéro de CIN, le candidat remplira le document en ligne. Une réponse sera envoyée par le ministère sous sept jours.

Médias24 a pu obtenir les premiers chiffres auprès du ministère de l’Habitat. Il s’avère que, depuis l’ouverture du programme des aides aux logements jusqu’au vendredi 5 janvier à midi, un total de 7.961 inscrits a été recensé dans le pays. Le quart est constitué de MRE.

Un peu plus des deux tiers des demandes [68%, ndlr] concernent des aides pour des acquisitions de biens de moins de 300.000 DH. 32% des demandes sont orientées sur des biens d'un montant compris entre 300.000 et 700.000 DH.

Interrogé peu avant l’obtention de ces chiffres, un acteur du secteur assure que "l’engouement sera énorme. Les gens attendaient cela, donc une forte demande est prévue. Pour les conventions qui ont été signées dans le cadre des appartements à 250.000 DH, il y a encore du stock. Des logements sont donc déjà prêts pour les personnes éligibles à ce programme d’aide".

Au-delà de ce programme national, notre interlocuteur rappelle que la demande sera également soutenue par d’autres programmes. C’est le cas de ‘Villes sans bidonvilles’. "La ville de Casablanca est en train de se préparer pour éradiquer les bidonvilles dans le cadre du programme ‘Villes sans bidonvilles’. Un recensement a été effectué, et 62.000 ménages ont été enregistrés". Pour rappel, les promoteurs doivent s’engager à livrer les logements dans un délai maximal de 24 mois à partir de la date de signature de la convention.

Concernant le programme national d’aide au logement, se pose désormais la question de la réalisation conformément aux critères.

Un effort collectif s’impose dans les grandes villes

La faisabilité du projet est au cœur des discussions. Car si l’engouement est là, reste à savoir si les professionnels pourront respecter les critères tout en couvrant leurs frais.

"Le plus important est que le programme réussisse. Les promoteurs immobiliers ont une sorte de crainte quant à la faisabilité des logements à 300.000 DH dans les grandes villes, étant donné le prix du foncier et la cherté des matériaux de construction. Ailleurs, cela sera réalisable", indique notre interlocuteur.

Pour notre interlocuteur, la faisabilité pourrait être facilitée par un effort collectif de la part de l’ensemble des parties prenantes. "Dans les grandes villes, le plus important, c’est que tout le monde mette la main à la pâte. Il faut que des efforts soient consentis de la part des banques pour l’octroi des prêts et les taux d’intérêt. Il faudrait, uniquement concernant ces produits-là, que la conservation foncière fournisse un effort sur les droits à payer pour l’éclatement des titres, etc. Le but étant de tirer le prix de revient vers le bas pour que l’on puisse réaliser des logements qui répondent aux attentes", explique notre source.

Récemment, Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Habitat, et le président du Conseil national de l'Ordre des notaires du Maroc, Hicham Sabiry, ont signé une convention qui durera tout le long du processus d’octroi des aides au logement sur la période 2024-2028. Celle-ci permettra l’application d’une tarification globale des notaires n’excédant pas 2.500 DH TTC, au lieu d’environ 6.000 DH TTC, soulignant que ce montant englobe les honoraires du notaire, ainsi que les frais de dossier, incluant l’ensemble du processus, depuis l’établissement du compromis de vente jusqu’à l’obtention du certificat de propriété, en dehors des frais de l’Etat, et ce, en faveur des citoyens désireux d’acquérir un logement dont le prix de vente est inférieur ou égal à 300.000 DH TTC.

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