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Transport par bus à Marrakech : le marché est relancé après révision du cahier des charges

L'appel d'offre relatif au contrat de gestion déléguée pour l'exploitation du service de transport par bus sur le territoire du groupement des collectivités territoriales "Marrakech transport" est relancé. Plusieurs changements ont été apportés au cahiers des charges. Voici le détail des modifications.

Transport par bus à Marrakech : le marché est relancé après révision du cahier des charges

Le 20 août 2022 à 8h51

Modifié 20 août 2022 à 8h51

L'appel d'offre relatif au contrat de gestion déléguée pour l'exploitation du service de transport par bus sur le territoire du groupement des collectivités territoriales "Marrakech transport" est relancé. Plusieurs changements ont été apportés au cahiers des charges. Voici le détail des modifications.

  • Le marché est lancé à nouveau après avoir été déclaré infructueux le 15 juin dernier
  • Les changements apportés vise à rendre le marché plus attractif et plus pérenne
  • Les modifications ont concerné, entre autre, le niveau d’investissement, la grille tarifaire pour le réseau périurbain, la taille de la flotte

Le marché est relancé ce 18 août après que le précédent ait été déclaré infructueux le 15 juin dernier.

Ce n’est pas la première modification que subit le cahier des charges relatif à ce marché convoité et très attendu. Les conditions exigées dans le cadre du contrat de gestion déléguée du transport par bus à Marrakech ont été modifiées à maintes reprises et pour diverses raisons depuis 2018, date à laquelle le contrat en vigueur est arrivé à échéance.

Depuis cette année, c’est la société Alsa l’ancien délégataire qui voit son contrat prorogé en attendant l’aboutissement du marché, non sans polémiques.

Ce dernier changement dans le cahier des charges est, selon nos informations, motivé par la nécessité de concilier les exigences opérationnelles et techniques avec le volet financier.

« Les modifications sur le dossier de consultation pour le transport ont été apportées aux fins de rendre celui-ci plus attractif et plus pérenne », nous confie une source à la SDL Bus City Motajadida chargée de l’accompagnement du Groupement « Marrakech transport » sur ce dossier.

Notre source résume les changements en quatre principaux points :

– « Revoir à la baisse le niveau d’investissement sans pour autant dégrader la desserte ni le service offert.

– « Intégrer un terrain pour le futur centre de maintenance assuré par le délégant, considération faite des difficultés rencontrées par les concurrents pour trouver un foncier apte à recevoir la construction du dépôt.

– « Intégrer une augmentation tarifaire pour le réseau périurbain tout en offrant la correspondance gratuite entre le réseau périurbain et urbain.

– « Redimensionnement du parc roulant en augmentant la part des bus susceptibles d’être produit au Maroc aux fins de favoriser l’intégration locale

Les changements apportés font écho aux explications qui nous ont été précédemment données par Alsa sur les raisons du rejet de leur offre. « Nous savions qu’il y avait des risques que ce soit le cas. La raison est très simple : nous avons soumis une offre qui répondait exactement au cahier des charges mais qui, sur le plan financier, n’était pas viable« , expliquait à Médias24 une source autorisée à Alsa.

Notre source précisait que « les hauts volumes d’investissement, les risques du marché et le niveau bas des tarifs, ne permettait pas de trouver un équilibre financier pour viabiliser le projet ». L’opérateur devait investir plusieurs centaines de millions de dirhams, mais suite aux restrictions imposées par les exigences du contrat, il aurait dégagé un résultat négatif de plusieurs millions de dirhams par an, pendant les quinze années du contrat.

Le comparatif entre les deux cahiers des charges

De ce qui précède, nous retenons que le régime financier du contrat est la partie qui a subi les principales retouches. On y présente ici quelques points principaux.

>> Participation du délégant à l’acquisition du matériel roulant :

Le montant de la participation du Groupement des collectivités Marrakech Transport a été revu à la hausse, passant de 360 MDH à 382 MDH.

Initialement cette contribution du groupement devait permettre de participer à l’effort global d’investissement et il était demandé au concurrent de l’éclater dans son offre selon le type d’investissement incluant divers éléments dont notamment le matériel roulant, le centre de maintenance, les abris voyageurs, les équipements,…

Dans la nouvelle version du cahier des charges, la participation des 382 MDH est exclusivement réservée à l’acquisition du matériel roulant nécessaire au fonctionnement du futur réseau restructuré. Elle doit être éclatée par le concurrent dans son offre selon le type du matériel à acquérir.

De plus, le versement de cette participation est conditionné par la disponibilisation par les actionnaires du délégataire d’une équité financière en fonds propres à hauteur de 10% de l’investissement présenté par l’exploitant.

>> la rémunération de l’exploitant :

En plus des recettes et indemnités forfaitaires applicables en cas de fraudes et les recettes publicitaires, accordées dans le précédent cahier des charges, l’exploitant se voit accorder « le droit de percevoir les recettes générées par les activités connexes accordées par le délégant ».

>> Les tarifs des billets

Comme indiqué par notre source, les articles relatifs au tarif ont subi des ajustements. Un alinéa a été ajouté à l’article 37.2 introduisant une hausse de 10% des tarifs des liaisons périurbaines conditionnée par la mise en place du réseau restructuré, comme suit :

  • pour les tarifs de 4 DH à 10 DH : le tarif sera augmenté de 1 DH.
  • pour les tarifs de 11 DH à 15 DH : le tarif sera augmenté de 1,5 DH.
  • pour les tarifs au-delà de 16 DH : le tarif sera augmenté de 2 DH.

>> L’investissement consenti par l’exploitant

L’exploitant est tenu d’intégrer dans son plan financier une équité financière en fonds propres à minima 10% de l’investissement présenté par ses soins. Il doit également préciser les mécanismes de financement adoptés dans son offre ainsi que les charges financières qui en découlent.

Selon les documents des deux marchés, la flotte a été revue à la baisse. Dans la première phase du contrat, le nombre des bus exigés passe de 382 à  324 bus. Dans la seconde phase, le nombre de bus passe de 411 à 353.

Cela dit, en analysant la nature du matériel roulant, on remarque que le nombre a baissé mais que le nouveau cahier des charges privilégie des bus de grande longueur.

A titre d’exemple, ci-dessous les tableaux détaillés du matériel roulant demandé pour la phase 1 du contrat dans les deux appel d’offres :

Le nouveau règlement de consultation  :

Le précédent règlement de consultation :

 

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