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Akhannouch communique les premiers résultats de la concertation sur la réforme de l’éducation

Aziz Akhannouch a exposé au Parlement les orientations de son gouvernement relatives à la réforme de l'éducation, ainsi que les principaux chantiers engagés sur ce volet.

Akhannouch communique les premiers résultats de la concertation sur la réforme de l’éducation

Le 5 juillet 2022 à 19h54

Modifié 6 juillet 2022 à 15h49

Aziz Akhannouch a exposé au Parlement les orientations de son gouvernement relatives à la réforme de l'éducation, ainsi que les principaux chantiers engagés sur ce volet.

Le processus de concertation que mène le ministère de l’Education nationale, du préscolaire et des sports est en cours avec les principaux acteurs du secteur dans les différentes provinces du Maroc. Le chef du gouvernement en a présenté les premières remontées, ainsi que les principales orientations de la feuille de route qui s’en dégage, lors du grand oral à la Chambre des conseillers, ce mardi 5 juillet.

Ainsi, les élèves veulent que l’école soit un espace d’apprentissage muni de tous les équipements d’enseignement et de divertissement tels que bibliothèques, espaces de lectures, théâtres, terrains de sport, etc.

Tandis que les enseignants ont exprimé la volonté que l’école puisse constituer un espace de dialogue et d’expression, car les enfants exigent de l’enseignant plus d’innovation et de créativité. Quant aux parents, ils souhaitent que l’école remplisse à nouveau son rôle fondamental dans la société en regagnant la confiance des Marocains.

La feuille de route, qui se base sur le triptyque élève-enseignant-établissement, s’est donc donné comme objectif :

– de réduire le décrochage scolaire à raison du tiers, chaque année ;

– d’améliorer la maîtrise par les élèves des compétences fondamentales (acquis et apprentissages) à 70% au lieu de 30% actuellement ;

– de doubler la part des élèves bénéficiaires des activités parascolaires dans les écoles, qui ne dépasse pas actuellement 25% des effectifs.

L’élève

Dans l’axe qui concerne l’élève, la feuille de route vise à garantir les apprentissages fondamentaux. Ceci passe par la définition des objectifs d’apprentissage en établissant un cadre référentiel pour chaque niveau scolaire. Cette mesure permettra aux acteurs de suivre l’acquisition des compétences à la fin de chaque année, et de repérer les échecs pour proposer les solutions de remédiation.

Pour permettre à chaque élève de concrétiser ses aspirations, la feuille de route lui donnera le choix entre différents parcours et alternatives, et ce dès le collège. L’objectif est de lui permettre de s’intégrer dans les parcours professionnels. Cela passe par l’introduction des conseillers d’orientation dès la fin du primaire et par la détection des causes de l’échec scolaire plus tôt, pour pouvoir intervenir au bon moment.

L’autre volet d’intervention sera l’augmentation des mécanismes d’aide sociale dans les écoles, par exemple en améliorant les services de transport scolaire, les cantines, les internats, etc. Ceci passe également par l’amélioration de la gestion et du financement.

L’enseignant

Ensuite, pour l’enseignant, il s’agira de garantir une formation fondamentale et continue de qualité pour assurer une montée en niveau des enseignants. Cet objectif passe par l’amélioration de la qualité de la licence en éducation pour en faire le parcours privilégié pour les étudiants qui aspirent à exercer le métier d’enseignant.

La feuille de route vise également à augmenter l’attractivité de la profession et à créer une situation plus confortable pour les enseignants en assurant un environnement de travail favorable, fondé sur la récompense de leur engagement.

L’autre chantier principal est la construction d’un nouveau statut pour les enseignants et le corps pédagogique, dans le cadre du dialogue social. Celui-ci vise à garantir une cohérence et une homogénéité entre les différentes situations professionnelles dans le secteur de l’éducation.

Ce nouveau statut repose également sur la création de nouvelles opportunités de progression professionnelle pour les enseignants permettant d’améliorer leur situation. Toutefois, dans l’esprit des politiques orientées résultats, cela est conditionné par leur degré d’engagement envers les élèves.

D’autre part, le rôle des inspecteurs sera élargi pour couvrir l’encadrement, l’accompagnement et le contrôle de qualité en plus du rôle actuel de l’évaluation.

Le gouvernement s’est déjà engagé dans plusieurs mesures, dont le contrat-programme pour la formation des enseignants du cycle du primaire et du secondaire à l’horizon de 2025, à partir de l’année scolaire 2022-2023. Une enveloppe de 4 milliards de dirhams a été accordée à ce projet sur cinq ans.

Lire sur ce sujet : 4 MMDH dédiés à la formation des enseignants

Cette stratégie permettra de multiplier le nombre d’étudiants inscrits dans les parcours de licence de l’éducation par cinq pour atteindre, à l’horizon de l’année scolaire 2026-2027, plus de 50.000 étudiants au lieu de 9.000 actuellement. L’objectif est que 80% des nouveaux enseignants du primaire et du secondaire soient intégrés dans ce parcours.

D’autre part, les programmes scolaires seront améliorés en renforçant l’utilisation des outils numériques, et en fournissant les guides pédagogiques et un arsenal didactique riche et adéquat.

L’établissement

Concernant l’axe relatif aux établissements scolaires, plusieurs leviers vont être activés. L’objectif est de renforcer leur indépendance pour leur permettre une gestion plus efficace.

Ceci passe par :

– l’augmentation de l’investissement ;

– l’encouragement de l’externalisation des services qui n’entrent pas dans le cœur de métier de l’école ;

– l’amélioration des conditions logistiques dans les établissements ;

– l’institution d’une équipe pédagogique qui travaille en harmonie avec le directeur et qui a la mission du pilotage pédagogique, et le dialogue éducatif au sein de l’établissement ;

– la multiplication des activités parascolaires en faveur des élèves, comme le soutien scolaire, le sport, la lecture, les langues, le théâtre, la musique, en mobilisant les acteurs dans l’environnement local de l’établissement et en encourageant le volontarisme éducatif.

La lutte contre le décrochage scolaire

Le décrochage scolaire est l’un des principaux maux de l’école publique marocaine puisque, selon les chiffres officiels, 300.000 élèves quittent l’école chaque année. Tandis que 30% seulement des élèves attestent de l’acquisition de compétences ciblées à l’issue du primaire, alors que ce chiffre tombe à 10% pour le collège.

Un programme national de prévention contre le décrochage scolaire, utilisant une approche innovante, a été lancé au profit de 10.000 élèves dans une phase expérimentale ; il devra être généralisée à plus de 100.000 élèves dès 2023.

>>Lire sur ce sujet : Reportage. Dans des écoles publiques, les élèves apprennent en jouant… 

Par ailleurs, 3,7 millions d’élèves ont bénéficié de l’initiative royale « Un million de cartables » lors de l’année scolaire 2021-2022. Tandis que 2,5 millions d’élèves ont bénéficié du programme Tayssir.

L’enseignement préscolaire

Le chantier de la généralisation du préscolaire enregistre encore du retard à cause de la pénurie de salles équipées et de cadres formés, surtout dans le monde rural.

Pour réussir la généralisation du préscolaire à l’horizon 2028 et garantir sa qualité, le gouvernement prévoit de créer 4.000 nouvelles unités chaque année au profit des enfants âgés entre 4 et 6 ans. Il veut également assurer une formation de qualité pour les éducateurs et éducatrices, en mettant en place des mécanismes de gestion déléguée avec les partenaires associatifs.

Dans ce sens, trois conventions ont été signées avec la Fondation marocaine de promotion de l’enseignement préscolaire (FMPS), le ministère de l’Economie et des finances et le ministère de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, pour porter la part des enfants poursuivant l’enseignement préscolaire de 72,5% actuellement à 79% à la fin de l’année 2022.

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