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Rapport sans surprise du FMI sur le Maroc

Le fameux rapport annuel publié au titre de l'article IV a été rendu public . Il confirme les informations qui ont déjà circulé au sujet des échanges entre le Maroc et l'institution internationale.

Rapport sans surprise du FMI sur le Maroc

Le 10 février 2022 à 9h15

Modifié 10 février 2022 à 21h05

Le fameux rapport annuel publié au titre de l'article IV a été rendu public . Il confirme les informations qui ont déjà circulé au sujet des échanges entre le Maroc et l'institution internationale.

Le rapport a été rendu public le mercredi 9 février 2022, dans la soirée. Les discussions avec les responsables marocains sur l'évolution et les politiques économiques se sont achevées le 10 décembre 2021. Le rapport a été établi sur la base des informations disponibles au moment de ces discussions, complétées jusqu'au 11 janvier 2022.

Les chiffres

Le Fonds monétaire international (FMI), à l'instar d'autres institutions internationales, n'établit pas ses propres prévisions pour les pays, mais se fonde sur les données communiquées par ses différents interlocuteurs. C'est pourquoi nous ajouterons, à chaque fois que nécessaire, une mise à jour des chiffres cités.

Dans son lead, le rapport indique : "Grâce à une campagne de vaccination réussie, les cas de Covid-19 ont fortement diminué en 2021 et l'économie marocaine rebondit. L'activité économique a récupéré la majeure partie du terrain perdu avec la grave récession de 2020 et devrait croître de 6,3 % en 2021 [ndlr: la dernière estimation du HCP est de 7,2%]. Parmi les facteurs qui propulsent le rebond figurent la récolte exceptionnelle après deux années de sécheresse, la poursuite des mesures de relance budgétaire et monétaire et le dynamisme persistant des envois de fonds. À l'avenir, la croissance du Maroc devrait rester à environ 3%, en supposant que l'accélération des nouveaux cas au début de 2022 s'avère transitoire et que les effets de la pandémie sur l'activité s'estompent progressivement. Les récentes pressions inflationnistes sont restées gérables et devraient s'estomper en 2022, à mesure que les pressions sur les coûts résultant des perturbations de l'approvisionnement mondial et national se résorberont. Après sa forte contraction en 2020, le déficit du compte courant devrait se creuser en 2021 et à moyen terme, mais le Maroc sort de la pandémie avec une position de réserve internationale beaucoup plus solide."

"Cette performance est due à la poursuite des mesures de relance budgétaire et monétaire, au rebond des exportations, au dynamisme des transferts de fonds [des MRE] et à la récolte exceptionnelle après deux années de sécheresse. Après avoir diminué de 6,3 % en 2020, le PIB devrait avoir augmenté de 6,3 % en 2021 [ndlr: +7,2% dernière estimation HCP], l'une des plus élevées de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Bien qu'il ait récupéré la plupart des emplois perdus en 2020, le taux de chômage de 11,8% [ndlr: 12,3% fin 2021] est toujours supérieur au niveau d'avant la pandémie. Les banques marocaines ont bien résisté à la crise, grâce au soutien rapide et exceptionnel de Bank Al-Maghrib (BAM). La croissance du PIB devrait atteindre environ 3 % en 2022 [ndlr: le chiffre final sera certainement inférieur en raison du fort impact de la sécheresse], la production agricole revenant à des niveaux moyens et l'activité non agricole continuant de se redresser."

"Les récentes pressions inflationnistes sont restées gérables et devraient s'estomper à moyen terme, à mesure que les pressions sur les coûts résultant des perturbations de l'approvisionnement mondial se résorberont. Après la forte contraction de 2020, le déficit du compte courant devrait revenir en 2021 à des niveaux plus proches d'avant la pandémie et se stabiliser autour de 3,5 % du PIB à moyen terme. Bien que ces perspectives restent sujettes à incertitude, une grande partie des risques dépendant de l'évolution de la pandémie, une mise en œuvre rapide et efficace des réformes structurelles devrait accroître la croissance à moyen terme."

L'évaluation du conseil d'administration du FMI :

politique budgétaire, réformes, politique de change, masse salariale, NMD

"(...) Les services du FMI prévoient une croissance du PIB d'environ 3 % au cours des prochaines années, les effets de la pandémie sur l'activité potentielle se résorbant progressivement et s'accélérant progressivement par la suite, sous l'effet positif des réformes structurelles. Ces projections restent soumises à un niveau d'incertitude élevé, lié à la fois à l'évolution de la pandémie et au rythme de mise en œuvre et d'efficacité des réformes. L'augmentation du ratio de la dette publique exigerait une politique budgétaire plus stricte que celle actuellement envisagée.

"Les services du FMI s'attendent à ce que le déficit budgétaire diminue très lentement à moyen terme et que le ratio dette publique/PIB se stabilise à près de 80 %. Si la dette publique reste viable, un processus d'assainissement budgétaire plus rapide qui ramènerait le ratio dette/PIB plus près des niveaux d'avant la pandémie, à moyen terme, rendrait le Maroc moins vulnérable à de nouveaux chocs négatifs et libérerait davantage de ressources pour les investissements du secteur privé.

"La politique budgétaire devrait être ancrée dans un cadre macro-budgétaire crédible à moyen terme et étayée par une réforme globale de la fiscalité et un examen systématique des dépenses publiques, complétés par une réforme de la fonction publique pour contenir l'augmentation de la masse salariale.

"Des déficits budgétaires plus faibles permettraient à la politique monétaire de rester accommodante plus longtemps, en supposant que les pressions inflationnistes restent gérables. La récente hausse de l'inflation est limitée et devrait s'atténuer à mesure que les pressions sur les coûts importés dues aux goulots d'étranglement du côté de l'offre et à la hausse des prix des matières premières deviennent moins pertinentes au fil du temps. Tant que ces pressions ne contaminent pas les anticipations d'inflation intérieure, BAM dispose d'une marge de manœuvre pour une normalisation progressive des conditions de la politique monétaire, mais devrait se tenir prête à durcir sa position si les pressions inflationnistes s'accélèrent davantage.

"L'appréciation récente du dirham vers le bas de la fourchette de taux de change offre une opportunité d'accélérer la transition prévue vers un cadre de ciblage de l'inflation.

"Les services du FMI se félicitent de l'engagement des autorités en faveur d'une nouvelle vague de réformes structurelles. La généralisation du système de protection sociale devrait combler les lacunes existantes dans la couverture et la qualité des services de soins de santé et renforcer le filet de sécurité sociale du Maroc. Conjuguées à la mise en œuvre complète du registre social unifié, ces réformes devraient améliorer l'inclusivité et l'efficacité. La réforme des entreprises publiques devrait réduire leur charge financière sur le budget et éliminer les distorsions qui empêchent la neutralité du marché et entravent le développement du secteur privé. Enfin, le Nouveau Modèle de développement (NMD) contient plusieurs recommandations utiles pour renforcer la compétitivité des entreprises marocaines, améliorer la gouvernance, dynamiser le capital humain et construire une société plus inclusive. Une mise en œuvre prudente des réformes sera essentielle à leur succès.

"Les réformes déjà en cours, et celles suggérées dans le rapport sur le Nouveau Modèle de développement ont le potentiel de générer une trajectoire de croissance plus forte, plus inclusive et durable pour le Maroc. Néanmoins, étant donné les besoins de financement potentiellement importants associés à ces réformes, l'impact incertain sur la production potentielle et l'étroitesse de l'espace budgétaire, une conception et un ordonnancement soigneux sont nécessaires, sur la base d'un plan de financement adéquat et dans un cadre macroéconomique cohérent et stable."

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