DGSN : l'effet de la pandémie sur les tentatives de migration irrégulière en 2020
L’avènement de la pandémie au Maroc a particulièrement fait baisser les tentatives de migration irrégulière durant les six premiers mois de 2020, avant de reprendre de plus belle en octobre, nous explique le commissaire divisionnaire Mohamed Berrada Harazem, dans cette série consacrée à l'évolution de la criminalité depuis 2020.
L’état d’urgence sanitaire, conjugué aux mesures de restrictions de circulation aussi bien au niveau national qu’international, par la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes, a eu un effet stabilisateur sur les flux migratoires, nous apprend Mohamed Berrada Harazem, le chef des Affaires pénales au sein de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), confirmant ainsi une intuition largement répandue.
Nette régression des tentatives de migration irrégulière durant le confinement
"En effet, une nette régression des opérations d’émigration irrégulière, par voie maritime, a été constatée pendant le premier semestre 2020 sur les deux rives, méditerranéenne et atlantique, parallèlement à la suspension totale des opérations d’émigration irrégulière par l’usage de la fraude documentaire, largement expliquée par la fermeture des postes frontaliers", nous explique-t-il.
"L’accalmie de ces deux modes opératoires s’explique aussi par les restrictions des mouvements des migrants subsahariens, qui ont été prises dans les pays de départ et de transit, et par les efforts constants de lutte contre les tentatives de migration irrégulière des services de sécurité marocains".
Sans compter l’impact qu’ont pu avoir les médias sur les candidats qui prévoyaient d’entamer leur périple vers l’Europe, "après avoir visionné des images des victimes du Covid-19, ainsi que sur les réseaux criminels qui ont observé une trêve de leurs opérations face aux restrictions des mouvements", poursuit le commissaire divisionnaire.
La période du confinement allant du 2 mars au 10 juin 2020 a connu une nette régression du nombre de tentatives d’émigration irrégulière, soit une baisse de 89% par rapport à la même période de 2019.
En octobre 2020, 41 réseaux démantelés
De plus, la suspension des trafics aériens, maritimes et terrestres, dans le cadre de la gestion de la crise du Covid-19, a acculé les réseaux de la fraude documentaire à geler leurs activités de faux et usage de faux, pour s’investir dans l’organisation d’opérations de convoyage clandestin via les eaux maritimes.
La période post-confinement a connu le démantèlement de 77 réseaux en seulement cinq mois, dont 41 enregistrés du 1er au 31 octobre 2020, contre 26 durant la même période de 2019.
Selon notre interlocuteur, la période post-confinement a été caractérisée par l’avortement de plusieurs opérations d’émigration irrégulière, pendant le stade de préparation ; ce qui explique le nombre élevé de réseaux démantelés et d'organisateurs arrêtés grâce à l'action anticipative des forces de police menée dans ce cadre.
Entretien avec la DGSN : les nouveaux visages de la criminalité sous le confinement
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