Maroc-France : “De nouvelles collaborations peuvent être envisagées, en réponse aux enjeux mondiaux actuels” (Nadia Fettah)
Lors de son intervention au Forum économique Maroc-France, Nadia Fettah, ministre des Finances, a mis en lumière les progrès économiques et sociaux du pays, et souligné l’importance de la collaboration avec la France pour relever les défis mondiaux.
"Le Maroc, comme vous le savez, connaît une période de progrès économique et sociale significative grâce aux réformes majeures que le Roi a initiées" a souligné Nadia Fettah, lors de son passage. "Celles-ci nous permettent aujourd’hui d’envisager l’avenir de notre nation avec sérénité et de nous projeter non seulement comme l’un des moteurs économiques du continent africain, mais également comme un ambassadeur du co-développement".
"Sur tous les plans, le Maroc a progressé et continue de se transformer, avec une orientation de plus en plus sociale, comme en témoigne le vaste programme de généralisation de la protection sociale initié par le Roi, la réforme en profondeur des allocations familiales avec le lancement des aides sociales directes, ou encore la mise à niveau du secteur de la santé qui mobilisera un volume d’investissement inédit".
"Notre capacité à surmonter les défis mondiaux dépendra de notre niveau de collaboration"
"Dans tous les domaines et tous les secteurs, le Maroc effectue sa mue pour passer le cap de pays à revenu intermédiaire vers celui d’émergent", a-t-elle poursuivi. "Sur le plan économique, nos trajectoires présentent", avec la France, "des similitudes. Nous traversons des périodes de transformation qui exigent de l’innovation, de la créativité et de la collaboration".
"Nous faisons face à des défis mondiaux, comme la transition énergétique, la lutte contre le réchauffement climatique ou encore la mobilité durable. Nos réponses à ces défis détermineront le bien-être des générations futures. Notre capacité à les surmonter dépendra également du niveau de collaboration et du renouveau de notre partenariat commun sur des bases rénovées, équilibrées et mutuellement bénéfiques".
"À cet égard, je tiens à souligner le travail titanesque qui nous attend, aussi bien en France qu’au Maroc, pour réussir ces transformations. Sur un plan plus conjoncturel, nos deux pays se préparent aussi à des événements d’ampleur mondiale, avec les Jeux olympiques 2024 à Paris et la Coupe du monde 2030 au Maroc."
Près de 1.300 filiales de sociétés françaises au Maroc
"De manière plus générale, la présence des entreprises françaises au Maroc est le reflet de notre partenariat solide. Le Maroc accueille presque toutes les entreprises du CAC 40 et près de 1.300 filiales de sociétés françaises, ce qui en fait la première destination des investissements français en Afrique, représentant 20% du total des investissements en capital sur le continent".
"Elles opèrent dans divers secteurs, des télécommunications à l’industrie automobile en passant par les énergies renouvelables", a ajouté la ministre des Finance dans son discours.
"Ces entreprises jouent un rôle crucial dans notre économie et représentent un pont essentiel entre nos deux pays".
1,8 milliard d’euros d’investissements directs marocains en France en 2022
"En retour, la France continue d’être une destination très prisée pour les investissements marocains à l’étranger : le stock des investissements directs marocains en France est passé de 372 millions d’euros à 1,8 milliard d’euros entre 2015 et 2022. Nous pouvons cependant aller beaucoup plus loin".
"En effet, le Maroc et la France peuvent envisager de nouvelles collaborations sur des initiatives économiques axées sur l’avenir, répondant aux enjeux mondiaux actuels. L’une de ces initiatives est le développement des énergies renouvelables, un domaine où le Maroc a fait des avancées significatives, notamment dans le solaire et ses autres projets d’énergie éolienne. La France, pionnière dans les technologies vertes, peut apporter son expertise pour renforcer ces efforts".
"De plus, la transformation digitale offre des opportunités pour la création de start-up et l’innovation, permettant aux deux pays de travailler ensemble pour stimuler l’économie numérique."
"La mobilité durable est un autre secteur où nos visions se rejoignent, avec des initiatives communes pour promouvoir des transports respectueux de l’environnement et réduire notre empreinte carbone. Ces collaborations pourraient non seulement contribuer à la croissance économique des deux pays, mais également avoir un impact positif sur l’Afrique et le reste du monde. Et c’est précisément sur cette dimension africaine que je souhaiterais insister aujourd’hui".
Le Maroc, une porte d’entrée à un milliard de consommateurs sur le continent africain
"En effet, venant du secteur privé et ayant eu une expérience continentale, je connais la valeur d’un ancrage marocain pour une entreprise qui ambitionnerait d’organiser sa projection sur le continent. Jouissant de la stabilité institutionnelle et macro-économique, le Maroc est aujourd’hui en position de permettre aux entreprises internationales d’adresser un marché immédiat de près de 450 millions de consommateurs en Afrique de l’Ouest et de près d’un milliard de consommateurs sur l’ensemble du continent".
"À partir du Maroc − et j’ose le dire, seulement à partir du Maroc −, il est possible non seulement de bénéficier d’un cadre légal et fiscal attractif, d’infrastructures aux meilleurs standards internationaux, mais aussi de s’appuyer sur un écosystème financier et de services assurant un spectre complet pour tous ceux qui voudraient se développer en Afrique."
"Bien entendu, rien de cela n’est possible sans une étroite collaboration entre nos secteurs privés. Ils ont, comme vous le savez, des caractéristiques communes, voire une 'culture' commune qui leur permet d’envisager des partenariats très étroits pour se positionner sur des projets à forte valeur ajoutée", a conclu Nadia Fettah.
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