Énergies, Mondial 2030 et investissements : les principaux messages de Bruno Le Maire au Forum économique Maroc-France
L'énergie décarbonée, le solaire, l'éolien, et l'hydrogène sont les domaines prioritaires dans lesquels la France souhaite œuvrer aux côtés du Maroc. Bruno Le Maire a également exprimé la volonté de participer au volet économique des préparatifs du Mondial 2030.
"Nous avons tellement en commun. Deux grandes Nations, deux grands peuples, qui exercent leur leadership, l'un sur le continent africain, et l'autre sur le continent européen", a déclaré Bruno Le Maire, ministre français de l'Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, lors du Forum économique Maroc-France, organisé ce vendredi 26 avril 2024 à Rabat.
"Une langue que nous avons en commun, une culture qui se croise, le même goût des paysages, la subtilité du détail, le même attachement à l'environnement, la même volonté de décarboner notre économie, et le même attachement à la vocation agricole et industrielle de nos deux Nations".
"Nous avons tellement à apprendre les uns des autres. Le ministre de l'Economie que je suis rêverait d'avoir 50% de femmes ingénieures en France ; vous les avez, bravo !"
Priorité à l'énergie décarbonée
"Nous devons à présent avancer, vite et fort, dans les domaines économique, financier et industriel", a-t-il poursuivi. "Le monde est en plein bouleversement. Le monde après le Covid ne sera pas celui que nous avons connu avant. La géopolitique a changé, les chaînes de valeur se réorganisent, les grandes puissances se réorganisent telles que les Etats-Unis et la Chine. Quels sont nos choix stratégiques, de ce côté de la Méditerranée et de l'autre ?"
"Nous, en France, avons fait des choix stratégiques, tels que le renforcement de nos liens économiques avec le peuple marocain, et avec le Maroc. Nous voulons le faire dans un certain nombre de domaines que j'ouvre comme orientation, mais qui ne sont que des propositions qui peuvent être complétées".
"Le premier est celui de l'énergie décarbonée. Les Nations qui seront indépendantes en matière d'énergie décarbonée seront les grands gagnants du XXIe siècle. Le Maroc et la France ont vocation à être les grands vainqueurs du XXIe siècle", a-t-il souligné.
Bientôt un projet entre l'IRESEN et SATT sur l'hydrogène décarboné
"Nous voulons également travailler ensemble dans l'énergie solaire. Vous avez une position géographique propice au développement de panneaux photovoltaïques sur des milliers d'hectares. Nous avons fait le choix, avec le président de la République, de développer une filière de production de panneaux photovoltaïques en France, avec des technologies avancées et des panneaux recyclables. Croisons nos savoir-faire pour travailler ensemble dans ce domaine".
"Nous voulons aussi travailler ensemble dans l'éolien et dans l'hydrogène. Je vous annonce que nous allons lancer un projet entre l'IRESEN (Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles) et l'accélérateur SATT à Paris-Saclay, pour développer une recherche appliquée et d'innovation sur l'hydrogène décarboné, sur la base d'un partenariat entre la France et le Maroc".
Hydrogène, décarbonation et investissement vert : 350 millions d'euros pour OCP
"J'annonce également que l'AFD (Agence française de développement) débloquera 350 millions d'euros pour le groupe OCP, pour que ce dernier puisse investir massivement dans l'hydrogène, la décarbonation, et dans l'investissement vert".
"Par ailleurs, l'un des grands défis énergétiques qui est souvent oublié est le coût des réseaux énergétiques et de transport de l'énergie", a-t-il souligné. "Vous allez produire de l'énergie à Dakhla, et vous en avez besoin à Casablanca. Vous allez ainsi construire des réseaux électriques pour transporter cette énergie entre Dakhla et Casablanca, et nous sommes prêts à participer au financement de cette infrastructure".
Vers une coopération dans la production d'énergie nucléaire ?
"Enfin, je tiens à préciser que j'ai également mis sur la table la possible coopération dans le domaine de la production de l'énergie nucléaire. À la demande du président [français, ndlr], nous travaillons sur ces fameux SMR, des réacteurs modulaires de plus petite taille. Au gouvernement marocain de décider s'il peut être intéressé par cette coopération. C'est évidemment un choix souverain du peuple marocain, et du gouvernement marocain, mais je dis notre disponibilité à travailler sur ce secteur d'énergie nucléaire avec notre partenaire marocain. Je ne pense pas qu'on puisse donner un gage plus fort pour construire un partenariat stratégique avec le Maroc".
Bruno Le Maire a également évoqué une deuxième série de sujets, sur lesquels "on pourrait continuer d'avancer, parce qu'il y a déjà de belles réalisations. Il s'agit notamment du ferroviaire, de l'aéronautique et de l'industrie automobile". Dans ce dernier secteur, "il y a déjà de belles réalisations. Il y a aussi des coopérations possibles, notamment dans le domaine du véhicule électrique et de la batterie, où la France a fait le choix de la construction d'une filiale indépendante, avec des savoirs et technologies sur lesquels on peut travailler ensemble".
La France désire participer à la préparation du Mondial 2030
"Il existe également trois autres éléments sur lesquels on peut travailler ensemble. Le premier, le plus festif et enthousiasmant, est celui de la Coupe du monde 2030. Vous allez construire le plus grand stade de foot de la planète [le Grand Stade de Casablanca, ndlr]. Cela fait rêver et attire beaucoup d'investisseurs dans les domaines du bâtiment, de l'évènementiel, de la géolocalisation, de l'hôtellerie et de la restauration... Je souhaite qu'on mette en place un groupe de travail franco-marocain pour travailler ensemble à la préparation de cet évènement, sur son volet économique".
"Le deuxième élément est celui des investissements financiers. Vous avez créé un fonds d'investissement, le Fonds Mohammed VI, et je souhaite que la BPI puisse travailler dans un partenariat étroit avec ce fonds souverain du Maroc. Je pense que ce sera une ouverture de perspectives nouvelles".
Par ailleurs, "ne limitons pas nos partenariats à la formation, la qualification, les grands projets et les très grandes entreprises. Les PME constituent le tissu vivant de l'économie française et de l'économie marocaine. Elles doivent travailler main dans la main et multiplier les échanges", a-t-il conclu.
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