Addoha : les réalisations sont positives mais la reprise se faite attendre

M.Ett | Le 1/12/2021 à 17:43
Les réalisations du groupe Addoha affichent une bonne mine au titre des neuf premiers mois de l’année. Mais, un analyste trouve qu’on ne peut toujours pas parler de reprise si on se base sur les niveaux observées en 2019.

L’immobilière Addoha a pu dégager des indicateurs d’activités en hausse à fin septembre 2021. A rappeler que son chiffre d’affaires a grimpé de 48% et ses niveaux de préventes ont augmenté de 20%.

Suite à la publication de ses résultats, son cours a gagné 4,50% à la clôture de la séance du mardi 30 novembre et 2,39% à l’issue de la séance de ce mercredi, soit une progression de près de 7% en l’espace de deux séances de cotation.

La hausse du cours cumulée depuis le début de cette année jusqu’à la séance de ce mercredi a atteint 67%, dépassant largement la progression du MASI qui s’est située à 16% à la clôture de la séance de ce mercredi.

Evolution du cours de Addoha

Source : medias24.com

Contacté par LeBoursier, un analyste de la place trouve que « globalement, les réalisations de cette immobilière sont positives. Les indicateurs d’activité ont bien évolué. Mais leur hausse reste liée à un simple effet de rattrapage ».

Et d’expliquer : « C’est une évolution logique et mécanique qui intervient après la crise du Covid en 2020 qui a été marquée par des confinements et un fort ralentissement de l’activité de plusieurs secteurs, notamment l’immobilier ».

C’est pour dire que « la hausse des réalisations du groupe Addoha, à l’image des autres immobilières cotées, n’est pas forcément un signe de reprise de l’activité. Les réalisations des immobilières au titre des neuf premiers mois de cette année n’arrivent toujours pas à dépasser le niveau observé en 2019 », indique-t-il.

Notre interlocuteur estime que « le manque de visibilité sur ce secteur se poursuit. A rappeler qu’il était en difficulté bien avant la crise du Covid ».

Au-delà d’un simple commentaire des chiffres publiés, notre interlocuteur pense qu’il n’y a pas assez d’éléments pour effectuer une analyse assez poussée, d’autant plus que la société de bourse dont il fait partie ne suit plus les immobilière cotées.

A noter que plusieurs sociétés de bourse ne suivent plus les immobilières et n’émettent plus leur recommandation par rapport à ce secteur.

« On ne peut pas faire une analyse un petit peu poussée de ce qui a été publié. De plus, Nous ne suivons plus les immobilières cotées à cause du manque de visibilité dont souffre le secteur et aussi parce que les institutionnels ne se positionnent quasiment plus sur les immobilières ».

D’ailleurs, la forte hausse du cours de l’immobilière « est portée en grande partie par les particuliers. C’est cette catégorie d’investisseurs qui se place sur les immobilières ».

Le non-renouvellement des avantages fiscaux pourrait avoir des conséquences majeures

Le manque de visibilité par rapport à la reconduction des avantages fiscaux accordés au secteur se maintient.

Dans son dernier Stock Guide, et en commentant les réalisations semestrielles du groupe Addoha, CFG Bank avait souligné que « la pandémie de Covid-19, ainsi que le confinement de la population qui a suivi, ont eu un impact substantiel sur les résultats de Addoha pour l’exercice 2020. En effet, le groupe a annoncé qu’il avait dû arrêter temporairement ses chantiers de construction et fermer ses bureaux de vente pendant le confinement».

«Par conséquent, le groupe a annoncé que les préventes au Maroc ont diminué de 25,2% sur l’exercice 2020, tandis que les revenus consolidés ont chuté de 66,3%. Le ROE (la rentabilité des capitaux propres, ndlr) actuel d’Addoha, qui se situe à un niveau inférieur à son coût du capital, souligne la difficulté à générer de la valeur malgré un cadre fiscal favorable sur le logement social segment. Dorénavant, si le gouvernement ne reconduit pas la mesure d’incitation fiscale sur le logement social au-delà de la fin de cette année, les répercussions sur le groupe sera importantes ».

« Nous pensons que le non-renouvellement de l’incitatif fiscal actuel pourrait dans un premier temps se traduire par un boom du logement social production jusqu’en 2025E (date à laquelle les accords de 5 ans signés avant fin 2020 doivent être exécutés), suivi d’une sévère récession dans cette segment au Maroc à partir de 2026E. Si ce scénario se matérialise, il pourrait impacter une composante très importante de l’activité d’ADH à partir de 2026E », anticipent les analystes.

Et d’ajouter : « Si un tel scénario semble être peu improbable compte tenu de l’objectif de l’État de réduire le déficit de logements et de satisfaire une forte demande structurelle de logements abordables, nous pensons néanmoins qu’il est nécessaire de mener des discussions plus approfondies avec les promoteurs immobiliers et les acteurs de l’industrie avant d’affiner nos scénarios de croissance pour RDS à partir de 2022E et de calculer une valeur terminale pour le stock. En effet, la demande de prix abordables logements, le format de ces logements, leurs prix, ainsi que, les marges d’exploitation résultant des futurs projets dépendront fortement des incitations qui seront introduites/renouvelées par le gouvernement. En conséquence, et en attendant que les informations pertinentes soient publiées afin de construire un modèle commercial robuste, nous révisons notre couverture de ce titre ».

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