Les Marocains épargnent de moins en moins : 11,4% du revenu en moyenne
Ce taux est en baisse depuis 2016. Leurs dépenses de consommation ont augmenté plus vite que leurs revenus. L’épargne des ménages, à 84,4 milliards de DH, a été absorbée à hauteur de 94% par l’investissement. Leur capacité de financement a donc fortement diminué. D’où un recours plus marqué au crédit bancaire.
Le Haut commissariat au plan (HCP) vient de publier les comptes nationaux de l’année 2018 répartis par secteur institutionnel.
Il en ressort que les ménages ont contribué de 29,3% au PIB de l’année dernière qui s’est élevé à 1.106,8 milliards de DH. Une contribution relativement stable depuis 2016.
De même, leur contribution au revenu national brut disponible est restée stable : 62,5%. Soit 714,2 milliards de DH sur 1.157,7 milliards.
Un pouvoir d'achat en quasi stagnation
Le revenu des ménages a augmenté de 3,2% en 2018. Il est constitué principalement des salaires (42,5%) et des revenus mixtes (entrepreneurs individuels et professions libérales).
Le revenu par tête s’élève ainsi à 20.279 DH, en hausse de 2,2%. Et vu que l’inflation s’est établie à 1,8% en 2018, le pouvoir d’achat des ménages a quasiment stagné (+0,4%) alors qu’il s’était amélioré de 2,1% en 2017.
De revenu global de 714,2 milliards de DH, 636 milliards de DH sont allés à la consommation, en hausse de 4,3%. D’où une baisse de l’épargne brute des ménages à 81,2 milliards de DH contre 85,2 milliards une année auparavant (-4 milliards).
Le taux d’épargne des Marocains a donc reculé d’un point par rapport à 2016, se situant à 11,4%.
Forte hausse des crédits et ralentissement des dépôts
Cette épargne brute est allée quasi entièrement au financement de l’investissement des ménages. En 2018, ceux-ci ont investi 79,2 milliards de DH, en hausse de 2,4% par rapport à 2017 et de 3,6% par rapport à 2016.
Ce qui a laissé aux ménages une capacité de financement de 5,2 milliards de DH seulement, en forte dégradation par rapport à 2017 (-4,6 milliards).
Ce qui explique le recours de plus en plus marqué au crédit bancaire : 23,7 milliards de DH en 2018 contre 17,5 milliards une année auparavant. En parallèle, le flux net des dépôts a connu une baisse remarquable, passant de 50 milliards de DH à 34 milliards.
|
2016 |
2017 |
2018 |
|
|
Revenu brut disponible (en millions de DH) |
665 637 |
694 889 |
714 226 |
|
Revenu mixte (en %) |
41,3 |
42,2 |
42,5 |
|
Rémunération des salariés (en %) |
48,2 |
47,4 |
47,5 |
|
Revenus de la propriété nets (en %) |
3,6 |
3,6 |
3,5 |
|
Impôts sur le revenu (en %) |
-4,1 |
-4,0 |
-4,0 |
|
Cotisations sociales (en %) |
-12,0 |
-11,9 |
-11,8 |
|
Prestations sociales (en %) |
11,9 |
11,4 |
11,4 |
|
Autres transferts nets (en %) |
11,0 |
11,2 |
10,9 |
|
Dépense de consommation finale (en millions de DH) |
586 461 |
609 882 |
636 065 |
|
Epargne brute (en millions de DH) |
82 474 |
85 264 |
81 206 |
|
Taux d’épargne |
12,4 |
12,3 |
11,4 |
|
Revenu brut disponible par tête (en DH) |
19 301 |
19 852 |
20 279 |
|
Revenu brut disponible par tête (évolution) |
1,1 |
2,8 |
2,2 |
|
Indice des prix à la consommation (évolution) |
1,6 |
0,8 |
1,8 |
|
Pouvoir d’achat des ménages (évolution) |
-0,5 |
2,1 |
0,4 |
>>Lire aussi: Au Maroc, les ménages ont moins épargné et se sont endettés en 2017
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