Attijariwafa Bank s’intéresse à la colocalisation en tant qu’acteur, entreprise et accompagnateur
Youssef Rouissi, DGA d’Attijariwafa Bank revient sur l’expérience du groupe bancaire en Afrique à l’occasion de la rencontre sur la colocalisation organisée par le CDS en avril 2013.
« En tant que groupe bancaire et financier nous sommes concernés par la pratique de la colocalisation à la fois en tant qu’acteur et en tant qu’entreprise mais aussi en tant qu’accompagnateur de tout un tissu de PME et d’investisseurs », tient à préciser Youssef Rouissi en témoignant de l’expérience d’Attijariwafa de son témoignage.
Pourquoi Attijariwafa bank s’est-elle implantée en Afrique ?
La colocalisation et le développement régional, Attijariwafa Bank l’a en effet vécu en tant qu’entreprise depuis 2005, date de la fusion des deux entreprises marocaines BCM et Wafabank. Or cette fusion, explique Youssef Rouissi, a hissé le groupe à un niveau de parts de marché et une taille critique sur le marché marocain qui l’a conduit à rechercher d’autres marchés comme moteurs de croissance. Une analyse de sa région de développement naturel, l’Afrique subsaharienne, au regard d’un certain nombre de critères macroéconomiques et microéconomiques a alors permis de révéler à Attijariwafa Bank le potentiel de la région. « Dans cette région largement sous-bancarisée, les niveaux de pénétration, qui varient de 5 à 10%, sont très inférieurs au Maroc qui est aujourd’hui à plus de 50% », souligne le directeur.
Un plan stratégique d’acquisitions 2007-2012
Attijariwafa Bank a donc saisi l’opportunité de cet important potentiel de bancarisation et de développement du métier de banque de détail mais également en matière d’intégration régionale car « c’est une région largement sous-intégrée sur le plan des échanges extérieurs (10%). Et ce potentiel a amené le groupe à développer un plan stratégique et un objectif d’acquisition de 5 banques en Afrique subsaharienne sur la période 2007-2012 », explique Youssef Rouissi.
Au final, c’est plutôt une dizaine de banques qui ont été acquises sur la même période, à la fois au Maghreb, en Tunisie, mais aussi en Afrique subsaharienne, au Sénégal, en Mauritanie, au Mali, au Burkina Faso au Congo et autres. Ce qui représente près de 500 agences, 5000 collaborateurs et déjà une contribution pour près du quart des revenus du groupe.
La colocalisation a permis de créer de la valeur locale
Le DGA d’Attijariwafa Bank a tenu cependant à mettre l’accent sur le fait que la colocalisation a engendré une implication très forte dans les investissements locaux, donc de la création de valeur locale à travers le développement des réseaux de distribution, une politique massive en matière de recrutement, le déploiement de systèmes d’information et une réelle implication du développement du tissu local. Il a comparé cela à une création de valeur et de richesse locale qui rejaillit positivement sur l’ensemble des pays de présence, notant que cette démarche est soutenue par une vraie vision de développement des marchés : « Nous avons par exemple sur le Maroc des démarches vers la banque économique que nous dupliquons aujourd’hui de manière opportune dans ces différents marchés ».
Facilitation de l’intégration sud-sud
La deuxième dimension de la démarche de colocalisation est décrite par Youssef Rouissi comme « un effet qui rejaillit en matière de création de valeur dans l’ensemble des pays dans lesquels Attijariwafa Bank est présent puisque c’est également une facilitation de l’intégration sud-sud par l’accompagnement des opérateurs marocains dans une démarche d’exportation, d’échange et d’investissement mais aussi des opérateurs européens et internationaux qui font du Maroc une plateforme pour la région ».
A ce titre, le DGA cite les expériences de l’automobile et de l’aéronautique mais a tenu à souligner que son groupe bancaire accompagne également des entreprises dans le domaine des BTP, de l’agro-industrie, des services, de la santé.
Doublement du réseau bancaire en 4 ans
Le groupe bancaire a doublé son réseau bancaire en 3 à 4 ans, ce qui s’est traduit par un besoin important de recrutement et d’encadrement. Attijariwafa Bank dispose donc d’un vivier de jeunes cadres et de jeunes collaborateurs qui sont dans les écoles marocaines, qu’elle recrute au Maroc, qu’elle forme et accueille à Casablanca ou dans ses filiales au Maroc avant de pouvoir les redéployer chez eux, dans différents pays africains. « Tout cela permet une diffusion de la culture du groupe et accompagne ce mouvement de colocalisation et de création de valeur qu’Attijariwafa Bank vit très positivement aujourd’hui », conclue le DGA.
À découvrir
à lire aussi
Article : Sahara : l'UE juge l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution “la plus réalisable”
L'Union européenne a affiché jeudi 16 avril 2026 à Rabat une position nettement plus explicite sur le Sahara marocain, en estimant qu'"une autonomie véritable" sous souveraineté marocaine pourrait constituer "une solution des plus réalisables" pour clore ce différend régional.
Article : DGI. Facturation électronique : lancement en préparation, les détails avec Younes Idrissi Kaitouni
Validation en temps réel, rôle central de la DGI dans la circulation des factures, intégration des systèmes d’information et contrôle renforcé des délais de paiement… La réforme de la facturation électronique se précise, avec un déploiement progressif et un écosystème en cours de structuration.
Article : Réduction des effectifs d’ingénieurs chez Renault. Première réaction de Renault Maroc
En annonçant une réduction de ses effectifs d’ingénieurs dans ses centres de recherche et développement, Renault fait naître des interrogations au Maroc, où le groupe vient de lancer un nouveau centre d’ingénierie en 2025.
Article : Dans le Haut Atlas marocain, l’Observatoire de l’Oukaïmeden se veut un hub scientifique mondial
Derrière ses dômes blancs, l’Observatoire de l’Oukaïmeden s’est mué en quelques années en une véritable machine à découvertes. Fort de plus de 4.700 objets célestes identifiés et de collaborations internationales de haut niveau, il s’affirme désormais comme une infrastructure stratégique, à la croisée de la recherche, de la technologie et de la souveraineté scientifique. Et ce n'est qu'un début.
Article : Dakhla : un mégaprojet de datacenters verts de 500 MW lancé pour asseoir la souveraineté numérique du Maroc
Une convention entre plusieurs institutions publiques acte le démarrage des études chargées de fixer le modèle économique, la gouvernance et les modalités de financement du programme.
Article : Coupe du monde 2026. Ce que disent les chiffres sur les retombées économiques
Le rapport de la FIFA et de l’Organisation mondiale du commerce sur la Coupe du monde 2026 donne une estimation des retombées économiques de la compétition, aussi bien dans les pays organisateurs qu’à l’échelle mondiale. Des projections qui se recoupent sur plusieurs aspects avec celles annoncées en vue du Mondial 2030.