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La France engluée dans une inflation très basse en 2014

m24-En-continu
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Le 14 janvier 2015 à 14h09

L'inflation est tombée en France en 2014 à un niveau très bas (0,5%) par rapport à 2013 (0,9%), témoignant d'une tendance durable à la baisse des prix qui plonge encore un peu plus le pays dans la crainte de la déflation.

En moyenne en 2014, les prix ont augmenté de 0,5% après 0,9% l'année précédente, a annoncé mercredi l'Institut national de la statistique et des études économiques.

Un chiffre aussi faible n'avait pas été enregistré depuis 2009 où, frappée de plein fouet par la crise, la France avait connu une inflation moyenne de 0,1%. Il n'a fallu que deux ans pour que l'indice des prix à la consommation, remonté à 2,1% en 2012, connaisse une chute vertigineuse.

Hors tabac, l'inflation moyenne annuelle descend encore plus, à 0,4%, après 0,7% en 2013.

Le ralentissement de l'inflation résulte selon l'Insee du recul des prix de l'énergie, notamment les produits pétroliers, des produits manufacturés, et des produits alimentaires. Ce phénomène n'a été qu'en partie compensé par l'augmentation des taux de TVA et l'accélération des prix des services.

Cette tendance à la baisse semble en outre se poursuivre puisque l'inflation sur un an observée en décembre par l'Insee est de 0,1%, par rapport à décembre 2013.

Conséquence pratique de ce mouvement, le taux du Livret A pourrait théoriquement baisser à 0,25% au 1er février, contre 1% actuellement, car il est normalement lié à l'évolution des prix.

Et "avec la poursuite de la baisse des prix de l'énergie, nous prévoyons que l'inflation tombe en territoire négatif en janvier, à l'image de la moyenne en zone euro", prévient dans une note Charles-Antoine Schwerer, économiste chez Asterès.

- "Tendance déflationniste" -

"On est bien sur une tendance désinflationniste voire déflationniste", déclare à l'AFP Eric Heyer, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques. Pour lui, une "inflexion à court terme", vers le haut ou vers le bas, liée aux prix du pétrole ou au cours de l'euro, "ne sera pas tendancielle".

Et la situation est d'autant plus préoccupante que c'est un phénomène européen qui s'auto-entretient. "Une inflation nulle en France serait une bonne chose si on était seul à avoir cette inflation nulle, le fait qu'on l'ait tous annule les effets positifs sur la compétitivité et donc le principal vecteur de croissance économique" que devrait entraîner automatiquement une faible inflation, remarque-t-il.

La balance commerciale française reste en effet déficitaire et vu que les pays voisins ont la même monnaie, la différence de compétitivité ne peut se faire que sur les prix et les salaires. Du coup, les efforts de la France pour relancer ses exportations sont pénalisés par les bas prix qui s'installent partout, notamment en Allemagne.

De quoi, préviennent nombre d'économistes, mener tout droit à la déflation, lorsque la baisse durable des prix fait baisser les salaires et entraîne un cercle vicieux d'anticipation de reculs supplémentaires des prix, qui minent l'activité économique car elles poussent consommateurs et entreprises à différer leurs achats et leurs investissements.

"Ce mécanisme n'est pas encore visible", a assuré lors d'une conférence de presse mercredi Jean-Michel Six, économiste en chef pour l'Europe chez Standard and Poors. Pour lui, "la faiblesse de la consommation des ménages n'est pas due au fait que les ménages attendent que les prix baissent" mais plutôt au fait qu'"ils constituent une épargne de précaution car ils ne sont pas sûrs des impôts qu'ils vont payer".

- Le rempart des salaires -

Moins catégorique, Olivier Passet, directeur des synthèses économiques chez Xerfi, voit au contraire de premiers signes d'anticipations d'une baisse générale des prix. Mais, assure-t-il à l'AFP, "avant qu'on ait une vraie déflation en Europe, il faudrait s'enfoncer un peu plus". Dans l'immédiat, ni les ménages ni les entreprises n'en sont encore à reporter leurs dépenses de plusieurs mois.

Il rappelle en outre que "le dernier rempart à la déflation véritable, ce sont les salaires qui sont toujours en zone positive dans tous les pays européens".

Optimiste, l'économiste ajoute que la reprise pourrait justement être au rendez-vous: la baisse des prix pétroliers conjuguée à celle de la monnaie, "dans l'histoire européenne, c'est arrivé trois fois et ça a toujours remis l'Europe sur les rails".

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Le 14 janvier 2015 à 14h09

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