Dépôts à terme : est-il encore intéressant de bloquer son argent pendant un an ?

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Par | Le 25/7/2026 à 11:06
La rémunération moyenne des dépôts à terme atteint 2,60% à douze mois, contre 2,16% à six mois en mai 2026. Alors que leurs encours reculent malgré la hausse globale des dépôts bancaires, le compte sur carnet et les OPCVM monétaires offrent des solutions plus liquides.

L'essentiel

  • À fin mai 2026, l’encours des comptes à terme et bons de caisse a reculé de 7,7% sur un an, à 115 milliards de dirhams (MMDH).
  • Le taux moyen à douze mois s’établit à 2,6% brut, soit environ 1,82% net après une retenue à la source de 30%.
  • Le compte sur carnet offre une rémunération moins élevée mais davantage de souplesse, tandis que les OPCVM monétaires affichent des performances variables sans exiger le blocage de l’argent jusqu’à une échéance fixe.

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Les détails

Bloquer son argent pendant un an dans un dépôt à terme (DAT) permet de sécuriser son capital et de connaître sa rémunération à l’avance. Mais ce placement reste-t-il intéressant lorsque le taux proposé à 12 mois dépasse à peine celui à 6 mois ?

En mai 2026, le taux moyen pondéré des comptes à terme et bons de caisse s’est établi à 2,6% à 12 mois, contre 2,16% à 6 mois. L’écart n’est que de 0,44 point. En avril, le taux à 6 mois était même légèrement supérieur à celui à 12 mois : 2,81% contre 2,78%. Il reste donc à savoir si le rendement obtenu justifie de bloquer son épargne pendant une année entière.

"Au niveau du réseau bancaire, les taux peuvent dépasser la moyenne de 2,60% observée à 12 mois. Selon la durée, le montant placé et la capacité de négociation du client, les offres se situent globalement entre 2,5% et 3,8% brut. Mais pour un particulier, il faut déduire une retenue à la source de 30%. Sur la base du taux moyen de 2,60% à 12 mois, la rémunération revient ainsi à 1,82% net. Elle reste supérieure à l’inflation de 1,2% observée en mai 2026, mais le gain réel demeure limité au regard du blocage de l’argent pendant un an", explique un professionnel du secteur bancaire.

La baisse de la rémunération des DAT s’inscrit dans le cycle d’assouplissement monétaire engagé par Bank Al-Maghrib en juin 2024. Le taux directeur a été réduit à trois reprises de 25 points de base, passant de 3% à 2,25%. Une seule de ces baisses est intervenue en 2025 : celle de mars, qui a ramené le taux de 2,5% à 2,25%.

"Même si les banques fixent librement la rémunération des dépôts à terme, celle-ci évolue généralement dans le même sens que le taux directeur. Une baisse réduit le coût auquel les banques se refinancent et les conduit à revoir plus rapidement la rémunération de leurs ressources. La transmission aux taux des crédits est souvent plus lente, notamment parce qu’une partie des prêts a été accordée à taux fixe ou ne peut être révisée immédiatement".

"Le taux publié chaque mois par Bank Al-Maghrib reste toutefois une moyenne pondérée par les montants déposés. Il regroupe donc plusieurs niveaux de rémunération, qui varient selon la banque, la durée, le montant placé et la capacité de négociation du client. Une opération importante conclue à un taux élevé peut ainsi faire monter la moyenne du mois, sans que tous les déposants bénéficient de cette rémunération".

Les dépôts à terme reculaient déjà en 2025

Les taux donnent une indication sur la rémunération des dépôts à terme. L’évolution des encours permet, quant à elle, de mesurer l’intérêt que leur portent réellement les déposants. Les statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib montrent que ce produit perdait déjà du terrain en 2025, alors même que les dépôts bancaires continuaient d’augmenter.

À fin décembre 2025, les dépôts bancaires à caractère monétaire totalisaient 1.367,7 MMDH, en hausse de 7,5% sur un an. Dans le même temps, l’encours des comptes à terme et bons de caisse reculait de 4,7%, à 114,2 MMDH.

Leur poids dans les dépôts bancaires à caractère monétaire est ainsi revenu d’environ 9,4% à fin 2024 à 8,3% à fin 2025. À l’inverse, les dépôts à vue ont progressé de 10,3%, à 1.001,1 MMDH, tandis que les comptes d’épargne ont augmenté de 2,7%, à 192,7 MMDH.

La baisse touche également les ménages. À fin décembre 2025, leurs dépôts à terme avaient diminué de 5,4% sur un an, à 74,9 MMDH. Sur la même période, leurs dépôts à vue ont progressé de 8,1%, à 705,2 MMDH, et leurs placements en OPCVM monétaires de 4,8%, à 16,3 MMDH.

Les dépôts bancaires ont donc continué de croître, mais cette hausse n’a pas profité aux placements à terme. Les chiffres montrent plutôt une progression des avoirs conservés à vue et d’autres supports plus liquides, sans permettre d’établir un transfert direct entre ces produits.

Les dépôts à terme ne regagnent pas du terrain en 2026

Cinq mois plus tard, la situation a peu changé. Les dépôts bancaires à caractère monétaire ont encore augmenté pour atteindre 1.380,5 MMDH à fin mai 2026, soit une hausse de 8,8% sur un an. Mais cette croissance ne profite toujours pas aux comptes à terme et bons de caisse. Leur encours reste limité à 115 MMDH et recule de 7,7% par rapport à mai 2025.

Ce recul était de 2,7% en avril. Son accentuation en mai ne signifie toutefois pas que les épargnants ont retiré massivement leur argent en un mois : l’encours des DAT a légèrement progressé de 0,1% entre avril et mai. Il reste également presque stable par rapport à décembre 2025. Pendant que l’épargne bancaire augmente, les DAT ne suivent donc pas le même rythme et continuent de perdre du poids.

L’argent reste surtout sur les comptes à vue, dont l’encours a progressé de 11,8% sur un an, à 1.004,7 MMDH. Les comptes d’épargne augmentent également de 4,6%, à 198,6 MMDH. Les OPCVM monétaires affichent, pour leur part, une hausse de 22,1%, à 111,8 MMDH.

À fin mai 2026, les comptes à terme et bons de caisse représentaient ainsi 8,3% des dépôts bancaires à caractère monétaire, soit pratiquement la même proportion qu’à fin décembre 2025.

Les entreprises portent l’essentiel du recul récent

La baisse globale des dépôts à terme ne touche pas tous les déposants avec la même intensité. À fin mai 2026, le recul est surtout marqué chez les sociétés non financières privées. Leurs comptes à terme ont chuté de 24,3% sur un an, à 13,6 MMDH.

La baisse atteint 9,5% chez les entreprises publiques, dont l’encours s’établit à 11,5 MMDH. Chez les ménages, elle est plus limitée : leurs dépôts à terme diminuent de 2,1%, à 75,2 MMDH. Ils restent d’ailleurs les principaux détenteurs de ce type de placement.

Les particuliers ne se détournent donc pas des DAT aussi rapidement que les entreprises. Leur comportement évolue néanmoins : leurs dépôts à terme baissent, alors que leurs avoirs placés sur des supports plus liquides augmentent.

À fin mai 2026, les dépôts à vue des ménages ont progressé de 10,5% sur un an, pour atteindre 735 MMDH. Cette hausse montre qu’une part croissante de leur argent reste immédiatement disponible, sans être bloquée sur une échéance fixe.

Le mouvement est encore plus marqué du côté des OPCVM monétaires. Les placements des ménages dans ces fonds ont augmenté de 49,7% sur un an, à 20,4 MMDH. Leur encours reste bien inférieur à celui des dépôts à terme, mais sa progression est nettement plus rapide. Les comptes d’épargne ont également augmenté de 4,6% sur la période, à 198,6 MMDH pour l’ensemble des déposants.

Bloquer son épargne reste-t-il rentable ?

Certes, dans les conditions actuelles, le DAT offre une rémunération nette supérieure à l’inflation et permet donc de préserver la valeur de l’épargne. Mais cet avantage suppose de bloquer son argent pendant une durée déterminée. Pour les épargnants qui souhaitent garder leurs fonds disponibles, d’autres solutions existent.

Le compte sur carnet offre davantage de souplesse. L’argent reste disponible et peut être retiré sans attendre une échéance. Son taux minimum est fixé à 1,82% pour le second semestre 2026, contre 1,61% au premier semestre. À titre indicatif, 100.000 DH rémunérés pendant une année entière à ce taux généreraient 1.820 DH bruts. Le rendement est inférieur à celui du DAT à douze mois, mais l’épargnant ne bloque pas son argent.

Les OPCVM monétaires constituent une autre solution pour placer une épargne à court terme. "Au 22 juillet 2026, les performances sur six mois de cinq fonds monétaires se situaient entre 1,11% et 2,11%. Sur un an, elles allaient de 2,03% à 3,35%. Contrairement au DAT et au compte sur carnet, ces rendements ne sont pas fixés à l’avance et varient selon le fonds et les conditions du marché".

"Le choix dépend donc de la priorité de l’épargnant. Le DAT garantit un taux pendant une durée déterminée. Le compte sur carnet offre une disponibilité immédiate, mais avec une rémunération plus faible. Les OPCVM monétaires peuvent afficher un rendement comparable ou supérieur et permettent de récupérer son argent plus rapidement, mais leur performance n’est pas garantie".

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