L'essentiel
- Le taux de rémunération des comptes sur carnet est passé de 1,61% à 1,82% au second semestre 2026, repartant à la hausse après plusieurs semestres consécutifs de repli.
- Cette remontée ne résulte pas directement de l’évolution du taux directeur, maintenu à 2,25%, mais de celle du rendement des bons du Trésor à 52 semaines, qui servent de référence pour le calcul du taux réglementaire.
- Avec une inflation attendue à 1,5% en moyenne en 2026, le rendement réel anticipé ressort à environ 0,32% avant fiscalité. L’impact reste donc limité pour les épargnants, qui peuvent se tourner vers d’autres placements, notamment les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), pour rechercher davantage de rendement.
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Les détails
Le taux de rémunération des comptes sur carnet a été fixé à 1,82% pour le second semestre 2026, contre 1,61% au premier semestre, soit une hausse de 21 points de base. Il repart ainsi à la hausse après plusieurs semestres consécutifs de repli.
Après avoir atteint un pic à 2,98% au second semestre 2023, le taux réglementaire des comptes sur carnet s’était en effet inscrit sur une trajectoire baissière. La progression enregistrée au second semestre 2026 marque ainsi une inflexion.
En apparence, une hausse du taux des comptes sur carnet signifie une rémunération plus importante pour leurs détenteurs. Mais cette évolution doit être mise en perspective avec celle du taux directeur et de l’inflation. Comment expliquer ce retournement ? Que signifie-t-il réellement pour les épargnants et qu’en est-il du rendement réel de leur épargne ?
Quel impact réel pour les épargnants ?
Selon une source interrogée par Médias24, la remontée du taux des comptes sur carnet améliore la rémunération de l’épargne, mais son impact reste limité. Le passage de 1,61% à 1,82% représente une hausse de 21 points de base, qui ne modifie que marginalement les intérêts perçus sur les sommes placées.
“L’enjeu se situe davantage du côté du rendement réel de l’épargne, c’est-à-dire de la rémunération obtenue une fois l’évolution des prix prise en compte. Avec un taux de 1,82% et une inflation attendue en moyenne à 1,5% en 2026, le rendement réel anticipé ressort à environ 0,32%, avant fiscalité. Sur le papier, les comptes sur carnet offriraient donc une rémunération légèrement supérieure à l’inflation.”
“La hausse du taux des comptes sur carnet constitue donc une amélioration pour les épargnants, mais elle ne signifie pas nécessairement que leur épargne gagnera réellement en pouvoir d’achat. Une fois l’inflation et la fiscalité prises en compte, la marge offerte par le taux de 1,82% reste étroite. L’intérêt du compte sur carnet demeure ainsi principalement lié à la disponibilité de l’épargne et à sa sécurité, plutôt qu’à la recherche d’un rendement élevé.”
Pourquoi le taux des comptes sur carnet augmente-t-il ?
La hausse du taux des comptes sur carnet ne résulte pas directement de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib. Le taux directeur est resté inchangé à 2,25% en juin 2026, mais la rémunération de cette catégorie d’épargne obéit à un autre mécanisme.
“Le taux des comptes sur carnet est en effet indexé sur le rendement des bons du Trésor à 52 semaines. Son évolution dépend donc des conditions observées sur le marché obligataire au cours de la période retenue pour son calcul. C’est ce mécanisme qui explique le passage de 1,61% au premier semestre à 1,82% au second semestre 2026.”
“Le lien avec le taux directeur existe, mais il est indirect. Les décisions de Bank Al-Maghrib influencent les conditions de financement de l’économie et, plus largement, les taux pratiqués sur les marchés. Mais les rendements des bons du Trésor dépendent également d’autres facteurs, notamment des besoins de financement du Trésor, du niveau de la demande des investisseurs et des conditions de liquidité sur le marché.”
“Concrètement, lorsque les rendements obligataires augmentent, la rémunération de l’épargne tend également à s’ajuster. Cette transmission n’est cependant ni immédiate ni identique pour tous les produits. Une hausse des taux servis sur les dépôts représente un coût supplémentaire pour les banques, qui peuvent donc ajuster leur rémunération de manière différente. Dans le cas du compte sur carnet, cette question ne se pose pas de la même manière puisque son taux est fixé réglementairement par Bank Al-Maghrib.”
La remontée à 1,82% reflète ainsi l’évolution du taux de référence retenu pour son calcul et non une nouvelle orientation de la politique monétaire. Il faut également distinguer ce calcul de la tendance la plus récente du marché obligataire. Le taux des bons du Trésor à 52 semaines ressortait à 2,218% début juillet 2026 sur le marché primaire, contre 2,208% fin décembre 2025, soit une hausse de 1 point de base. Les analystes observent toutefois une détente des taux obligataires depuis le deuxième trimestre. Rappelons qu’en début d’année, les taux obligataires avaient enregistré une hausse.
Le compte sur carnet reste, pour sa part, un produit d’épargne rémunéré qui permet de conserver la disponibilité des fonds. Le plafond des dépôts est fixé à 400.000 DH, intérêts compris. La hausse de son taux à 1,82% améliore donc la rémunération de l’épargne à compter du 1er juillet, sans que cela traduise pour autant une hausse générale et immédiate de l’ensemble des taux bancaires.
“Certes, la rémunération du compte sur carnet reste faible, même après le relèvement de son taux à 1,82%. Les épargnants disposent toutefois d’autres possibilités pour rechercher davantage de rendement, en contrepartie de niveaux de risque variables, de l’investissement en Bourse aux différentes catégories d’OPCVM.”
“Il existe différents produits, notamment les OPCVM monétaires. Ils offrent une liquidité quotidienne et peuvent assurer un rendement supérieur à celui des comptes sur carnet. Je parle ici des OPCVM monétaires investis notamment dans les bons du Trésor et les certificats de dépôt, qui présentent un profil de risque généralement faible”, explique l’un de nos interlocuteurs.
Les OPCVM obligataires, diversifiés ou actions complètent notamment cette offre, chaque placement répondant à un horizon, un objectif de rendement et un niveau de risque différents.
