Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché

MASI, Bourse de Casablanca, Managem, SMI, CMT, minières, capitalisation flottante, métaux précieux, contribution sectorielle, marché boursier marocainBourse
Par | Le 18/5/2026 à 17:20
Avec plus de 11% du MASI et une contribution de +656 points de base depuis le début de l’année, les minières prennent une place centrale dans les mouvements de la Bourse de Casablanca.

L'essentiel

  • Le secteur minier signe la meilleure performance de la Bourse de Casablanca depuis le début de l’année, avec un indice Mines en hausse de plus de 126%.
  • Les minières représentent désormais 11,48% du MASI, devenant le deuxième grand bloc sectoriel de la cote derrière les banques.
  • Managem pèse à elle seule plus de 9% du MASI, avec une capitalisation dépassant 174 MMDH, soit davantage que plusieurs secteurs entiers du marché marocain.
  • Depuis le début de l’année, le secteur Mines apporte +656 points de base au MASI, alors que l’indice reste malgré tout en baisse d’environ 2,27% en YTD.
  • Managem concentre l’essentiel de cette contribution avec +509 points de base, devant CMT (+94 pbs) et SMI (+52 pbs).
  • La séance du 15 mai illustre aussi l’effet inverse : le secteur Mines a retiré à lui seul -112 points de base au MASI, après une forte correction simultanée de Managem, CMT et SMI.
  • Hors minières, la lecture du marché apparaît beaucoup plus fragile, avec plusieurs grands secteurs affichant des contributions négatives depuis le début de l’année, notamment les banques, le BTP, le transport et les télécommunications.

-oOo-

Les détails 

Le secteur minier est devenu, si l’on peut l’appeler ainsi, la star de la Bourse de Casablanca depuis le début de l’année 2026. L’indice Mines surperforme largement le MASI et affiche une hausse de plus de 126%, signant à ce stade la meilleure performance de la cote.

Le secteur est porté par trois valeurs : Managem, SMI et CMT, qui gagnent respectivement plus de 122%, 143% et 169% en YTD. Il s’agit d’une revalorisation importante. C’est logique, car les métaux précieux connaissent une forte envolée, mais aussi parce que certains groupes, comme Managem par exemple, ont annoncé une feuille de route ambitieuse avec un pipeline de projets important.

Mais le sujet qui apparaît aujourd’hui plus important concerne surtout l’évolution du MASI. Certes, l’indice a traversé une période de forte volatilité, alternant corrections, rebonds, puis nouvelles phases de baisse. À la date du 18 mai, le MASI recule encore d’environ 2% en YTD.

Et une question revient régulièrement : le MASI est-il devenu particulièrement sensible aux variations des minières ? Autrement dit, les minières sont-elles devenues le principal moteur des mouvements du marché ? Ce sont des questions qui commencent à se poser avec davantage d’insistance.

Le secteur Mines apporte à lui seul +656 points de base au MASI en YTD

Prenons par exemple la séance du 15 mai. Le MASI a décroché de plus de 1,7%, tandis que les trois minières ont fortement corrigé : Managem a perdu plus de 8,5%, alors que CMT et SMI ont chacune chuté de près de 10%.

À l’inverse, lors de la séance du 13 mai, le MASI avait gagné près de 1%, alors que les trois minières progressaient toutes de plus de 9%. Bien entendu, il ne s’agit ici que d’exemples pour illustrer les mouvements du marché.

Mais pour réellement mesurer à quel point les minières influencent les fluctuations du MASI, il faut regarder plus précisément la contribution de ces valeurs, ainsi que celle du secteur minier dans son ensemble, à l’évolution de l’indice.

Managem dépasse 9% du MASI, les minières pèsent désormais 11,5% 

Pour comprendre cette sensibilité du MASI aux minières, il faut revenir à la mécanique même de l’indice. En bourse, ce qui compte surtout, c’est la capitalisation flottante, autrement dit la partie du capital réellement disponible et échangeable sur le marché. C’est elle qui détermine le poids effectif d’une valeur dans le MASI, et donc sa capacité à influencer les mouvements de l’indice.

À ce niveau, les minières occupent désormais une place importante. Le secteur Mines représente maintenant 11,48% du MASI. Un poids qui place le secteur parmi les principaux compartiments de la cote, derrière les banques (27,7%), mais devant plusieurs secteurs historiques du marché marocain.

Et Managem illustre parfaitement cette évolution. D’ailleurs, il s’agit désormais de la première capitalisation de la cote. À elle seule, la valeur représente un poids de 9,09% du MASI, avec une capitalisation dépassant les 174 MMDH. Aujourd’hui, Managem pèse davantage dans l’indice que plusieurs secteurs entiers comme les télécommunications, les énergies, la santé, la distribution ou encore l’immobilier.

Autrement dit, et comme le résume un analyste de la place contacté par nos soins, "quand une valeur pèse plus de 9% du MASI et évolue dans des amplitudes pareilles, elle cesse d’être une simple valeur de la cote. Elle devient presque un facteur de marché à elle seule. Aujourd’hui, une forte séance sur Managem peut soutenir une grande partie de l’indice, tandis qu’une correction brutale peut rapidement entraîner le MASI dans le rouge".

Et c’est précisément là que le sujet devient déterminant pour la lecture du marché. Quand une valeur avec un tel poids évolue fortement, l’impact sur le MASI devient immédiat. Une variation de Managem se transforme rapidement en mouvement d’indice. La séance du 15 mai en donne une illustration claire : le titre a perdu 8,5% et a retiré à lui seul 85 points de base au MASI sur la séance.

SMI et CMT affichent des poids plus réduits, avec respectivement 0,95% et 1,43% du MASI, mais leurs mouvements deviennent eux aussi visibles lorsqu’ils évoluent dans le même sens que Managem. Le 15 mai, les trois valeurs ont corrigé simultanément, entraînant une contribution du secteur Mines de -112 points de base sur la performance quotidienne du MASI.

Donc, le sujet dépasse largement la simple hausse des minières. Ce qui change aujourd’hui, c’est leur poids dans la capitalisation flottante du MASI. Plus ce poids progresse, plus l’indice devient sensible à leurs variations. Et progressivement, les mouvements des minières prennent une place centrale dans la lecture quotidienne du marché marocain.

Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché

En YTD, les minières amortissent une large partie de la baisse du MASI

La contribution des minières à l’évolution du MASI depuis le début de l’année apparaît particulièrement importante. En effet, le secteur Mines apporte à lui seul +656 points de base au MASI en YTD.

Un chiffre d’autant plus marquant que, dans le même temps, le MASI affiche encore une baisse d’environ 2,27% depuis le début de l’année. Autrement dit, les minières compensent aujourd’hui une partie importante de la faiblesse ou de la correction observée sur plusieurs autres compartiments de la cote.

Le contraste devient encore plus visible lorsqu’on regarde les contributions sectorielles négatives. Le secteur bancaire retire par exemple -290 points de base au MASI en YTD, le BTP -155 pbs, le transport -121 pbs, les télécommunications -118 pbs et les énergies -65 pbs.

À l’intérieur même du compartiment minier, Managem concentre l’essentiel de cette dynamique. La valeur contribue à elle seule à hauteur de +509 points de base à l’évolution du MASI depuis le début de l’année. CMT ajoute +94 pbs et SMI +52 pbs.

Autrement dit, une partie importante de la résistance actuelle du MASI repose sur trois valeurs minières seulement Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché

La semaine du 11 au 15 mai illustre aussi l’effet inverse

Mais cette forte influence fonctionne également dans l’autre sens. La semaine du 11 au 15 mai en donne une illustration particulièrement claire.

Sur la semaine, le secteur Mines reste le seul grand compartiment à afficher une contribution positive au MASI, avec +13 points de base. Pourtant, cette contribution masque une très forte volatilité des valeurs minières sur les dernières séances.

Le 15 mai notamment, le secteur Mines a retiré à lui seul -112 points de base à la performance quotidienne du MASI.

Dans le détail :

  • Managem a retiré -85 pbs ;
  • CMT -16 pbs ;
  • SMI -10 pbs.

Les trois valeurs ont corrigé simultanément après plusieurs semaines de forte accélération boursière, entraînant immédiatement le MASI dans le rouge avec une baisse quotidienne de plus de 1,7%.

À l’inverse, quelques séances plus tôt, le mouvement était totalement opposé. Le 13 mai, les trois minières avaient progressé de plus de 9% chacune, soutenant fortement l’évolution du MASI sur la séance.

Cette séquence montre surtout à quel point la lecture du marché marocain devient aujourd’hui sensible aux mouvements du compartiment minier. Lorsque les minières accélèrent, elles soutiennent rapidement l’indice. Et lorsqu’elles corrigent brutalement, leur poids dans la capitalisation flottante du MASI suffit à entraîner une grande partie du marché avec elles.

Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché

Hors minières, une lecture beaucoup plus fragile du marché apparaît

Et c’est justement là que la question du marché hors minières devient intéressante. Car la forte contribution du compartiment minier cache des contributions négatives depuis le début de l’année de plusieurs grands secteurs de la cote.

Il faut savoir que les banques retirent à elles seules -290 points de base au MASI en YTD. Le BTP retire -155 pbs, le transport -121 pbs, les télécommunications -118 pbs, les énergies -65 pbs ou encore les cimenteries -38 pbs.

Autrement dit, sans l’effet des minières, la lecture du marché marocain apparaît beaucoup plus dégradée. Les mines apportent actuellement +656 points de base au MASI, alors que l’indice affiche malgré tout une baisse d’environ 2,27% en YTD.

Cette situation montre surtout un marché à deux vitesses. D’un côté, les minières profitent pleinement de l’envolée des métaux précieux, des perspectives de projets et de la forte revalorisation du secteur. De l’autre, plusieurs compartiments plus traditionnels de la cote évoluent dans une dynamique beaucoup plus lente.

Le contraste apparaît encore plus clairement lorsqu’on regarde certains poids lourds du marché. Attijariwafa bank retire par exemple -116 points de base au MASI depuis le début de l’année, Marsa Maroc -122 pbs, BCP -54 pbs, Bank of Africa -52 pbs ou encore TGCC -68 pbs.

In fine, les minières jouent aujourd’hui un "rôle d’amortisseur" pour le MASI. Leur forte progression permet de compenser une partie des contre-performances observées sur d’autres secteurs majeurs de la cote. Et plus leur poids dans la capitalisation flottante augmente, plus cette sensibilité du MASI aux variations minières devient visible dans la lecture quotidienne du marché.

Loading...

Source: medias24.com

Loading...

Source: medias24.com

Loading...

Source: medias24.com

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
lire aussi

Un proche vous offre cet article

Inscrivez-vous gratuitement pour lire cet article, habituellement réservé aux lecteurs abonnés.

Vous êtes déjà inscrit ? Se connecter