Le secteur agroalimentaire coté à la Bourse de Casablanca regroupe six valeurs : Mutandis, Cosumar, Lesieur Cristal, Dari Couspate, Unimer et Cartier Saada.
Depuis le début de l'année, l'indice sectoriel affiche un repli d'environ 5%, contre une baisse de 4,2% pour le MASI. Toutefois, trois de ces sociétés : Cartier Saada, Unimer et Dari Couspate, se caractérisent par une liquidité très limitée, avec peu de séances véritablement animées. Le focus porte ainsi sur Mutandis, Cosumar et Lesieur Cristal, qui concentrent l'essentiel des échanges du secteur. Alors quel potentiel offre encore ce secteur en bourse ?
"Le secteur bénéficie actuellement d’un environnement plus favorable, porté notamment par le reflux des prix alimentaires sur le marché local et par l’amélioration attendue de la campagne agricole 2025-2026. À l’international, la détente reste toutefois contrastée selon les matières premières : les huiles végétales reculent, tandis que les céréales et le sucre demeurent orientés à la hausse", commente un analyste de la place.

Mutandis : les analystes misent sur un retour progressif à la normale
Le recul du titre Mutandis en bourse de près de 6% depuis le début de l'année reflète avant tout une année 2025 marquée par plusieurs chocs simultanés. "Les difficultés rencontrées par l'activité boissons en 2025 sont essentiellement liées à l'arrêt de l'usine de Aïn Ifrane, tandis que le pôle hygiène, malgré la progression de la notoriété de Vitaïa, reste encore d'un poids limité dans le portefeuille. À l'international, la dépendance de la marque Season au marché américain demeure un point de vigilance, tout comme les incertitudes entourant la répartition future des volumes entre l'export et le marché local", relève notre analyste.
À ces enjeux s'ajoutent plusieurs risques exogènes : l'évolution du dollar, la volatilité de la ressource sardinière, la montée en charge industrielle de Dakhla et le maintien d'une forte pression concurrentielle sur les détergents. Autrement dit, le marché attend désormais que ces projets se traduisent concrètement dans les résultats.
"Mais Mutandis aborde les prochaines années avec plusieurs leviers de croissance déjà identifiés. Le groupe s'appuie sur un portefeuille d'activités diversifié et une présence internationale qui représente plus de la moitié de son chiffre d'affaires, dont près de 25% aux États-Unis. Son référencement chez de grands distributeurs américains tels que Costco, Walmart ou Amazon constitue un atout important pour accompagner le lancement de nouvelles références, à l'image du maquereau mariné prévu outre-Atlantique".
Au Maroc, le groupe bénéficie également d'un modèle de distribution en accès direct aux épiciers, grossistes, semi-grossistes et enseignes de grande distribution. À cela s'ajoutent plusieurs relais de croissance, notamment la montée en puissance de la première usine d'hydrolysats de sardine à Dakhla, les synergies attendues entre les différentes activités ainsi que la possibilité d'acquisitions ciblées au Maroc et aux États-Unis.
"Mutandis reste une valeur à conserver en portefeuille. Malgré une année 2025 difficile et des résultats encore attendus sous pression en 2026, le titre présente un potentiel de revalorisation." Les analystes fixent un objectif de cours de 255 DH, soit un potentiel de hausse de 13,3% par rapport au cours de référence de 225 DH.
Source: medias24.com
Cosumar : une année de transition avant un rebond attendu
Après un repli de 8,5% depuis le début de l'année, Cosumar traverse une phase de transition. Les prévisions tablent sur une progression du chiffre d'affaires à 11,9 MMDH en 2026, mais un résultat d'exploitation quasiment stable à 1,3 MMDH et un RNPG en léger recul à 685 MDH, avant un rebond plus marqué en 2027 à 863 MDH.
"Le groupe conserve des fondamentaux solides, avec une position dominante sur le marché marocain du sucre, un outil industriel renforcé par la mise en service de la raffinerie de Sidi Bennour et une structure financière saine. Les principaux catalyseurs restent la montée en puissance de Sidi Bennour, le développement de nouveaux relais industriels, notamment le projet LCD de Casablanca, ainsi que le rebond attendu de la campagne sucrière grâce à une meilleure pluviométrie", soulignent les analystes.
Les principaux points de vigilance concernent la volatilité des cours mondiaux du sucre, des coûts énergétiques et le stress hydrique, ainsi que la montée en puissance des exportations de Sidi Bennour et l'évolution du cadre réglementaire du secteur.
Les analystes fixent un objectif de cours de 219,6 DH, soit un potentiel de hausse de 19,2% par rapport au cours de référence de 184,2 DH. Le rendement du dividende attendu, proche de 6%, constitue également un élément de soutien pour le titre.
Source: medias24.com
Lesieur Cristal : le redressement des marges au cœur de la thèse d'investissement
Moins suivie par les bureaux de recherche que Mutandis ou Cosumar, Lesieur Cristal n'en reste pas moins engagée dans une phase de transformation. Après une année 2025 particulièrement difficile, les prévisions anticipent un redressement progressif de la rentabilité. Le chiffre d'affaires atteindrait 5,6 MMDH en 2026 puis 6,1 MMDH en 2027, tandis que le résultat d'exploitation passerait de 100 MDH en 2025 à 217 MDH en 2026, puis à 382 MDH en 2027. Le RNPG progresserait de 9 MDH à 40 MDH, puis à 50 MDH.
"Le scénario repose avant tout sur une normalisation de la profitabilité après le point bas de 2025. Il est soutenu par une meilleure maîtrise des coûts des intrants, mais aussi par les différents chantiers de transformation engagés par le groupe : montée en gamme du mix produit, optimisation industrielle, modernisation de la supply chain, renforcement de la vente directe, digitalisation de la relation avec les détaillants et approche plus sélective du développement en Afrique", explique notre interlocuteur.
Lesieur Cristal figure ainsi parmi les valeurs industrielles pour lesquelles la plus forte amélioration de la marge opérationnelle est attendue en 2026, avec un gain de 2 points. La capacité du groupe à transformer ces gains opérationnels en amélioration durable des résultats constituera un indicateur suivi par le marché.
Source: medias24.com
