Face au défi carbone européen, le Maroc prépare la traçabilité de son électricité verte
Quinze candidatures ont été reçues pour mettre en place une plateforme nationale de certificats d’origine, appelée à permettre aux industriels de prouver la part renouvelable de leur consommation et à sécuriser l’accès de secteurs comme le ciment, les engrais, l’aluminium ou l’acier aux marchés de l’Union européenne.
Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable (MTEDD) a annoncé, ce mardi 16 juin, les résultats de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé en avril dernier pour la mise en place d'un registre national des certificats d'origine verte (CO).
À la clôture de l'AMI, le 1ᵉʳ juin 2026, le ministère a reçu 15 candidatures, émanant d'entreprises et de consortiums nationaux et internationaux. On y retrouve des opérateurs du marché des garanties d'origine, des fournisseurs de plateformes de registres de certificats, des développeurs de solutions informatiques ainsi que des bureaux d'ingénierie et de conseil.
Le décret sur les certificats d'origine, adopté en novembre 2024, prévoit que les demandes de certificats soient soumises via une plateforme numérique mise en place par l'autorité gouvernementale chargée de la transition énergétique.
Ces certificats jouent un rôle central dans la promotion de l'autoproduction. Concrètement, ils attestent que l'électricité consommée par un industriel provient bien de sources renouvelables, et permettent ainsi de réduire significativement l'empreinte carbone déclarée de sa production. Un enjeu d'autant plus stratégique que le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne (MACF) entre progressivement en vigueur, et que les exportateurs marocains de ciment, d'engrais, d'aluminium ou d'acier devront justifier l'origine bas-carbone de leur électricité pour préserver leur compétitivité.
Pour assurer son acceptabilité sur le marché européen des garanties d'origine (GO), la future plateforme devra répondre aux exigences de plusieurs directives communautaires : énergies renouvelables (UE 2018/2001, modifiée par UE 2023/2413 puis UE 2024/1711), électricité (UE 2019/944) et efficacité énergétique (UE 2023/1791).
Les candidatures sont actuellement examinées par un comité dédié, chargé d'identifier le modèle technique, financier et opérationnel le mieux adapté au contexte marocain. À l'issue de cette phase, le ministère lancera un appel d'offres formel portant sur l'acquisition, la mise en œuvre et, le cas échéant, l'exploitation de la plateforme nationale appelée à gérer l'ensemble des certificats d'électricité renouvelable au Maroc.
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