BCP. Malgré le repli en bourse, un potentiel de rattrapage encore important

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Par | Le 12/5/2026 à 15:38
Le titre Banque centrale populaire recule de plus de 16% depuis le début de l’année, dans un secteur bancaire coté lui-même en retrait à la Bourse de Casablanca. Cette baisse contraste avec des résultats 2025 en amélioration et une valorisation qui fait ressortir une décote importante par rapport aux niveaux du secteur.

L'essentiel :

  • Le titre Banque centrale populaire recule de plus de 16% depuis le début de l’année 2026, à 242 DH, soit une baisse plus marquée que celle de l’indice bancaire coté.
  • Le secteur bancaire reste lui aussi en retrait depuis janvier, avec une baisse de 7,4%.
  • Les résultats 2025 de BCP montrent pourtant une amélioration des principaux agrégats : le PNB progresse de 5,4% à 26,9 MMDH et le résultat avant impôts avance de 20,9%.
  • Le coût du risque baisse de 13,5% à 5,36 MMDH, avec un taux ramené à 163 points de base contre 194 points de base en 2024.
  • Le RNPG ressort à 4,5 MMDH, en hausse de 8,4%, mais reste freiné par un effet fiscal supérieur aux attentes.
  • À 242 DH, BCP se traite sur un P/E 2026 estimé à 9,3x, contre un niveau normatif sectoriel de 13,9x, ce qui fait ressortir une décote importante.
  • Le titre est recommandé à l’achat, avec un cours objectif de 391 DH, soit un potentiel de hausse de 62%.
  • Pour un analyste de la place, le titre reste pénalisé en Bourse, mais conserve une marge de rattrapage.

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Les détails :

Depuis le début de l’année 2026, le titre Banque centrale populaire (BCP) évolue en retrait à la Bourse de Casablanca. L’action affiche une baisse de plus de 16% en year-to-date (YTD), à 242 DH, alors que le secteur bancaire coté sous-performe déjà le MASI. L’indice sectoriel des banques recule de 7,4% depuis janvier, à 18.052 points.

Le décrochage de BCP apparaît ainsi plus marqué que celui du secteur, même si les autres banques cotées affichent, elles aussi, des performances négatives depuis le début de l’année, mais à des niveaux différenciés. Cette baisse intervient pourtant après des résultats 2025 en amélioration, marqués notamment par une progression du PNB, du résultat avant impôts et du RNPG. Pourquoi le titre reste-t-il pénalisé en Bourse ? Et jusqu’où peut aller son potentiel de rattrapage ?

BCP. Malgré le repli en bourse, un potentiel de rattrapage encore important

BCP : le décalage entre des résultats en hausse et un parcours boursier en retrait

Pour un analyste de la place, le titre BCP s’analyse d’abord comme un décalage entre la trajectoire bénéficiaire du groupe et son comportement en Bourse. "Oui, on peut dire que le titre reste pénalisé, alors même que les résultats 2025 confirment une amélioration des principaux agrégats. Le marché ne reflète pas encore pleinement cette trajectoire", explique-t-il.

Dans le détail, le produit net bancaire du groupe a progressé de 5,4% en 2025, à 26,98 MMDH. Cette hausse a été portée principalement par la marge d’intérêt, en progression de 6,3%, elle-même soutenue par la dynamique des crédits, notamment les crédits à l’équipement au Maroc, ainsi que par une amélioration du coût de la ressource liée à la montée des dépôts non rémunérés dans la structure des dépôts.

"La qualité de la croissance du PNB est importante à regarder. Elle ne repose pas uniquement sur un effet ponctuel. La marge d’intérêt explique une grande partie de la progression, avec une contribution des crédits et une structure de dépôts plus favorable. C’est un point positif pour la lecture fondamentale de la valeur", souligne l’analyste.

Autre élément important, le coût du risque a baissé de 13,5% en 2025, à 5,36 MMDH. Rapporté aux crédits bruts à la clientèle, son taux revient à 163 points de base, contre 194 points de base en 2024. Cette amélioration s’explique par un effort de récupération et d’assainissement au Maroc et dans certaines filiales en Afrique subsaharienne.

"Le coût du risque reste un élément important chez BCP, mais son évolution en 2025 va dans le bon sens. La baisse est plus forte qu’attendu, ce qui améliore la lecture du résultat avant impôts", poursuit l’analyste.

Le résultat avant impôts ressort ainsi à 9,56 MMDH, en hausse de 20,9% sur un an. En revanche, le RNPG progresse plus modérément, de 8,4%, à 4,5 MMDH. L’écart vient principalement d’un effet fiscal supérieur aux attentes, avec un taux d’IS effectif de 41,2%, contre 37,8% anticipé dans les prévisions initiales.

"C’est l’un des points qui peut expliquer une partie de la lecture prudente du marché. Le résultat avant impôts progresse fortement, mais le RNPG ressort en dessous des attentes à cause de l’effet fiscal. Ce n’est pas une dégradation opérationnelle, mais cela réduit la traduction finale de la performance dans le résultat net part du groupe", explique l’analyste.

Sur le plan boursier, c’est surtout la valorisation qui fait ressortir le potentiel du titre. À 242 DH actuellement, BCP se traite sur un P/E 2026 estimé à 9,3x, contre un niveau normatif sectoriel de 13,9x. "On le voit clairement, il existe une vraie décote par rapport aux niveaux du secteur", relève l’analyste.

Il faut aussi rappeler que les analystes d’AGR avaient déjà recommandé le titre à l’achat, avec un cours objectif de 391 DH, soit un potentiel de hausse de 62% par rapport au cours retenu de 242 DH.

"À ces niveaux de cours, le titre conserve une marge de revalorisation importante. BCP reste pénalisée en Bourse, mais la décote actuelle paraît significative au regard de la progression des bénéfices et des multiples du secteur. Donc, le potentiel de rattrapage existe".

"BCP est en retrait en Bourse, mais cela tient aussi aux arbitrages des investisseurs dans un marché devenu plus sélectif. Je pense aussi que si la liquidité et les flux reviennent davantage sur le marché actions, BCP pourrait en profiter également", conclut-il.

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Source: medias24.com

Banques cotées : des points d’entrée redevenus attractifs après la correction

Le secteur bancaire garde toutefois un statut particulier à la cote. Il s’agit d’un secteur traditionnellement recherché pour sa profondeur, sa capacité bénéficiaire et sa résistance dans les cycles de marché. "Dans une année comme 2026, où le marché devient plus sélectif après deux exercices de forte progression, les banques reviennent naturellement dans les radars. Ce sont des valeurs de fond de portefeuille, avec des bilans solides, une capacité de distribution et une visibilité plus importante que sur d’autres secteurs", explique un analyste de la place.

Cette lecture est d’autant plus importante que la correction observée entre fin février et mars a redonné, selon lui, des niveaux d’entrée plus intéressants sur plusieurs valeurs bancaires. "Après deux années où beaucoup de valeurs ont progressé presque mécaniquement avec le marché, 2026 marque une phase différente. On n’est plus dans un marché où tous les secteurs montent en même temps. Il faut redevenir sélectif, regarder les multiples, la croissance bénéficiaire, la qualité du bilan et la capacité à maintenir le dividende", poursuit-il.

Or, sur ces critères, le secteur bancaire coté conserve des arguments. Les banques bénéficient d’un environnement sectoriel encore bien orienté : les crédits à l’économie ont progressé de 8% en 2025, soit la plus forte croissance observée depuis quinze ans, avec une accélération marquée des crédits à l’équipement, en hausse d’environ 25% à 304 MMDH. Le secteur coté a également affiché, à fin septembre 2025, un PNB en hausse de 6% à près de 72 MMDH et un RNPG en progression de 13,6% à 17,5 MMDH.

"Ce qui rend le secteur intéressant aujourd’hui, c’est que la baisse des cours a amélioré les points d’entrée alors que les bénéfices, eux, continuent de progresser. On a donc un mouvement inverse entre la valorisation et la trajectoire des résultats", résume l’analyste.

Selon les estimations sectorielles, le P/E du secteur bancaire coté ressort à 12,6x sur la période 2026E-2027E, avec un ROE qui franchirait pour la première fois le seuil de 13%. Le rapport souligne même que jamais le P/E du secteur n’a été aussi bas par rapport à sa rentabilité financière.

Dans cette logique, le recul du P/E 2026, estimé autour de 11,9x contre 13,5x un an plus tôt, traduit une détente des multiples d’environ 12%, alors que la croissance bénéficiaire du secteur reste attendue autour de 7%. Pour un analyste, c’est précisément ce couple valorisation-croissance qui rend le secteur plus lisible dans le contexte actuel. "Le marché paie moins cher des bénéfices qui continuent de progresser. C’est ce qui donne au secteur bancaire un profil attractif, surtout dans une phase où les investisseurs doivent arbitrer plus finement entre les valeurs".

Le point essentiel est donc là : le secteur bancaire n’est pas porté uniquement par son caractère défensif. Il reste soutenu par plusieurs moteurs concrets : la dynamique des crédits, l’amélioration du coût de la ressource grâce au poids élevé des dépôts non rémunérés, la baisse du coefficient d’exploitation liée notamment à la digitalisation, ainsi que le repli du coût du risque après deux années de hausse.

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