Banques marocaines : Fitch anticipe une amélioration des profils de crédit sur 2026-2027

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Par | Le 4/5/2026 à 12:19
Selon Fitch Ratings, les banques marocaines devraient continuer d’améliorer leurs profils de crédit sur 2026-2027, portées par la croissance de l’activité, une rentabilité en progression et un cadre prudentiel plus exigeant. Après une année 2025 marquée par une hausse de 26% du résultat net agrégé, le secteur aborde un nouveau cycle avec des fondamentaux renforcés.

Les banques marocaines abordent un cycle plus favorable. Selon Fitch Ratings, les profils de crédit du secteur devraient continuer de s’améliorer, soutenus par la croissance de l’activité, un environnement opérationnel porteur et des réformes en cours.

L’agence de notation, qui couvre les sept principales banques du pays, dont Attijariwafa Bank, Bank of Africa, BMCI, CIH Bank ou encore Saham Bank, met en avant un point d’inflexion déjà visible en 2025.

Une rentabilité en nette amélioration, malgré une pression sur les risques

La dynamique de crédit a joué un rôle central. La croissance des prêts, établie à 6% en 2025, s’est traduite par une progression marquée des indicateurs financiers : le résultat net agrégé a bondi de 26%, tandis que les revenus ont augmenté de 18%. Le résultat opérationnel a suivi la même tendance, en hausse de 24%, aidé par un recul de 5% du coût du risque.

Pour autant, Fitch souligne que la rentabilité fondamentale reste globalement stable. Le ratio de résultat opérationnel rapporté aux actifs pondérés par les risques (RWA) s’est maintenu à 2,3%. En toile de fond, deux facteurs viennent neutraliser une partie de l’amélioration : la croissance rapide des encours pondérés et l’exposition de certaines banques à des souverains d’Afrique subsaharienne dont la qualité de crédit s’est détériorée.

2026–2027 : un cycle encore porteur

Les perspectives restent néanmoins orientées à la hausse. Fitch anticipe une nouvelle amélioration de la rentabilité sur 2026 et 2027, portée par la progression des volumes d’activité dans un environnement domestique jugé favorable.

Les marges d’intérêt devraient, selon l’agence, rester relativement stables, autour de 3,3% à 3,4%. Même en cas de baisse des taux, l’impact sur la rentabilité serait limité. Autrement dit, la croissance des volumes devrait continuer de compenser les éventuelles pressions sur les marges.

Capital : une discipline renforcée avant le SREP

Sur le plan prudentiel, le secteur montre également des signes de consolidation. Le ratio CET1 moyen a reculé de 20 points de base en 2025, mais reste largement supérieur au minimum réglementaire de 8%.

Surtout, la montée en puissance du cadre de supervision, avec la mise en œuvre progressive du Supervisory Review and Evaluation Process (SREP) à l'horizon 2027, incite déjà les banques à renforcer leur discipline en matière de capital. Les trois établissements systémiques domestiques affichent ainsi des ratios Tier 1 supérieurs d’environ 200 points de base au seuil réglementaire de 9%.

Cette évolution marque une rupture avec le passé. Historiquement, les banques marocaines opéraient avec des coussins de capital relativement limités, ce qui pouvait freiner leur capacité de croissance. L’élargissement de ces buffers change la donne.

Une capacité accrue à financer les grands projets

Avec des niveaux de capital plus confortables, le secteur est mieux positionné pour accompagner les besoins de financement à venir. Fitch cite notamment les investissements liés à la Coupe du monde 2030, dont environ 70% pourraient être financés par le système bancaire domestique.

Ce point est clé : la solidité du bilan devient un levier direct de participation aux grands cycles d’investissement, et donc de croissance future.

Dépôts et liquidité : un socle toujours solide

Enfin, l’un des principaux atouts structurels du secteur reste inchangé : le financement. Les banques continuent de s’appuyer majoritairement sur des dépôts clientèle à faible coût, en hausse de 8,6% en 2025.

Cette progression est tirée à la fois par les dépôts des entreprises (+10%), des particuliers (+6%) et des Marocains résidant à l’étranger (+5%). Ce socle de liquidité solide devrait continuer de soutenir les plans d’expansion du secteur.

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