Viandes rouges : une bourse nationale comme solution pour encadrer les prix
Malgré un cheptel jugé abondant, les prix des viandes rouges restent élevés. Pour Mustapha Khouli, président de l’ANPVR, cette hausse s’explique par un déséquilibre temporaire entre l’offre et la demande. Il plaide surtout pour la création d’une bourse nationale des viandes rouges destinée à mieux encadrer et plafonner les prix.
À l’approche de l’Aïd Al-Adha, la hausse persistante des prix des viandes rouges continue d’alimenter les inquiétudes des consommateurs, malgré l’abondance du cheptel annoncée par les professionnels. Pour Mustapha Khouli, président de l’Association nationale des producteurs de viandes rouges (ANPVR), interrogé par médias24, cette situation reste conjoncturelle et s’explique principalement par un déséququilibre temporaire entre l’offre et la demande.
Face à cette situation, le président de l’association avance une proposition forte : la mise en place d’une bourse nationale des viandes rouges afin de mieux encadrer les prix, organiser le marché et limiter les fluctuations excessives. L’objectif est d’instaurer davantage de transparence dans les transactions, de structurer les circuits de commercialisation et surtout de plafonner les prix, afin de protéger à la fois les consommateurs et les éleveurs.
Selon lui, les effets positifs des récentes pluies, de l’amélioration des pâturages et du soutien apporté aux éleveurs ne peuvent pas se traduire immédiatement sur les prix. "Les résultats apparaîtront plus tard", explique-t-il, rappelant que les éleveurs sortent de plusieurs années marquées par la sécheresse, la rareté de l’eau et une forte pression sur les coûts de production.
La flambée observée actuellement s’explique surtout par l’approche de l’Aïd Al-Adha, période où la demande dépasse naturellement l’offre disponible sur les marchés. Mustapha Khouli souligne que les achats de moutons de sacrifice ne commencent réellement que dans les quinze jours précédant la fête, moment où l’activité commerciale s’intensifie fortement.
Il assure toutefois que le cheptel national est disponible en quantité suffisante et en bon état sanitaire. "Cette année, le bien est abondant", affirme-t-il, précisant que les animaux ont bénéficié de plusieurs mois de pâturage, ce qui améliore à la fois leur état physique et la qualité de la viande.
Outre la pression saisonnière de la demande, plusieurs facteurs structurels pèsent sur les prix. Le président de l’ANPVR cite notamment la hausse du coût des aliments de bétail, liée aux difficultés d’importation des matières premières, principalement en provenance de Russie et d’Ukraine, ainsi que l’augmentation du prix du carburant. Ces charges impactent directement la rentabilité des éleveurs et se répercutent sur le prix final.
Pour les prochaines semaines, Mustapha Khouli se veut rassurant. Il estime qu’une importante quantité d’agneaux de 45 à 50 kg sera disponible d’ici fin juin. Il évoque également les naissances de 2025, dont une partie n’a pas été abattue afin de préserver les femelles destinées à la reproduction, ce qui devrait contribuer à renforcer l’offre cette année.
Concernant les importations, il relativise leur impact sur le marché national. Selon lui, les races importées ne concurrencent pas réellement les races locales, largement préférées par les consommateurs marocains. L’importation sert principalement à réduire légèrement la pression sur le cheptel national, sans constituer une solution structurelle. "Cela reste minime, entre 1 % et 2 %", précise-t-il, ajoutant qu’aucune nouvelle décision d’importation n’a été prise à ce stade.
Face à cette situation, l’ANPVR plaide pour une meilleure organisation du secteur. Le soutien aux aliments de bétail reste, selon l’association, une priorité absolue pour permettre aux éleveurs de maintenir leur activité et d’augmenter leur production. Mais la principale proposition avancée reste la création, à terme, d’une bourse des viandes rouges.
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