img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Dossier Cet article est issu du dossier «Démolitions à l’Océan» Voir tout le sommaire
SOCIETE

Quartier Océan à Rabat: démolitions en chaîne et incertitudes sur l’avenir du quartier

Les opérations de démolition se poursuivent dans le quartier de l’Océan à Rabat, où le paysage urbain évolue rapidement sous l’effet d’un chantier de requalification d’ampleur. Entre annonces jugées tardives, incertitudes sur le périmètre concerné et contestation des indemnisations, les témoignages recueillis sur place reflètent une situation confuse.

Démolitions au quartier de l'Océan à Rabat
Démolitions au quartier de l'Océan à Rabat
Par
Le 25 avril 2026 à 9h46 | Modifié 29 avril 2026 à 15h17

Situé en bordure de l’Atlantique, ce quartier à forte valeur foncière est appelé, selon les orientations initiales du plan d’aménagement, à renforcer sa vocation touristique.

À l’origine, le projet visait notamment à libérer le domaine public et à élargir plusieurs axes, dont les avenues Brahim Roudani, Mokhtar Gazoulit, Kebibat et de la Résistance. Il prévoyait également la reconversion de la corniche, la réhabilitation de friches urbaines et la restructuration de bâtiments à valeur patrimoniale.

Sur le terrain, plusieurs habitants interrogés décrivent une extension progressive du périmètre des démolitions, au-delà des emprises initialement ciblées.

Démarrées du côté de Douar Laskar un peu plus d'un an, les opérations se sont ensuite étendues à Gharbia puis au quartier Napoli, sans qu’un périmètre clair et définitif ne soit communiqué. "Au départ, il s’agissait d’élargir les voies en supprimant les occupations du domaine public, comme les jardins attenants aux maisons. Mais quelques mois plus tard, les habitations elles-mêmes ont été concernées", témoigne un ancien résident.

Aujourd’hui, l’incertitude demeure quant aux prochaines zones visées. Certains évoquent une extension plus large, tandis que d’autres affirment ne disposer d’aucune information fiable. "Personne ne sait exactement jusqu’où cela ira", résume un habitant, pointant un manque de visibilité qui alimente les rumeurs.

Dans certains immeubles, des appartements sont détruits tandis que d’autres restent occupés. Une configuration qui, selon plusieurs témoignages, fragilise les structures et accélère les départs.

"Si un occupant accepte de partir et que son voisin refuse, l’appartement libéré peut être démoli, ce qui met en péril l’ensemble de la résidence", explique un ancien habitant. Cette dynamique contribue à transformer progressivement le quartier, avec des îlots partiellement vidés ou en cours de démolition.

Opacité et indemnisations au cœur des critiques

La question des indemnisations cristallise une partie des tensions. Selon les témoignages recueillis, les montants proposés varient entre 10.000 dirhams le mètre carré pour les biens non immatriculés et 13.000 dirhams pour les biens titrés. Pour certains habitants, ces niveaux sont insuffisants pour se reloger dans des conditions comparables dans la ville de Rabat. "À ce prix-là, il devient difficile de rester dans la capitale, ce qui pousse vers des zones comme Tamesna, Skhirat ou Aïn Atiq", souligne un riverain.

D’autres estiment en revanche que ces montants correspondent à la valeur actuelle du marché, indépendamment des perspectives futures liées à la requalification du quartier.

Pour les locataires ou les détenteurs de droit au bail (sarout), les compensations sont décrites comme incertaines. Elles peuvent prendre la forme d’un appartement ou d’un terrain, souvent situés en périphérie, notamment à Skhirat, Témara, Tamesna ou Aïn Atiq.

Certains témoignages évoquent également des logements attribués dans des programmes économiques, nécessitant une contribution financière des bénéficiaires, incluant frais d’acquisition et de notaire.

Par ailleurs, plusieurs habitants indiquent que le versement des indemnisations intervient après la démolition effective des biens, obligeant les ménages à se reloger temporairement à leurs frais.

Au-delà des aspects financiers, des critiques émergent sur les modalités d’information. Certains habitants affirment avoir été prévenus environ six mois à l’avance, tandis que d’autres décrivent un processus marqué par le bouche-à-oreille et la circulation de rumeurs. "Les gens sont préparés progressivement, à travers des informations informelles, avant l’annonce officielle", avance un habitant. Une perception qui renforce le sentiment d’opacité autour de l’opération.

Pour une partie des habitants, les démolitions représentent une rupture, tant sociale que territoriale. Faute de communication officielle précise sur les contours du projet, les démolitions continuent d’alimenter les interrogations et des lectures parfois opposées, au rythme des transformations visibles du quartier.

Les citoyens restent dans le flou quant aux projets prévus après les démolitions. Les rumeurs se multiplient. Certains évoquent la construction de résidences haut standing, notamment de type Prestigia, ainsi que d’hôtels, de cafés et de restaurants. D’autres affirment que tout le périmètre allant de Douar Laskar jusqu’à l’église sera concerné.

Quartier Océan à Rabat: démolitions en chaîne et incertitudes sur l’avenir du quartier

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 25 avril 2026 à 9h46
SOMMAIRE DU DOSSIER

à lire aussi

Festival Gnaoua 2026 : les rythmes du Rwanda, de Harlem et du Brésil au cœur des grandes fusions d’Essaouira
Quoi de neuf

Article : Festival Gnaoua 2026 : les rythmes du Rwanda, de Harlem et du Brésil au cœur des grandes fusions d’Essaouira

Du 25 au 27 juin 2026, la 27e édition du Festival Gnaoua et musiques du monde fera dialoguer les maâlems gnaoua avec l’Intore du Rwanda, le gospel de Harlem, les rythmes brésiliens de Carlinhos Brown et les univers de Richard Bona ou ganavya. Fidèle à son ADN, le rendez-vous d’Essaouira place cette année les patrimoines vivants et les scènes contemporaines au cœur de créations inédites, entre transmission africaine, expérimentation musicale et ouverture sur le monde.

Législatives : 12 millions de non-inscrits sur les listes électorales, le grand défi des élections
Elections 2026

Article : Législatives : 12 millions de non-inscrits sur les listes électorales, le grand défi des élections

À quatre mois du scrutin du 23 septembre, l’Intérieur veut élargir le corps électoral car le nombre d’inscrits sur les listes électorales a fortement baissé. Derrière la révision exceptionnelle des listes, ouverte du 15 mai au 13 juin, se joue une question sensible : un gouvernement issu de législatives peut-il absorber les tensions sociales si sa base électorale reste trop étroite ? Avec 16 millions d’inscrits pour un potentiel estimé à 28 millions de citoyens en âge de voter, Abdelouafi Laftit met les partis face à une responsabilité directe : aller chercher les non-inscrits, jusque dans les territoires les plus éloignés, pour éviter que la prochaine majorité repose sur une légitimité arithmétiquement fragile.

Après le choc Evlox, le textile marocain confronté à l’offensive turque
ECONOMIE

Article : Après le choc Evlox, le textile marocain confronté à l’offensive turque

La fermeture d’Evlox à Settat constitue un coup dur pour l’amont textile marocain, au moment où les opérateurs turcs renforcent leur présence industrielle et commerciale. En consolidant leur chaîne de valeur, ces acteurs gagnent en compétitivité. Pour le Maroc, l’enjeu dépasse la production. Il touche à la capacité de bâtir une souveraineté textile portée par des marques nationales.

BCP. Malgré le repli en bourse, un potentiel de rattrapage encore important
Actus

Article : BCP. Malgré le repli en bourse, un potentiel de rattrapage encore important

Le titre Banque centrale populaire recule de plus de 16% depuis le début de l’année, dans un secteur bancaire coté lui-même en retrait à la Bourse de Casablanca. Cette baisse contraste avec des résultats 2025 en amélioration et une valorisation qui fait ressortir une décote importante par rapport aux niveaux du secteur.

Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 12 mai 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 12 mai 2026

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 12 mai 2026 en baisse, avec un MASI en repli de 0,39% à 18.776,54 points. Le volume global des échanges s’est établi à 196,53 MDH, porté principalement par Managem, LabelVie et SMI.

Écoles françaises : sous pression des parents, l’AEFE réduit la hausse des frais
EDUCATION

Article : Écoles françaises : sous pression des parents, l’AEFE réduit la hausse des frais

Alors que la hausse annoncée des frais de scolarité dans les établissements français au Maroc avait suscité une vague de contestation parmi les parents d’élèves, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) a finalement revu sa position et annoncé une augmentation de 6% pour la rentrée 2026, au lieu des 7% initialement prévus.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité