Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Les élections de l’Ordre des experts-comptables se tiennent le 21 mai, avec le renouvellement des instances au niveau du Conseil national et des conseils régionaux. Selon une source professionnelle, "ce scrutin s’inscrit dans un contexte de tensions au sein de la profession".
Au total, 41 candidats sont en lice pour les 11 sièges du Conseil national. La liste regroupe des profils issus de grands cabinets structurés, des figures déjà présentes dans les instances de l’Ordre, ainsi que des nouveaux entrants, c’est-à-dire des profils plus récents et souvent plus jeunes. On distingue ainsi la présence de profils expérimentés, de représentants de grands cabinets, mais aussi de challengers portés par une nouvelle génération.
La répartition des candidatures confirme une forte concentration à Casablanca, avec 33 profils sur les 41 en lice, loin devant Rabat (4), Agadir (2), Marrakech (1) et Meknès (1). La liste compte 4 femmes pour 37 hommes.
Notre source professionnelle nous explique que "parmi les profils les plus établis, certains noms renvoient à des parcours longs et reconnus dans la profession, à l’image de Samir Agoumi, considéré parmi les plus anciens, ou encore de Rachid Seddik-Seghir, figure établie du métier. D’autres, comme Mohammed Tougani, identifié pour son expertise judiciaire, ou Taïb Aisse, dont le parcours s’inscrit dans la durée, illustrent cette présence de profils expérimentés".
L’un des prétendants les plus en vue est Yassine El Maguiri pour le poste de président du Conseil nationalMais il faut savoir que certains profils émergent déjà comme des points de convergence. "L’un des prétendants les plus en vue est Yassine El Maguiri pour le poste de président du Conseil national", confie notre source professionnelle, en référence à l’actuel président du conseil régional de Casablanca, dont le positionnement le place au centre des équilibres en cours.
Le poids croissant des profils issus de cabinets structurés internationaux
Parmi les 41 candidats en lice, une première lecture fait apparaître la présence marquée de profils issus de cabinets internationaux, souvent adossés à des réseaux internationaux. C’est notamment le cas de Abdelmejid Faiz, senior tax partner chez EY Maroc et actif sur les questions fiscales, ou encore de Abdeslam Berrada Allam, également associé au sein du même cabinet. Chez Deloitte, Adnane Faouzi, associé audit et assurance avec plus de deux décennies d’expérience, figure parmi les profils les plus expérimentés.
Du côté de Mazars, Mounaim Amraoui et Adnane Loukili occupent des fonctions de partner sur des activités d’outsourcing et de conseil, tandis que Aziz El Khattabi, directeur associé chez BDO Maroc, incarne un profil fiscal fortement exposé. Le réseau Grant Thornton est représenté par Tarik Maarouf, associé chez Fidaroc Grant Thornton, alors que Mohamed Redouane Rhalib, associé chez KPMG, et Tarik Bouziane Idrissi, directeur général de RSM Maroc, complètent ce bloc de profils issus de structures organisées.
Ces candidats partagent des trajectoires construites dans des environnements structurés, avec une exposition à des standards élevés en matière d’audit, de fiscalité ou de conseil. Certains occupent également des fonctions dans des commissions ou instances professionnelles, ce qui renforce leur visibilité au sein de la profession.
Au-delà des parcours individuels, leur présence montre une évolution plus large du métier. L’expertise comptable s’inscrit de plus en plus dans des organisations capables de mutualiser les ressources, d’investir dans des outils et de proposer des offres élargies. Dans ce contexte, ces profils incarnent une forme de structuration du secteur, avec une approche plus intégrée et tournée vers l’entreprise.
Le poids des profils déjà ancrés dans les instances de l’Ordre
En parallèle, une autre catégorie se détache nettement : celle des profils déjà impliqués dans les instances de l’Ordre. Plusieurs candidats disposent d’une expérience directe au sein des organes de gouvernance ou des commissions, ce qui leur confère une connaissance fine du fonctionnement interne et des enjeux de la profession.
C’est notamment le cas de Yassine El Maguiri, actuel président du conseil régional de Casablanca et région du centre, dont le positionnement en fait l’un des profils les plus visibles de ce scrutin. Ahmed Chahbi, deuxième vice-président de l’Ordre et président de la commission communication, fait également partie des figures installées, tout comme Youssef El Ouadi, membre du Conseil national et président de la commission formation.
Dans le même registre, Mohamed Samir Bennis, actif sur les sujets fiscaux au sein de l’Ordre, ou encore Choukri Boukhar, engagé dans les commissions liées à la déontologie et à l’expertise judiciaire, illustrent ce profil de candidats ancrés dans les rouages institutionnels. D’autres, comme Mehdi El Attar (assesseur) ou Narjis El Mohib (trésorière), déjà passés par les conseils régionaux, témoignent également de cette continuité.
Ces profils partagent une caractéristique centrale : une expérience concrète de la gestion des affaires de l’Ordre, qu’il s’agisse de formation, de communication, de discipline ou de représentation. Leur présence traduit une logique de continuité, avec des candidats qui maîtrisent les mécanismes internes et disposent de réseaux établis.
Dans ce contexte, ils occupent une position particulière dans le scrutin, à la croisée entre expérience institutionnelle et capacité à influencer les équilibres au sein des futures instances.
Un socle solide de cabinets indépendants et de structures locales
À côté des grands réseaux et des profils déjà engagés dans les instances de l’Ordre, une part importante des candidatures provient de cabinets indépendants ou de structures à taille intermédiaire. Ces profils incarnent une autre réalité du métier, plus proche du tissu économique local et des besoins quotidiens des entreprises.
Parmi eux, El Mehdi Fakir, directeur associé d’AdValue et régulièrement présent dans le débat économique, ou encore Bennaceur Bousetta, managing partner de BBO & Partners et actif sur les questions juridiques et fiscales, illustrent des profils à la fois ancrés dans la pratique et ouverts sur l’environnement des affaires. Rochdi Chmali, fondateur d’Expact Partners et impliqué dans l’enseignement, ou Driss Oudrhiri, à la tête de DO Consulting, s’inscrivent également dans cette catégorie de cabinets structurés mais indépendants.
D’autres profils, comme Mohammed Tougani, spécialisé notamment en expertise judiciaire, El Houssaine Houssifi avec Revisor House, ou encore Brahim Chaoui, gérant de cabinet, représentent une pratique plus traditionnelle de l’expertise comptable, souvent organisée autour de structures locales.
Ces candidats partagent un positionnement intermédiaire : ni adossés à de grands réseaux internationaux, ni nécessairement engagés dans les instances de l’Ordre, mais disposant d’une base d’activité solide et d’une connaissance directe du terrain. Leur présence dans le scrutin reflète le poids réel des cabinets indépendants dans la profession, qui restent largement majoritaires.
Dans l’équilibre global des candidatures, ce bloc joue un rôle central, capable de faire le lien entre différentes logiques et de peser dans les arbitrages.
Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital
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