img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Taxe sur le profit immobilier : une mesure administrative jugée “abusive” (expert)

Considérant la taxe sur le profit immobilier comme une mesure administrative “abusive” en raison de son décalage avec les dispositions légales, le notaire et ancien secrétaire général du CNONM, Mohamed Lazrak, propose des alternatives.

Taxe sur le profit immobilier : une mesure administrative jugée “abusive” (expert)
Par
Le 26 septembre 2024 à 16h34 | Modifié 30 septembre 2024 à 13h38

La taxe sur le profit immobilier (TPI) est-elle une mesure imposée par la loi ou une pratique administrative abusive ? C’est la question que pose Mohamed Lazrak, notaire à Rabat et ancien secrétaire général du Conseil national de l’ordre des notaires du Maroc (CNONM), dans une analyse faite pour Médias24.

Et sa réponse est claire. Selon lui, la taxe sur le profit immobilier telle qu’appliquée aujourd’hui est en déphasage avec les textes qui l’encadrent. Il estime que, compte tenu de la manière dont cette taxe est calculée, il s’agit plutôt d’une “pratique administrative abusive” qui doit être “révisée”.

Ce que dit la loi

L’article 65 du Code général des impôts dispose que la taxe sur le profit immobilier équivaut à la différence entre le prix de cession diminué, le cas échéant, des frais de cession et le prix d’acquisition augmenté des frais d'achat.

“Pour simplifier, imaginons qu’un propriétaire vende un bien à 1.000.000 DH, alors qu’il l’a acheté à 600.000 DH. Dans ce cas, il faut d’abord ajouter les “frais d’acquisition forfaitaires qu’il a déboursés lors de l’acquisition, soit 15% du prix d’achat, avant de déduire ces deux montants du prix auquel ce propriétaire vend actuellement, soit 1.000.000 DH - 690.000 DH = 310.000 DH”, explique notre interlocuteur.

Et d’ajouter : “En multipliant ce montant par un coefficient de 20%, l’on obtient le montant correspondant à la taxe sur le prix imposable, sans que celui-ci soit inférieur à l’équivalent de 3% du prix de vente. Dans le cas d’espèce, le montant de la TPI est de 62.000 DH, tandis que les 3% du prix de vente correspondent à 30.000 DH. C’est le montant le plus élevé qu’il faut remettre à l’État, soit 62.000 DH, dans notre cas de figure”.

Selon Me Lazrak, “les services d’inspection de la Direction régionale font exprès de réévaluer la base sur laquelle repose la déclaration en envoyant, généralement, une réévaluation du prix de vente déclaré par le vendeur dans le contrat de vente”.

“En gardant le même exemple, ces services vont adresser un courrier au déclarant, lui expliquant que l’inspection de l’administration a décidé, compte tenu du lieu et de la superficie du bien, d’augmenter la valeur du prix à 1.300.000 DH. Ainsi, le déclarant doit payer une somme supplémentaire correspondant à 20% des 300.000 DH de plus, soit 60.000 DH. Sauf qu’en analysant l’article 65 du Code des impôts, il s’avère que le profit imposable correspond uniquement à la différence entre le prix de vente et le prix d’achat. Sinon, le législateur aurait formulé autrement, en précisant que la TPI est calculée sur la base de la différence entre la valeur du prix fixée par la Direction des impôts et celle du prix d’achat”, s’insurge-t-il.

La réévaluation en cas de fraude avérée

Mohamed Lazrak précise également que “le législateur n’a pas permis à la Direction des impôts de contrôler les déclarations relatives à ce type d’impôts que lorsqu’une preuve de fraude fiscale de la part du vendeur est prouvée”. Car, comme le rappelle notre interlocuteur, “certains citoyens déclarent intentionnellement un prix de vente inférieur au prix réel de la vente dans le but de verser une taxe allégée”. Et, selon Mohamed Lazrak, le rôle de l’inspection des impôts se limite à ce type de situations uniquement. Il souligne également que c’est à cette administration que revient la charge de la preuve, car “c’est à la personne qui accuse d’apporter la preuve”.

Dans ce sens, “la véracité des éléments déclarés par le vendeur ne peut être contestée que par des arguments solides et des preuves convaincantes et non pas en s’appuyant uniquement sur la valeur commerciale de biens similaires”.

Pour Mohamed Lazrak, “on ne peut reprocher au vendeur de vendre le bien à un prix inférieur à sa valeur commerciale, et ce, en raison de la situation difficile dans laquelle il peut se trouver, ou en raison du manque d’offres reçues concernant son bien”.

“On ne peut pas non plus imposer une taxe au vendeur sur des sommes qu’il n’a pas reçues. Dans ce cas, l’impôt n’est plus imposé sur le bénéfice comme le prévoit le texte, mais sur la vente d’un bien selon les conditions imposées par l’inspection des impôts”, martèle le notaire.

Celui-ci estime qu’il est nécessaire de “revoir le texte qui organise cette taxe, car il est inconcevable d’imposer des taxes abusives aux citoyens uniquement parce qu’ils vendent leurs biens et qu’ils ont reçu de l’argent en contrepartie”. Il propose donc de fixer une taxe à hauteur de 5% du prix de vente “à payer le jour de l’inscription de l’acte de vente auprès des services des impôts. Ceux-ci pourront ainsi récolter, en même temps, les 5% correspondants aux frais d’enregistrement de l’acte et ces 5% correspondant à la taxe sur le profit immobilier”.

Cette solution va permettre, selon notre interlocuteur, de décharger la Direction générale des impôts (DGI) en matière de procédures, de poursuites judiciaires et de paperasse qui lui font perdre “beaucoup de temps et d’argent”.

LIRE AUSSI 

Vente immobilière : tout savoir sur la fiscalité qui vous attend

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 26 septembre 2024 à 16h34

à lire aussi

Inauguration du Théâtre royal de Rabat. Un nouveau souffle pour la “Ville lumière”
CULTURE

Article : Inauguration du Théâtre royal de Rabat. Un nouveau souffle pour la “Ville lumière”

L’inauguration du Théâtre royal de Rabat, mercredi 22 avril 2026, marquera l’histoire culturelle du Royaume. Entre prouesses acoustiques, fusion orchestrale inédite et dialogue des répertoires, cet événement a célébré la richesse d’une scène artistique nationale désormais dotée d’un écrin à sa démesure.

Royal Air Maroc réceptionne son nouveau Boeing 737 MAX 8 (CN-RHP)
Quoi de neuf

Article : Royal Air Maroc réceptionne son nouveau Boeing 737 MAX 8 (CN-RHP)

La compagnie nationale Royal Air Maroc a accueilli, le 19 avril 2026, son 66ᵉ appareil, un Boeing 737 MAX 8 (CN-RHP) flambant neuf, au sein de sa flotte.

SIAM 2026 : lancement d’un projet pilote de paiements digitaux pour les coopératives
SIAM 2026

Article : SIAM 2026 : lancement d’un projet pilote de paiements digitaux pour les coopératives

À l’occasion de la 18ᵉ édition du SIAM, le ministère de l’Agriculture et Bank Al-Maghrib lancent un projet pilote de paiements digitaux au profit de 50 coopératives, afin de réduire l’usage du cash, de moderniser leur gestion et de renforcer l’inclusion financière en milieu rural.

Cuivre. Critical Mineral Resources en bonne voie pour valider une ressource de 25 millions de tonnes à Agadir Melloul
Mines

Article : Cuivre. Critical Mineral Resources en bonne voie pour valider une ressource de 25 millions de tonnes à Agadir Melloul

Au sud de Taliouine, le britannique CMR continue de développer son projet de mine de cuivre dans la localité d’Agadir Melloul. Les travaux de forage actuels confirment un potentiel économiquement viable tel que prévu initialement par la compagnie.

Alerte orange : vents violents dans l’Oriental, orages et grêle dans 16 provinces
Quoi de neuf

Article : Alerte orange : vents violents dans l’Oriental, orages et grêle dans 16 provinces

Des rafales de 70 à 80 km/h sont attendues jeudi 23 avril 2026 dans l'après-midi à Figuig, Taourirt et Jerada, tandis que des précipitations orageuses localement soutenues doivent se poursuivre jusqu’à vendredi 24 avril à midi de Fès à Nador.

Football. Neymar au Mondial 2026, une hypothèse qui prend forme
Football

Article : Football. Neymar au Mondial 2026, une hypothèse qui prend forme

Longtemps jugée improbable, la participation de Neymar au Mondial 2026 n’est plus totalement à exclure. Malgré les réticences du sélectionneur Carlo Ancelotti, l’attaquant de Santos FC conserve de solides soutiens au sein du vestiaire. Dans le même temps, plusieurs de ses concurrents en attaque sont actuellement indisponibles.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité