Déficit des transports publics à Casablanca : des communes invitées à mettre davantage la main à la poche
Le conseil de la ville souhaiterait impliquer plus fortement les dix-sept communes du Grand Casablanca dans la prise en charge du déficit du secteur du transport public. Une proposition dans ce sens sera soumise au vote lors de la session de février du conseil de la ville.
La commission des services publics du conseil de la ville de Casablanca a tenu, le mardi 31 janvier, une réunion en préparation de la session ordinaire de février.
Parmi les points à l’ordre du jour, l’examen d’un avenant à la convention de coopération liant la commune de Casablanca à la société de développement locale Casa Transport. Cet examen portait sur la prise en charge du déficit du secteur du transport par tramway et busway. Un autre avenant concernait la modification de la convention portant création de l’Etablissement de coopération intercommunale (ECI) à Al Baida.
Selon des sources présentes lors de la réunion, jointes par nos soins, les discussions ont essentiellement porté sur le déficit que cumule le secteur du transport public dans sa globalité, à savoir le transport par bus et le réseau du tramway.
Mohamed Afilal, vice-président du conseil de la ville, nous confie qu’il a été convenu d’améliorer les contributions des communes du Grand Casablanca à la prise en charge de ce déficit, dont une grande partie est actuellement assurée par la commune de Casablanca.
"Nous avons hérité d’un déficit cumulé lors de l’ancien mandat"
Cette mesure a été annoncée par Nabila Rmili, maire de Casablanca, en octobre dernier, lors de la seconde session du conseil de la ville. Elle avait alors indiqué que le déficit du secteur du transport à Casablanca était estimé à 30 MDH par mois, alors que pour le seul secteur du transport par bus, le budget de l’Etablissement de coopération intercommunal Al Baida - chargé de sa gestion - s’élève à peine à 36 MDH par an. Un montant auquel la commune de Casablanca participe à hauteur de 18 MDH, contre 1 MDH pour les quinze autres communes membres de l’ECI, et 2 MDH pour Mohammédia.
"Nous avons hérité d’un déficit cumulé lors de l’ancien mandat", ajoute Mohamed Afilal. "La pandémie a également impacté les recettes du secteur en raison de la baisse du nombre de passagers, ce qui a conduit à augmenter encore plus ce déficit, essentiellement couvert par la commune de Casablanca, alors que les autres communes adjacentes en bénéficient et que certaines ne paient pas leur contribution", précise-t-il encore.
Pour remédier à cette situation, "il a été décidé d’augmenter la contribution des différentes communes à la prise en charge de ce déficit", assure Mohamed Afilal. "Tous les membres de la commission ont conditionné le vote de cette mesure par l’engagement des autres communes à payer leurs dettes."
Et d’ajouter : "La contribution de la commune de Casablanca au budget de l’ECI sera augmentée à 120 MDH. Pour le reste des communes, la contribution passera de 2 MDH à 6 MDH pour certaines, de 1 MDH à 3 MDH pour d’autres, tandis qu’elle restera inchangée pour le reste des communes."
Selon l’avenant, dont Médias24 détient copie, les contributions à venir de chaque commune ont été fixées de la manière suivante :
| Communes | Participation actuelle | Amélioration de la participation |
| Casablanca | 18 MDH | 120 MDH |
| Mohammedia | 2 MDH | 6 MDH |
| Mechouar | 1 MDH | 1 MDH |
| Ain Harrouda | 1 MDH | 3 MDH |
| Bni Yekhlef | 1 MDH | 1 MDH |
| Chellalat | 1 MDH | 1 MDH |
| Sidi Moussa El Majdoub | 1 MDH | 1 MDH |
| Sidi Moussa Ben Ali | 1 MDH | 1 MDH |
| Mediouna | 1 MDH | 3 MDH |
| Tit Mellil | 1 MDH | 3 MDH |
| Sidi Hejjaj Oued Hassar | 1 MDH | 1 MDH |
| Lahraouiyine | 1 MDH | 1 MDH |
| El Mejjatia Oulad Taleb | 1 MDH | 1 MDH |
| Nouaceur | 1 MDH | 3 MDH |
| Bouskoura | 1 MDH | 3 MDH |
| Oulad Saleh | 1 MDH | 1 MDH |
| Dar Bouazza | 1 MDH | 3 MDH |
| Oulad Azzouz | 1 MDH | 1 MDH |
Abdullah Abaakil, qui représente le PSU au conseil de la ville de Casablanca, estime que la problématique est plus importante pour le transport par bus, dont la gestion est assurée par une société privée, alors que le déficit est essentiellement supporté par la commune.
"Le reproche fait à la commune est qu’elle subventionne les tickets de transport de manière égalitariste. La fixation de formules spéciales avec des prix bas pour certaines catégories permettra de réduire la charge de subventions sur la ville, tout en aidant les personnes qui en ont le plus besoin, et ainsi diminuer le déficit supporté par la commune", recommande-t-il.
Notons que pour entrer en vigueur, cette mesure doit d’abord être votée à la majorité lors de la session de février du conseil de la ville. A ce stade, rien n’est donc encore décidé.
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